Journées «Portes ouvertes» : Fayulu et «Sauvons la RD Congo» soupçonnent la CENI d’agenda caché

Martin Fayulu. Radio Okapi/ Ph. John BompengoDepuis le lundi 19 mai, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) organise des journées portes ouvertes à son siège sur le boulevard du 30 juin. Elle présente les grandes lignes du travail réalisé et à réaliser. Pour ce faire, elle projette des images dans sa salle de presse et expose des affiches ayant trait à son serveur des données, à ses activités diverses par rapport au fichier électoral depuis la centralisation des données jusqu’à la production des listes électorales en passant par la transmission informatique (VSAT, modem),  à son organigramme, à ses activités de cartographie dans le cadre de l’opération de fiabilisation du fichier électoral, etc…

Bref, la CENI met en scène ses diverses activités afin de les porter à la connaissance du public.

Mais ces journées soulèvent beaucoup d’interrogations relatives à :

1. l’opportunité de leur organisation en ces temps où les Congolais, par le biais de la plate-forme socio-politique «Sauvons la RDC», ont massivement signé la pétition ‘’Malumalu dégage de la CENI’’ réclamant ainsi sa démission à la tête de cette institution pour garantir la neutralité, la transparence et la crédibilité du processus électoral ;

2. la raison profonde de leur organisation quand on sait que Monsieur MALUMALU a du mal à faire passer sa pilule amère de feuille de route avec ses hypothèses pièges ;

3. degré de véracité des informations fournies aux visiteurs par rapport à la réalité des choses ;

4. la qualité et nature des invités (qui sont-ils, quels liens entretiennent-ils avec la CENI, que vise-t-on en les appelant, etc.) ;

En fait, contrairement à l’objectif poursuivi, les journées portes ouvertes de la CENI révèlent manifestement les difficultés auxquelles elle est confrontée dans la réalisation de ses  missions et les faces cachées des réalités jusque-là inconnues du public non averti.

Ainsi grâce à ces journées portes ouvertes, l’opinion découvre clairement et progressivement que :

1. la CENI a des difficultés majeures pour mener le processus à bon port, voilà qui justifie la longue durée du nuage et du flou qui s’observent depuis l’entrée en fonction des mandataires actuels qui ne savent pas par où commencer, la tâche se révélant beaucoup plus compliquée qu’ils ne le pensaient à cause de l’état chaotique du fichier électoral ;

2. la CENI n’arrive pas à prendre une décision claire et nette quant à la chronologie des opérations électorales ;

3. la CENI veut conditionner et manipuler le peuple en préparant les leaders d’opinion à faire son plaidoyer  lorsque le pire arrivera ;

4. la CENI cache la vraie réalité en présentant une image tronquée.

De prime abord, pour un homme averti, il remarquera que la façon d’organiser ces journées sort de l’ordinaire et laisse à désirer. De coutume, les journées portes ouvertes s’organisent autour des activités réelles et vraies dans leur déroulement naturel, normal et quotidien. Cela suppose donc, la visite des cellules, des départements où les visiteurs découvriront les différentes étapes du travail, palperont les réalités du travail des unités visitées sans une mise en scène décidée au préalable.

            Ce qui est organisé à la CENI n’a rien de tout cela. C’est une vraie théâtralisation du processus où c’est le metteur en scène qui décide de ce qui doit être vu, dit, lu, une vraie mise en scène où certains scénarios sont édulcorés alors que l’opinion veut savoir :

1. s’il est possible d’atteindre les 32 millions  d’électeurs déclarés, avec la centralisation qui continue à ces jours, quel est le chiffre réel des électeurs, y compris  les statistiques réelles des électeurs par groupement ? ;

2. avec le fichier électoral actuel, est-il possible d’organiser les élections locales, étant donné que la circonscription pour ces élections c’est le groupement  et que l’enrôlement s’est fait par Centre d’Inscription et non par groupement ? ;

3. où se trouve le serveur central (à Kinshasa ou à Bruxelles) ?;

4. quel est le rôle réel de ZETES et quelle est son expérience en matière d’élections ? ;

5. à quand la fin de la gestion calamiteuse des ressources humaines marquées par le tribalisme, les injustices sociales criantes ? ;

6. à quand la fin de la gestion opaque de l’information électorale, qui est l’apanage des proches de Monsieur Malumalu ? ;

7. pourquoi  les autres membres de la plénière sont mis à l’écart des grandes orientations de la CENI notamment le recrutement, la gestion des finances, la tenue du fichier électoral ? ;

8. pourquoi c’est le Secrétaire Exécutif National qui décide de ce que doivent apprendre les autres membres du Bureau et de la plénière ? ;

9. à quand l’arrêt du recrutement des agents dans les états-majors de certains partis politiques kabilistes qui se taillent la part du lion en injectant leurs membres dans le personnel qui normalement doit être neutre, indépendant et crédible?

