Kampala : mission accomplie pour François Muamba

Francois-mwamba1« Jamais, il ne sera jamais question d’aller à Kampala pour aller négocier(…) Il n’y a plus d’espace pour faire la moindre concession à qui que ce soit. Nous sommes prêts à signer le document qu’on veut, mais que l’on nous l’amène d’abord et nous verrons le contenu… ».

Telle est la réponse du coordonnateur du « Mécanisme national de suivi » de l’Accord d’Addis-Ababa, François Muamba Tshishimbi, hier jeudi 7 novembre 2013 dans son cabinet de travail, à la préoccupation des journalistes sur la nécessité de poursuivre les négociations à Kampala, malgré la déroute des rebelles du M23. Au menu de cette rencontre avec les médias : faire le point sur le niveau d’exécution des engagements de la RDC par rapport à la mise en œuvre de l’accord-cadre d’Addis-Abeba  et, surtout,  évaluer les « fameuses » négociations de Kampala.

 En effet, dans cette adresse, François Muamba a reconnu que, sur le plan militaire, les résultats obtenus sont certes satisfaisants, mais encore fragiles. Pour lui, il faut les consolider et éviter d’être trop vite trop contents. « Constatons simplement que les choses sont en train d’aller dans la bonne direction. Il nous appartient à tous, d’une manière générale, mais en particulier aux autorités militaires et au Commandant suprême de pouvoir poursuivre cet effort et de pouvoir profiter des leçons à tirer de cette victoire pour aller à la stabilisation non seulement du Nord-Kivu, mais aussi sur l’ensemble du pays… », a-t-il appuyé, avant de faire noter que beaucoup de travaux restent encore à faire.

             Dans le lot de ces travaux, il cite le nettoyage des poches d’insécurité, la disponibilité d’une armée dissuasive, la création des conditions pour que ces nettoyages concernent toutes les autres forces négatives (FDLR, Maï Maï, Bakata Katanga, etc.), l’établissement des situations de confiance avec les pays voisins de manière que l’agenda de la région devienne définitivement celui du développement. Néanmoins, a-t-il rappelé à la suite du Chef de l’Etat, il y a de la place pour tout le monde et particulièrement tout celui qui déposera les armes et fera amende honorable.

            Sur le plan diplomatique, François Muamba a rappelé que depuis le début, le 7 décembre 2012, il était clair que le président de la République avait confié à la délégation des négociateurs de Kampala la mission de ne jamais marchander les attributs de souveraineté du pays.

            « Que ça soit la Constitution du pays, ou l’intégrité du pays et la souveraineté, ou encore  les ressources du pays, etc., il n’a jamais été question de les remettre en cause à Kampala et le Chef de l’Etat a tenu sa parole… » a-t-il souligné. Puis de déplorer le fait que des bruits négatifs de toutes sortes ont été véhiculés, alors que le mandat était simplement d’examiner les revendications légitimes

du M23.

            Durant les 10 mois de négociation, le Coordonnateur du MNS a renseigné qu’ils ont gardé le cap et veillé sur les fondamentaux, en ne mettant que sur la table que des propositions concrètes. « Le 15 mars 2013, nous avons fait des propositions sous forme d’un projet d’accord final pour amener le M23 à répondre. Ce qui a été fait. Nous estimons que nous avons accompli notre mission, car il n’y a plus rien d’autre à faire à Kampala où nous avons tout fait ! »

            Concernant enfin, le cantonnement des éléments du M23, François Muamba a déclaré que plus rien ne se fera comme avant, lorsqu’on intégrait en bloc des rebelles du MLC, RCD, CNDP, etc.). Ainsi, les lexiques « mixage », « brassage », etc. sont à reléguer dans les oubliettes car le seul avantage donné cette fois-ci est que désormais tout sera examiné au cas par cas.

Tshieke Bukasa

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