Kampala : les Congolais vraiment fatigués !

2012-a-kampalaKampala accueille, ce jeudi 05 septembre 2013, le septième Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs). Le président de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila, va y prendre une part active. Des représentants des Nations Unies, de l’Union Européenne, de l’Union Africaine et des Etats-Unis d’Amérique ont aussi confirmé leur participation.

Une large frange de la communauté internationale s’emploie à convaincre le gouvernement congolais de signer un nouvel accord avec les rebelles du M23, en guise de conclusion des négociations entamées par les deux parties en décembre 2012 dans la capitale ougandaise. Selon les maîtres de notre planète, il faut absolument que Kinshasa et sa rébellion parviennent à un compromis politique global, seule voie obligée pour le retour d’une paix durable au Nord-Kivu.

Bouée de sauvetage pour le M23

 En dépit de bonnes intentions que déclinent plusieurs membres de la communauté internationale, les populations congolaises restent sceptiques. Car, après avoir fondé beaucoup d’espoirs sur la Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs (CIRGL), les sommets se succèdent et se ressemblent, sans que l’Est du Congo ne retrouve la paix. En effet, depuis que les Chefs d’Etat et de gouvernement des onze pays membres de cette institution se réunissent à Kampala, la situation sécuritaire à l’Est de la République Démocratique du Congo baigne dans le statu quo.

Nos compatriotes constatent, avec amertume, que les rebelles du M23 ainsi que leurs parrains rwandais et ougandais se sont inscrits dans la logique des droits acquis dans les territoires qu’ils occupent au Nord-Kivu depuis mai 2012. Aujourd’hui, ils ne se gênent plus de revendiquer la co-administration de la ville de Goma avec Kinshasa, pour un bail de cinq ans, au nom de leur victoire militaire sur les FARDC en novembre 2012. Mine de rien, une nouvelle « Républiquette » est née dans la partie Est de la République Démocratique du Congo, avec comme capitale Bunagana.

Nos frères et sœurs de sang pressentent, dans les discours des architectes de ce septième rendez-vous de la CIRGL à Kampala, la volonté de ceux-ci de leur imposer une cohabitation politique, militaire, institutionnelle, administrative, économique, sociale et culturelle contre nature avec des rebelles du M23. Mal en point sur le front militaire, en raison des offensives conjointes FARDC-Monusco, cette rébellion attend manifestement une bouée de sauvetage de Kampala en vue d’un rebondissement futur, dont ses parrains rwandais et ougandais gardent seuls le secret.

On n’arrive pas à comprendre que les Nations Unies, qui continuent de soutenir que les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité à l’Est de la RDCongo devaient être recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions internationales compétentes, exigent que leurs représentants puissent s’asseoir à la même table que les autorités congolaises.

            Cette approche contradictoire de la crise congolaise fait croire à beaucoup que le 7me Sommet de Kampala risque d’être, comme ceux tenus dans le passé, une énième distraction pour le peuple congolais.

            La crainte du commun des Congolais est de voir Kampala sceller un nouveau deal politique suicidaire pour l’avenir de la « maison » Congo, à l’image de celui du 23 mars 2009, au terme duquel le gouvernement congolais avait fait au CNDP de Bosco Ntaganda, aujourd’hui mué en M23, des concessions scandaleuses aux plans politiques, militaires, économiques, administratifs et sociaux. En effet, Kinshasa avait donné l’impression d’avoir signé un acte de capitulation devant des rebelles, dont les crimes étaient devaient être effacés par une loi d’amnistie, préalable à leur intégration dans l’armée, la police, les services de renseignements, les institutions nationales et provinciales, la territoriale, les entreprises du Portefeuille, la diplomatie. Si c’est cela l’esprit du nouveau compromis politique global, c’est autant dire que les Congolais sont les dindons d’une nouvelle farce. Le nouveau prix à payer pour le retour d’une paix durable serait-il le bradage de la souveraineté nationale et des intérêts vitaux de la Nation ?

                        Kimp

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