Ce qui se passe aujourd’hui à la CENI, c’est la honte car il semble que :

1. les agents commis à cette tâche de mise en scène, journées ‘’portes ouvertes’’, sont tenus de répéter textuellement ce qu’on leur a demandé de dire ;

2. les images affichées ont été sélectionnées au préalable pour ne pas faire des faux pas ;

3. les invités et visiteurs ont été sélectionnés à dessein (diaspora proche du pouvoir, les religieux proche du prêtre, et la liste est longue) ;

4. les images projetées en plus d’être soigneusement sélectionnées sont expliquées par les techniciens selon les instructions édictées ;

            Nous remarquons que ces journées portes ouvertes ne visent qu’à manipuler l’opinion face au tableau sombre que présente le bureau actuel de la CENI et projettent des justifications à toutes les incohérences et insuffisances qui se déclareront le moment venu, notamment les électeurs sans photos (car peut être en double dans le fichier), les électeurs fictifs, les électeurs omis du fichier, etc…

Voilà pourquoi, nous disons que MALUMALU en lieu et place de manipuler l’opinion par des journées ‘’portes fermées’’, car c’est de cela qu’il s’agit, doit purement et simplement démissionner pour laisser la place à des gens plus compétents, plus honnêtes et neutres. Car l’on ne doit pas oublier que la transparence, la crédibilité du processus électoral est aussi et surtout fonction de la confiance qu’inspirent les animateurs de l’administration électorale; or Monsieur Apollinaire MALUMALU MUHONGOLU n’inspire pas confiance pour plusieurs raisons avérées :

1. Sa neutralité déjà mise à l’épreuve en 2006 avec la débâcle électorale qui a endeuillé le pays suite aux contestations des résultats qui ne reflétaient la vérité des urnes ;

2. Sa gestion opaque des finances et des ressources humaines caractérisée par une cacophonie entretenue entre la Centrale électorale et d’autres structures où il détient des intérêts privés comme l’EFEAC (Ecole de Formation Electorale en Afrique Centrale), l’Université de Graben, la Maison des élections avec (location de la salle des réunions), les bourses octroyées à la CENI (Ex CEI) par les partenaires ont bénéficié seulement au personnel très proche de lui ;

3. Sa responsabilité aujourd’hui non contestable dans le chaos électoral de 2006 et 2011. Oui, 2011 car le grand problème décrié en 2011 relève du fichier électoral et l’opinion se doit de savoir que l’équipe du bureau sortant que dirigeait le Pasteur MULUNDA, de triste mémoire, avait hérité du fichier conçu par l’équipe MALUMALU. Il est donc impensable aujourd’hui que le géniteur du fichier soit lui-même auditeur (juge et partie), il ne peut que colmater les trous et les brèches qui peuvent trahir sa responsabilité ;

4. Son appartenance politique à la mouvance kabiliste, même si souvent démentie par ses proches, n’est qu’un secret de polichinelle;

            De ce qui précède, nous osons croire qu’avec toute la dose d’éthique apprise tout au long des études cléricales, en dépit du simulacre des journées ‘’portes fermées’’ organisées pour la manipulation de l’opinion afin de la préparer à accepter le chaos électoral dont le décor est déjà planté, il est temps que Monsieur « l’Abbé » Président dégage de la CENI pour laisser la place à une administration neutre, consensuelle et purement technique car la sienne n’a rien de tout cela.

Le peuple congolais doit être très vigilant pour assurer la consolidation de la démocratie dans notre pays.

Dans les jours à venir nous allons mettre en marche toutes les batteries pour que la volonté des congolais exprimée dans la pétition ‘’Malu Malu dégage de la CENI soit respectée.

Martin M.  Fayulu

Député national, Président de l’ECiDé et Coordonnateur des FAC

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