Kabila au pouvoir depuis 10 ans

 

Le Chef de l’Etat en exercice de la République Démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, en est aujourd’hui à sa dixième année au pouvoir. C’est en effet un certain 26 janvier 2001, qu’il avait prêté, devant le président de la Cour Suprême de Justice, le serment lui ouvrant la voie de la fonction la plus haute de l’Etat. Mais, 10 jours plus tôt, son géniteur, Laurent-Désiré Kabila, venait d’être victime d’un odieux assassinat, pour lequel persistent encore plusieurs zones d’ombre, en dépit de la condamnation, en 2002, de plusieurs personnalités et personnes impliquées dans ce crime.

 

 

            Joseph Kabila, qui avait jusque-là vécu à l’ombre de son père, d’abord au cours du feuilleton de la rébellion de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), ensuite comme l’un des conseillers spéciaux en matière  sécuritaire et, enfin, comme chef d’état-major de la Force Terrestre, paraissait comme un illustre inconnu. Très jeune encore (29 ans), il donnait l’impression de ne pas être en mesure de porter, sur ses frêles épaules, les lourdes charges de Président d’un pays aux dimensions continentales, menacé de partition par un panel de mouvements rebelles armés.

Aussi, on avait du mal à le croire, dans son premier message à la Nation, lorsqu’il prenait l’engagement de mettre fin à la guerre, de réunifier le pays, de le démocratiser et de le reconstruire, de réconcilier les Congolais, de relancer l’économie, etc. Sa volonté d’aller dans la voix du règlement pacifique du conflit armé qui déchirait la RDC depuis 1998 était concrétisée par la levée des scellés sur le bureau de Ketumile Massiré, l’ancien président botswanais, désigné par la communauté internationale comme « facilitateur » du Dialogue Intercongolais.

            Et, puis, tout est allé à la vitesse de l’éclair : relance des concertations pour le pré-dialogue entre les belligérants, Dialogue Intercongolais à Sun City, signature de l’Accord Global et Inclusif, mise en place des Institutions de la Transition avec un exécutif collégial chapeauté par un président et quatre-vice présidents, libéralisation des activités des partis politiques, élections.

            Les avis sont partagés au sujet de son bilan global. Ceux qui veulent bien le prendre sous l’angle positif constatent qu’au jour d’aujourd’hui, la réunification territoriale est effective. Même si elle est encore fragile, en raison de la persistance de l’insécurité dans les parties Est et Nord du pays, la paix règne sur de larges pans du territoire national. La démocratie annoncée en 2006, connaît des dérapages qui ne cessent de s’amplifier au cours de cette période préélectorale.

            La RDC a réussi à faire la paix et à renouer le fil du dialogue avec ses voisins belliqueux de l’Est (Ouganda, Rwanda, Burundi).

            Les perspectives de relance économique se précisent à la faveur de l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), avec à la clef l’effacement de plus de 10 milliards de dollars américains sur les 13 représentant la dette extérieure du pays.

            Les 5 chantiers de la République, ce programme de modernisation des infrastructures de base, suscitent beaucoup d’espoirs dans la construction d’un Congo nouveau. Mais leur visibilité continue de poser problème à cause à la fois de l’insuffisance des moyens et de la tiédeur de ceux qui devraient les porter à bout de bras.

            Bien que la situation sociale et économique se soit sensiblement améliorée, les Congolais ont le sentiment qu’ils méritent de mieux vivre au regard des potentialités  de leur pays. La lutte contre la pauvreté, le déficit de démocratie et de justice, l’enclavement des provinces, la corruption, les détournements des deniers publics, le chômage, la faiblesse de la desserte en eau potable et électricité… sont autant de défis encore à relever.

                                  

Jacques Kimpozo

 

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