Insécurité permanente à l’Est de la Rdc : la société civile interpelle le gouvernement et les partenaires internationaux

En séjour à Kinshasa, Julienne Lusenge, activiste des Droits de l’Homme et directrice de l’Ong « Fonds pour les Femmes Congolaises » (F.F.C.), basée à Bunia, dans la Province Orientale, a témoigné sur les atrocités quasi quotidiennes vécues par la population à l’Est de notre pays, particulièrement par les femmes. Elle a raconté le calvaire des femmes à Fizi, à Butembo, à Béni et dans bien d’autres localités du Grand Kivu. Elle a dénoncé des viols de jeunes filles de 2, 3 ans ; des vieilles dames de 86 ans, sans parler des âges intermédiaires. Les groupes armés dont le gouvernement avait promis l’éradication sont toujours là comme des sphinx qui renaissent de leurs cendres. Et elle s’étonne qu’on lui parle à Kinshasa de la paix et se demande si nous vivons sur une même planète car là il n’y a pas de paix ; vraiment pas tant qu’il y a des enfants et des femmes violés.

Ce témoignage est intervenu dans le cadre d’un point de presse, organisé hier jeudi 25 août 2011 par les membres de la Société civile, dans une salle de réunion de Kabinda-Center, dans la commune de Lingwala, sur la situation sécuritaire dans les provinces de l’Est de la Rd Congo. En effet, ce point de presse était tenu par quatre intervenants que sont Dolly Ibefo de la VSV ; Nsii Luanda du Codho ; Joséphine Ngalula du FORFEM et leur invitée Julienne Lusenge. 

C’est une rencontre qui vient en appui à un mémo de 9 pages dont le thème est : « Perspectives électorales en RDC : Analyse de la situation sécuritaire et l’influence du Rwanda et de l’Ouganda ». Ce document signé par une douzaine d’Ongs des droits humains a été distribué la semaine dernière aux partenaires africains et internationaux accrédités à Kinshasa. Il vise à attirer l’attention de tout le monde sur cette insécurité qui se développe à l’Est à la veille des élections de 2011.

En poursuivant son récit, la directrice de FFC donne quelques exemples. A Béni, les rebelles ougandais de ADF-Nalu et les troupes des FARDC – qui s’affrontent depuis juillet 2010 – enlèvent les femmes, les violent, les assassinent. A ce sujet, elle a noté qu’en juillet dernier, une femme revenant du champ est morte suite à un viol massif commis par les Fardc qui l’ont accusée de connivence avec les ADF-Nalu. A Butembo, une femme enceinte vendeuse au marché avec un bébé a été violée et tuée et son corps jeté en pâture dans la rue. Son bébé a eu le crâne fracassé. Cela, a-t-elle conclu, dans l’indifférence la plus totale des autorités. Elle a l’impression que les gouvernants ont démissionné de leur pouvoir de protéger la population et s’est posée la question de savoir comment on peut se sentir autorité en régnant sur des cadavres de la population et surtout des femmes violées qu’on devait pourtant protéger.

Le directeur exécutif de la Vsv, Dolly Ibefo, s’est appesanti sur les catégories des groupes armés opérant au Nord Kivu parmi lesquels il a cité ADF-Nalu, FDLR, Pareco. Tous ces groupes se nourrissent du trafic des minerais : coltan, or, diamant, cassitérite etc que regorge cette partie de notre territoire. Certains sont entretenus à partir de la capitale par certaines autorités à qui ils rendent compte. Il est revenu sur les accords entre le gouvernement congolais et le Rwanda ainsi que le gouvernement congolais et l’Ouganda qu’il a énergiquement condamné car ces deux accords autorisent ces deux pays à entrer sur notre territoire pour poursuivre leurs groupes armés. Cela a amplifié l’insécurité dans notre pays, parce que les rebelles de ces deux pays ont fui et se sont cachés dans les forêts congolaises en tuant, en violant femmes et enfants et en pillant la population congolaise.  

Enfin, Nsii Luanda de Codho est revenu sur la catégorisation des groupes armés est précisant leurs zones d’opération et les méfaits qu’ils commettent. Il a rappelé les provinces victimes que sont la Province orientale, le Grand Kivu, le Nord Katanga.

SAKAZ  

 

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