Kamerhe, Kabila et la Ceni devant la barre

Le Phare a appris, des sources dignes de foi, que Vital Kamerhe, président national de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) est appelé à comparaître ce matin à la Cour suprême de Justice, en sa qualité d’auteur de la requête en annulation des résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre 2011. Le plaignant a reçu à cet effet, du Greffe de cette haute juridiction, la lettre l’invitant à l’audience publique dont le coup d’envoi est prévu ce jeudi 15 novembre 2011 à partir de 9 heures à la Cour d’Appel de Kinshasa, om s’est délocalisée cette juridction. Les autres parties attendues à la barre sont Joseph Kabila Kabange et la Ceni.

Le premier et l’unique contentieux électoral au niveau de la présidentielle va ainsi être examiné par la Cour Suprême de Justice trois jours après son dépôt. Selon Vital Kamerhe, qui s’exprimait lundi devant les médias, les chiffrés livrés par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) à l’opinion tant nationale qu’internationale le vendredi 09 novembre 2011 et proclamant vainqueur Joseph Kabila, Chef de l’Etat sortant, ne reflètent pas la vérité des urnes. Il a contesté non seulement les scores réalisés par ce dernier face à Etienne Tshisekedi, présenté second au classement, mais aussi contre lui-même, arrivé entroisième position.

Le candidat n°5, au regard de l’invitation lui adressée par le Greffe de la Cour Suprême de Justice, peut être considéré comme pleinement qualifié pour ester au niveau de la justice, d’autant que le dossier déposé porte ses noms et signature. Sa déclaration faisant état d’une action judiciaire initiée au nom de l’ensemble de l’Opposition a toutefois failli semer une petite confusion dans les esprits. D’aucuns ont cru que Vital Kamerhe avait effectivement saisi la Cour Suprême de Justice au nom de sa famille politique, ce qui a soulevé un houleux débat autour de sa qualité, la Loi Electorale n’autorisant pas des personnes physiques et morales autres que les candidats et les partis engagés dans le processus électoral à contester les résultats auprès des instances judiciaires.
Les choses ayant été finalement clarifiées par le Greffe de la Cour Suprême de Justice, l’autre face du dossier reste la manière dont celle-ci va dire le droit. Au regard de la haute sensibilité de ce contentieux électoral, le vœu du commun des mortels est que les hauts magistrats chargés de départager Kamerhe, la CENI et le candidat n°3, Joseph Kabila, se mettent à la hauteur de leur tâche. Il est notamment attendu d’eux qu’ils administrent, à la face du monde, la preuve de leur indépendance vis-à-vis de toutes les parties en cause d’une part et d’autre, de leur parfaite maîtrise du droit dans l’examen des arguments et pièces physiques du dossier.

Les Congolais comme les étrangers ne demandent qu’une chose : que la Cour Suprême de Justice tire au clair les cas des bulletins cochés en dehors des bureaux de vote, des procès-verbaux des témoins des candidats et partis politiques en contradiction avec les chiffres publiés par la CENI, des compilations des résultats en l’absence des témoins des candidats et des partis politiques, des bourrages des urnes, de disparition des colis d’urnes, d’électeurs omis… de non transparence du processus électoral.

Les contestations post-électorales en République Démocratique du Congo, boostées par les rapports de plusieurs missions d’observation nationales et étrangères qui déplorent en chaîne de graves irrégularités de nature à affecter la crédibilité des résultats, exigent des réponses claires et apaisantes de la part des magistrats de la Cour Suprême de Justice. C’est à la lumière de leur verdict que le Congo tout entier et le monde extérieur pourraient savoir si le droit a été bien ou mal dit dans ce que l’on appelle déjà l’affaire Kamerhe-Kabila-Ceni.

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