Joseph Mukendi : émouvants adieux

Famille, compagnons d’armes, collègues de service, amis et connaissances ont rendu, le samedi 9 janvier à la paroisse St Paul de Barumbu, un dernier hommage à un militant de première heure de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Joseph Mukendi Kalenga, décédé le jeudi 31 décembre à Kinshasa. Figure emblématique de l’UDPS dans la Commune de Barumbu, Joseph Mukendi a rejoint le regroupement dit des « 13 parlementaires », avant même la constitution du principal parti politique qui a incarné la lutte contre la dictature mobutienne.

Le 15 février 1982, à la création de l’UDPS, cet ancien agent de la Sonas s’est engagé à propager, dans la clandestinité, l’idéologie et les valeurs prônées par sa formation politique afin de faire tomber la peur de la tyrannie. Divers témoignages dont celui de l’ambassadeur Beltchika, cadre de l’UDPS, ont rapporté que pour démystifier le système Mobutu, Joseph Mukendi était d’une grande utilité dans les actions de villes mortes, les marches populaires, les barrages des routes, etc. Ces actions lui ont valu un poste de membre du Comité national, alors que lui-même a gravi tous les échelons au sein de l’UDPS (Cellule, section, fédération etc.) Travailleur infatigable, dévoué et loyal, il a connu intimidations, menaces et arrestations durant sa carrière, jusqu’au point de perdre son emploi à la Sonas à cause de son engagement politique. « Il a su dire non au pouvoir pour le pouvoir, à la corruption et à l’aliénation de la personnalité », a clamé François-Xavier Beltchika.

Chrétien dévoué, Joseph Mukendi a presté par ailleurs au sein de la chorale Quasimodo de St Joseph de Matonge. Il a tour à tour travaillé au gouvernorat du Kasaï Oriental, à l’Office de Licence et à la Marsavco, avant d’embrasser la craie au Collège Itaga, puis au Cycle d’Orientation Lufongola.

Foudroyé par une crise cardiovasculaire le 31 décembre à l’âge de 67 ans, le corps du « combattant exemplaire » a été inhumé au cimetière de Kinkole. Il a laissé une veuve et 6 orphelins.

 

Tshieke Bukasa

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