Kampala appelé à clarifier sa position

Alors qu’on les croyait vaincus et chassés du territoire national, voilà que les éléments de la LRA ressurgissent avec une barbarie sans nom pour massacrer seize personnes, dont huit militaires des FARDC et huit civils dans des localités du territoire de Dungu, à 780 kms de Kisangani, chef-lieu de la province Orientale. C’était lors des attaques perpétrées par ces mêmes éléments dans la nuit du 11 et 14 mars dans les localités de Bangali, Duru et Doruma et selon l’administrateur intérimaire de Dungu et le président de la Société Civile, ces éléments de la rébellion de la LRA étaient à la recherche de la nourriture.

 

Depuis le début de ce mois de mars, les tueries ne se comptent plus. L’on déplore chaque jour des massacres des civils et des hommes des FARDC. La veille de ces attaques, l’on signale que cinq personnes appartenant à une même famille avaient été enlevées dans le groupement de Nambia et trois d’entre elles tuées sans autre forme de procès. Des militaires de l’armée régulière congolaise en patrouille ont été surpris dans une embuscade leur tendue près de la localité de Limbidia toujours par ces éléments de la LRA, s’est soldée par la mort de deux d’entre eux. Aux environs du village de Ndorezi, deux FARDC et un civil embarqués sur une moto ont été abattus froidement par des rebelles de la LRA et le même jour à l’entrée du village de Madudu, trois civils ont été retrouvés morts dans leur champ. Selon toute vraisemblance, ce coup serait perpétré toujours par ces rebelles de la LRA.

Kampala appelé à clarifier sa position

A l’issue des opérations militaires conjointes RDC-Ouganda, ces éléments de la LRA avaient été dispersés et certains avaient même pris le chemin de la République Centrafricaine et du Soudan voisins du Nord. Tous les comptes-rendus publiés simultanément par les états majors de deux armées étaient formels pour confirmer que ces offensives s’étaient soldées par le ratissage des localités où jadis ces éléments de la rébellion ougandaise faisaient rage et massacraient les populations civiles innocentes. Si en Ouganda, la paix est une réalité palpable dans les territoires jadis occupés par la LRA à la suite des multiples opérations militaires de ratissage, les observateurs de la scène politique dans cette sous-région se demandent de plus en plus si la recrudescence des massacres, viols, enlèvements, pillages et destructions méchantes en RDC attribués à ces éléments de la rébellion ougandaise n’est-elle par la résultante d’un calcul politicien cynique pour contraindre Kinshasa à des réajustements substantiels relatifs à l’arrêt de la Cour Internationale de la Justice condamnant l’Ouganda à des dommages et intérêts énormes consécutifs à sa responsabilité dans les pillages, viols, destructions méchantes et massacres des populations civiles depuis le déclenchement de la guerre de l’AFDL en 1986. En plus du dossier des gisements pétroliers dans le lac Albert.

En effet, le commun des mortels avait cru à un rétablissement de la paix à l’issue des opérations militaires conjointes lancées au mois de septembre de l’année dernière, mais qui, hélas, se sont révélées comme un chimère quelques mois après le départ des troupes de Yoweri MUSEVENI du territoire congolais. Faut-il recourir encore une fois à ces opérations militaires conjointes dès lors que la vie des populations civiles congolaises n’a pas de prix?

La réforme de l’armée : un défi

La répétition des ces tueries attribués aux éléments de la rébellion ougandaise et qui touche maintenant les hommes des troupes régulières congolaises traduit l’absence d’une armée réellement républicaine, bien formée, équipée, entretenue et entraînée. Des témoignages concordants relayés par les ONG de défense des Droits de l’homme font régulièrement état de mauvaises conditions de nos troupes envoyées au front, notamment la carence en vivres, munitions et surtout les détournements répétitifs de leurs soldes. Si le Rwanda est parvenu à rétablir la paix et la sécurité sur toute l’étendue de son minuscule territoire alors que les rebelles des FDLR sont retranchés à quelques dizaines des kms de ses frontières, c’est parce que les autorités de Kigali attachent une importance capitale à la question de l’armée et des services de sécurité. Ce qui les conduit souvent à recourir à la stratégie de la guerre préventive chaque fois qu’elles en éprouvent le besoin et l’urgence.

Castro

Leave a Reply