Juin 2012 : les opérateurs du secteur minier pessimistes

Ils sont de plus en plus pessimistes, les opérateurs miniers de la RDC qui attendent la hausse des cours mondiaux de matières premières, après la baisse enregistrée les années passées. Des signes de redressement avaient été notés en mai dernier, situant leur solde brut d’opinions à – 5,9 %, qui s’est détérioré en juin avec – 13,5 %. Cette morosité, comme on peut le relever, s’explique en partie par la poursuite du mouvement baissier des cours des matières premières sur les marchés mondiaux  et par la détérioration de la situation sécuritaire à l’Est de la RDC.
Les mêmes sentiments de pessimisme ont été enregistrés également dans le secteur de la construction, avec une faible ampleur. Ici, un brin d’optimisme s’est manifesté avec le retour des conditions climatiques favorables à la poursuite des travaux de construction avec l’avènement de la saison sèche et d’autre part, par la perspective de la reprise des dépenses de l’Etat et du redressement de la demande dans ce secteur.   
Ce qui contraste avec la confiance généralisée qui incite les chefs d’entreprises à poursuivre leurs activités dans la sérénité.
En effet, des perspectives de plus en plus favorables au plan international et national continuent à soutenir cette confiance des opérateurs économiques de divers secteurs dans notre pays. Dans ce contexte, ils n’entendent pas baisser les bras, mais sont décidés à poursuivre leurs activités dans l’espoir d’une conjoncture prochaine plus bénéfique pour les exportations congolaises. 
Jaugé à la fin du mois de juin dernier par les techniciens de la Direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires, l’indicateur de confiance de la plupart des entrepreneurs de la RDC affiche un solde global brut d’opinions à 6,4 % contre 8,7 % enregistré en mai dernier.
 
Dans leur analyse de la conjoncture économique, ces techniciens ont jeté leur regard d’abord sur le plan international où cet optimisme contrebalancé par la crise de la dette dans la zone Euro, et le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et en Chine, reste de mise en dépit de la tendance à l’affaiblissement des cours des matières premières qui s’observe actuellement sur les marchés mondiaux. L’on peut rappeler à ce sujet, la tenue du Sommet de l’Euro-group qui a adopté le pacte européen pour promouvoir la croissance et l’emploi, et décidé de la mise en place d’un Fonds de 120 milliards d’Euros. Ce fonds aura deux objectifs principaux, d’une part, pour stabiliser les marchés et d’autre part, pour assister les pays de l’Union frôlant le naufrage financier, notamment l’Espagne et l’Italie.
Cette bouffée d’oxygène pourra favoriser, comme ils l’ont fait savoir, une activité soutenue particulièrement dans les économies productrices des ressources naturelles, et cela tant que les cours de leurs produits respectifs continueront à fluctuer au-dessus du seuil de rentabilité.
 
Au plan national, cette analyse justifie l’optimisme des entrepreneurs congolais qui s’appuie sur les assurances leur données par le train des mesures prises par le gouvernement de la RDC, en vue de restaurer la sécurité, de consolider la stabilité politique et celle du cadre macro-économique. Un autre facteur justifiant cet optimisme est la discussion engagée dernièrement au sein de l’Assemblée nationale sur le projet de budget 2012. C’est un signal positif pour les milieux d’affaires en ce qui concerne la perspective d’engagement des dépenses de l’Etat, en sa qualité d’agent institutionnel majeur, notamment en matière d’acquisition des biens et services pour son fonctionnement.
Un regard plus scrutateur dans le secteur des industries manufacturières a permis aux techniciens de la Direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires de relever un retour de l’optimisme dans les rangs des chefs d’entreprises, observé depuis mai dernier, et qui s’est maintenu au cours du mois de juin avec un effritement important. Le solde brut d’opinions des entrepreneurs dans ce secteur est passé de 25,2 à 3,2 %. Ce repli, ont-ils fait remarquer, est à situer dans le contexte de la détérioration des prévisions de l’emploi et de la demande dans ce secteur.
Dans le secteur des services, aucun obstacle n’entrave la marche vers le progrès où le solde brut d’opinions qui s’était établi à 46,7 % en mai dernier, a connu un certain dynamisme tout au long du premier semestre de cette année. En juin, il s’est fixé à 28,6 %.
Ce panorama de la conjoncture économique, tel qu’ainsi présenté, peut orienter les nouveaux investisseurs vers certains secteurs au lieu d’autres où tout dépend du mouvement des cours mondiaux des matières premières.
                     
   J.R.T.

Leave a Reply