Kabila et l’Opposition d’accord sur un seul point

 


Le lobbying de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) en direction des diplomates occidentaux, avec pour point de mire la récente révision constitutionnelle opérée par le Parlement, à l’initiative de cette famille politique, marche fort. Après le round mené par le Premier ministre en milieu de semaine, c’était au tour d’Evariste Boshab, président de l’Assemblée Nationale et Secrétaire Général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie) de conférer, le dernier week-end, avec les ambassadeurs occidentaux d’abord et africains ensuite accrédités à Kinshasa.

Le numéro un de la Chambre Basse du Parlement a partagé, avec ses différents interlocuteurs, la même approche au sujet de la régularité de la démarche visant l’amendement de plusieurs dispositions constitutionnelles, dont celle ramenant l’élection présidentielle à un tour unique. Ils ont également émis sur la même longueur d’ondes à propos de la transparence de différents scrutins, de la liberté d’expression et de mouvement ainsi que de la sécurité de tous les candidats.

    Bref, Evariste Boshab et les représentants des pays membres de l’Union Européenne comme ceux de l’Union Africaine ont brillé par leur convergence de vues en ce qui concerne la crédibilité des élections de 2011 en République Démocratique du Congo. Tout en saluant le souci des dignitaires de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) de communiquer sur une matière très délicate, les observateurs en appellent à l’accompagnement, par des actes positifs, de leur volonté d’offrir aux Congolais des élections qui puissent booster réellement une démocratie qui semble avoir du plomb dans l’aile.
    A ce propos, tous les regards convergent vers la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), le nouveau « pouvoir organisateur » des élections, dont la phase relative au partage des postes au sein de son bureau s’annonce houleuse. Toutefois, au-delà des querelles autour du contrôle du poste névralgique de la présidence de son Bureau, il y a celle, cruciale, de la bonne gestion du processus électoral.
    En effet, toutes les professions de foi au sujet du respect de la liberté de choix du souverain primaire seraient vaines si la CENI n’arrive pas à se mettre à la hauteur des attentes des candidats et des électeurs. D’ores et déjà, les méthodes de travail de la défunte CEI (Commission Electorale Indépendante) ont installé le doute quant à la crédibilité et à la transparence des élections, avec l’insuffisance des centres d’inscription et leur éloignement des lieux des résidences, surtout en provinces, des personnes en âge et en droit de voter. L’inaccessibilité des sites d’enrôlement pourrait faire croire, si un correctif n’est pas apporté à temps, à une intention délibérée du pouvoir en place de disqualifier des millions d’ayants-droit au vote. Il y a aussi cette lenteur inexpliquée qui touche les opérations de révision du fichier électoral. A 10 mois des élections, la CEI donne l’impression de ne pas du tout s’être engagée dans une course contre la montre, alors que le temps nous est compté.
Par ailleurs, les faits et propos des responsables de la « grande » comme de la « petite » territoriale ainsi que ceux des tenants du pouvoir judiciaire font penser, jusque-là, à leur instrumentalisation par certains animateurs des institutions de la République. Les incidents enregistrés jusque-là autour des activités politiques des membres de l’opposition, pendant que leurs concitoyens de la mouvance présidentielle battent campagne partout et avant terme, contredisent les discours officiels.
Diplomates occidentaux et africains attendent, même s’ils ne le disent pas tout haut, des actes qui s’inscrivent dans la droite ligne d’élections libres, démocratiques et transparentes. Les ténors de l’AMP devraient éviter d’afficher des attitudes susceptibles de faire penser à un double langage de leur part.
                Jacques Kimpozo
 

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