Institut des Beaux-Arts : les filières de formation revisitées

Faute de contact avec le milieu professionnel, de stage dans les entreprises, et d’échange avec des professionnels, les finalistes des humanités artistiques étaient déconnectés des réalités de l’industrie. Aussi ils éprouvaient mille et une difficultés pour s’insérer dans le monde de l’emploi ou pour se prendre en charge lorsqu’ils n’envisageaient pas de poursuivre les études supérieures.

Ce problème, qui préoccupait tant le préfet des études de l’Institut de Beaux-Arts de Kinshasa, Bruno Ilunga Musanga, les enseignants et les parents d’élèves, est en voie de trouver une solution satisfaisante qui cadre avec la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, initiée par le gouvernement congolais et mise en œuvre avec la Coopération technique belge.
En effet, plusieurs séances de travail entre les responsables de l’Institut de Beaux-Arts et les experts du Projet d’appui à l’enseignement technique et formation professionnelle, ont permis d’examiner largement le problème. Il s’est avéré nécessaire de repenser la formation dispensée dans les humanités artistiques, les méthodes de cours, de référentialiser les filières, de renforcer les capacités des formateurs, d’inclure plus de stages professionnels, de créer des passerelles entre les apprenants et les professionnels. Cette démarche scientifique visait fondamentalement à répondre à la question de savoir quel type d’artiste ou d’artisan former pour satisfaire aux besoins de l’industrie.

D’éminents pédagogues ont réfléchi à cette préoccupation et sont parvenus à proposer des pistes de solution.
Sur base du succès engrangé par Joël Leroy et toute son équipe d’experts, le préfet de l’IBA souhaite que cette expérience scientifique soit également mise en œuvre dans son établissement scolaire, de manière à rendre ses finalistes, compétitifs sur le marché de l’emploi, et capables de défendre leur parchemin en dehors de nos frontières.

A ce sujet, il reste convaincu que pour réussir ce pari, il faut relever plusieurs défis en termes d’orientation des élèves vers des filières de leur choix ou dans lesquelles ils présentent certains talents, de réorganisation des enseignements théoriques et pratiques aussi bien pour le cycle court que le cycle long, de l’adaptation des filières aux besoins du marché de l’emploi, de la multiplication des visites des entreprises et des échanges entre les apprenants et les professionnels.

L’approche par compétences vise à inculquer plusieurs savoirs à l’apprenant
C’est dans cette perspective qu’il a organisé jeudi dernier à l’Institut de Beaux-Arts, avec la collaboration du Projet d’appui à l’enseignement technique et formation professionnelle, un séminaire de formation à l’intention des responsables de cet établissement du personnel enseignant, sur l’approche par compétences. Il a été ensuite question de débattre du thème : « Le profil de l’élève et les critères de sélection à travers les options organisées à l’IBA ».
Après quelques rappels sémantiques de la compétence, selon les pédagogues Perrenoud, De Ketele, et autres, Joël Leroy relève que l’approche par compétences amène à s’attacher à un petit nombre de situations fortes et fécondes, qui produisent des apprentissages et tournent autour des savoirs importants…

S’appuyant sur les travaux de nombreux pédagogues, le coordinateur du projet AETFP affirme que pour être reconnu compétent, il est indispensable de posséder et d’avoir intégré, selon le niveau de prétention, une série des ressources, des savoirs, des connaissances, etc. Et parfois de savoir innover, mais cela ne suffit pas. Avec le développement des connaissances dans ce domaine, Joël Leroy soutient que l’ensemble du dispositif d’évaluation doit porter à la fois sur le processus et le résultat. Il a attiré l’attention des formateurs de l’IBA sur le fait que l’évaluation porte uniquement sur ce qui a fait l’objet d’un apprentissage dans les domaines artistiques ( sculpture, dessin, céramique, ameublement…).
Freddy Kabala, expert du projet AETFP, a enchaîné avec des questions sur la place de l’apprenant dans les humanités artistiques et de sa trajectoire scolaire. Il a insisté particulièrement sur le rôle et la place du cycle d’orientation dans la préparation des profils (multi ou uni disciplinaires).
Après un survol des cours de base, croquis, pré-atelier et technologie, les professeurs ont présenté les six ateliers de l’IBA, à savoir sculpture, céramique, métal battu et bijouterie, peinture et décoration intérieure.

Une visite des travaux réalisés par les élèves talentueux a permis de prolonger le débat sur les questions fondamentales de la réorganisation de cette formation artistique.
J.R.T.

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