Kadhafi massacre… ses « pairs » se taisent !

Le président libyen, Mouammar Kadhafi, a levé l’option des massacrer les populations civiles, dans le dessein de mater les mouvements de désaveu de son régime par la rue. En dix jours de révolte populaire (15 – 25 février), le bilan de la répression (bombardements, tirs à balles réelles, tortures…) est lourd : plus de mille morts. Face aux tueries et violations massives des droits de l’homme auxquelles se livrent l’homme fort de Libye et les caciques de son régime, les condamnations viennent des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier, sauf de ceux de notre continent. Les « pairs » de Mouammar Kadhafi affichent un silence de cathédrale vis-à-vis de la tragédie que vit le peuple libyen. L’unique réaction, fort timide, enregistrée jusque-là, a été un communiqué laconique signé Union Africaine.

    Les Africains sont scandalisés de voir leurs Chefs d’Etat et de gouvernement se montrer incapables d’élever une protestation, ne serait-ce pour la forme. Le mutisme général qui s’observe dans les milieux de leurs décideurs politiques fait penser au fameux « syndicat » des personnalités déterminées à se soutenir mutuellement, dans leur boulimie d’exercer des mandats à vie.

Pour d’aucuns, cette conspiration du silence ne pourrait se justifier autrement que par le sentiment de culpabilité qui habiterait la plupart d’entre eux, du fait d’être de la même culture que Kadhafi. On pense que le « boucher » de Tripoli a simplement reproduit des scénarii déjà vécus ailleurs, aux quatre coins de l’Afrique, chaque fois qu’un « président à vie » est confronté à la contestation populaire.

    Ce que sont en train de vivre les Africains confortent leur sentiment d’avoir affaire à plusieurs Kadhafi à la tête de leurs Nations, prêts à déployer des blindés, des chars, des hélicoptères de combat, des bombardiers, leurs gardes prétoriennes pour réduire au silence les combattants de la liberté, les ventres affamés, les demandeurs d’emplois, les aspirants au bien-être social, bref, les laissés pour compte.

 

Le triomphe de Kadhafi souhaité

    Les chutes lamentables et honteuses de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte ont terriblement fragilisé les régimes autoritaires en Afrique. L’alternance politique que n’ont pu apporter ni les coups d’Etat, ni les urnes, est en train d’être pilotée par la rue elle-même. Le réveil de la « majorité silencieuse » déclenché par le peuple tunisien ne devrait pas s’arrêter au seul Maghreb, ni au Moyen-Orient. A l’image des conférences nationales des années ’90, l’effet de contagion est attendu partout où sont logées les dictatures.

    Le silence des morts que l’on observe dans les rangs des Chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique pousse à croire à une caution politique tacite à Kadhafi, qu’ils désirent voir sans doute sortir vainqueur de l’épreuve de force que vient de lui imposer son peuple. Ils croient que savoir que l’échec de l’insurrection populaire en Libye pourrait émousser les ardeurs d’autres peuples qui, sur le continent, rêveraient de régler les comptes à leurs dictateurs à la manière des Tunisiens et des Egyptiens.

    D’où, la situation politique libyenne devient, tout d’un coup, une question de vie ou de mort pour Mouammar Kadhafi et tous ceux qui lui ressemblent. Il est à espérer que les martyrs de la démocratie, qui s’entassent dans les « morgues » de ce dictateur, ne vont pas passer en pure perte et qu’à instar de Ben Ali et Moubarak, le Guide de la Jamahiriya finira bien par «dégager» sans gloire.

            Kimp

 

 

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