Kinshasa asphyxié par des bouchons monstres

Kinshasa dont le réseau routier est ouvert à maints endroits, aux travaux d’infrastructures, notamment sur avenue Colonel Mondjiba, Kasa-Vubu, Poids Lourds, le boulevard Lumumba et 24 Novembre, est devenu depuis quelques temps, la capitale des bouchons monstres. On en connaît presque partout. En effet, aux croisements de grandes avenues, la circulation routière est presque impossible, en raison de l’absence des voies de secours. Bref, le code de la route bafoué, la courtoisie routière foulée aux pieds, on ne respecte ni les agents qualifiés de la PSR, ni les piétons, ces autres usagers des routes. Coup de colère, injures et engueulades, succèdent au concert des klaxons, pendant que les véhicules collés les uns aux autres par leurs pare-chocs, sont immobilisés pendant des heures. Dans cette ambiance surchauffée, les casse-cous tentent de se faufiler entre de petits espaces, non sans égratigner les flancs des autres voitures, ou de briser leurs phares et autres clignotants.    
Dans les quartiers environnants, les rues qui pouvaient permettre de désengorger les embouteillages, sont bloquées à toute circulation routière, les riverains ayant obstrué le passage par de gros arbres, des épaves des véhicules ou des moellons.

A la suite de ces embouteillages, les taximen qui approvisionnent leurs réservoirs de carburant au compte-gouttes, ont décidé d’abandonner des navettes entre ces coins de la capitale et certaines communes,  de peur de connaître des pannes sèches.
Cela arrange les conducteurs des taxi-motos dont les tarifs de courses ont pris l’ascenseur. Avec ces engins à deux roues, les embouteillages sont banalisés et ils constituent l’alternative tant souhaitée.

Si des solutions ne sont pas vite envisagées, les usagers de la route ne cesseront pas de se plaindre contre la désorganisation actuelle.
Pourtant, il suffisait de trouver des voies secondaires d’évacuation, de faciliter le passage des véhicules de petit tonnage sur certaines rues en bon état, pour parvenir à peu de frais, à désengorger les grandes avenues. Et à la sortie de ces ruelles, placer des agents de la PCR pour réglementer comme il se doit, la circulation routière, afin de la rendre plus fluide.
Aujourd’hui, qu’on se retrouve devant le fait accompli des embouteillages , la question qui passe par la tête de la plupart des usagers de la route, est celle de savoir pourquoi en fermant certaines avenues à la circulation pour travaux, on n’a pas prévu des voies secondaires d’évacuation, des points de passage pouvant soulager les colonnes interminables et désengorger la circulation routière ?

Pourquoi la carte de la circulation routière ne peut-elle pas être redessinée, en fonction de la durée des travaux ? Et cela, en réfectionnant les ruelles destinées à servir de routes secondaires. Ce problème serait ainsi vite résolu.
Rien n’a malheureusement été envisagé. Les chauffeurs inventent eux-mêmes ces voies d’évacuation sur des ruelles praticables où l’on ne sait plus garer deux véhicules en sens inverse. Si les voitures de petites cylindrées peuvent passer facilement, c’est un véritable casse-tête chinois pour les camionnettes et camions de faible et gros tonnage qui rasent les murs de clôture des parcelles.

Les services de la prévention routière, la Police de circulation routière et l’Office des Voiries et Drainage, ainsi que les sociétés chinoises impliquées dans ces travaux, devraient étudier ensemble la révision de la carte de la circulation routière dans les quartiers abritant les travaux d’infrastructures. Une carte pouvant répondre aux exigences du moment en détournant la circulation sur de ruelles pour les orienter vers de grandes avenues à réhabiliter en toute urgence. L’initiative de désengorger la circulation sur de principales artères ne doit pas être laissée aux chauffeurs cascadeurs.  

   
J.R.T.

Leave a Reply