Intolérance politique : les précisions de l’Asadho

 

Dans son communiqué de presse n° 02/ASADHO/2011 datant du 31 janvier 2011,  l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO) fustige l’intolérance politique entretenue par le gouvernement congolais à la veille des élections générales en République démocratique du Congo. L’ONGDH énumère, à titre illustratif, l’arrestation à Kindu, le 16 décembre 2010 des membres du parti de Vital Kamerhe, l’interdiction de la manifestation à la place GB le 07 janvier 2011, du parti de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), l’interdiction le 09 janvier 2011, de la réunion des membres de l’opposition politique, au salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa, l’arrestation le 13 janvier 2011, à Moanda, du président national du parti Démocratie Chrétienne (DC), Eugène Diomi Ndongala et son transfert le 15 janvier 2011, à la prison de Boma…

Dans ses recommandations, l’ASADHO a demandé au Président de la République de libérer, sans condition, tous les opposants politiques qui sont emprisonnés. Bien plus, elle a exhorté le gouvernement congolais à  assurer la sécurité des membres de l’opposition politique et de leur permettre de tenir librement leurs réunions et autres manifestations publiques conformément aux prescrits de la Constitution, et de prendre des mesures qui s’imposent pour que toutes les élections qui seront organisées en RD Congo soient libres, démocratique et transparentes. Aux partis politiques, l’ASADHO a recommandé de ne pas céder aux menaces et intimidations, mais de continuer à exercer leurs droits, conformément aux prescrits de la Constitution.

Régissant à chaud à ce communiqué le soir même de sa publication, le ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende Omalanga, a accusé l’ASADHO d’être à la solde de la communauté internationale qui la finance. Il a fustigé le fait que cette ONGDH se laisse manipuler par la communauté internationale pour des intérêts égoïstes, qu’elle sert les intérêts des étrangers au détriment de sa chère patrie…

Au cours du point de presse qu’il a organisé à son siège le mardi 1er février 2011, en début d’après-midi, le président national de l’ASADHO, Me Jean Claude Katende, a répliqué qu’il n’y a pas que les ONGDH qui sont financées par la communauté internationale. « Qui ignore que le budget national est financé par les bailleurs internationaux et multinationaux ? Est-ce pour cela que les autorités congolaises sont manipulées par la communauté internationale ? », s’est-il interrogé, avant de souligner que son ONGDH n’a jamais dérogé à sa mission principale de défendre et de protéger les droits de la personne humaine. Et des centaines des personnes, toutes catégories confondues, ont déjà bénéficié de ses services et des bien d’autres ONGDH. Même certains compatriotes actuellement au pouvoir ou dans le camp présidentiel ont déjà bénéficié de l’assistance de l’Asadho.

 « Réveiller les Congolais pour la conquête de leurs droits et libertés fondamentaux est un devoir constitutionnel », a martelé Me Jean Claude Katende, qui a annoncé que son ONGDH a tracé, au cours de cette année électorale, un programme de monitoring  des droits humains, mieux de violation des droits humains. « Le gouvernement congolais ne doit pas oublier qu’il ne vit pas en vase clos. Car, il a ratifié beaucoup de traités sur les droits humains, dont la Déclaration universelle des droits de l’homme. A l’ASADHO, le changement est avant tout une affaire des Congolais », a-t-il conclu.
M.L.

 

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