Insécurité et tracasseries entretenues par des policiers : le général Oleko en a marre !

Le constat de l’inspecteur provincial de la police  concernant la sécurisation des personnes et de leurs biens dans la ville de Kinshasa, est amer. Le bilan qu’il vient de dresser sur la recrudescence de la criminalité et le regain de l’insécurité, pour la seule période du mois d’octobre 2010, est très négatif avec des crêtes pour des cas d’extorsions des fonds, des téléphones portables et même des cas de viols, au point qu’il a organisé hier au camp Lufungula, une causerie morale à l’intention des policiers et officiers de la garnison de Kinshasa.

 Sur le plan de la sécurité générale, a indiqué l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko Komba, le rendement de la police n’a pas été bon. Et il a épinglé la présence des hommes en uniforme dans les rangs des auteurs, dont il a distingué trois groupes. Le premier constitué par ceux qui n’ont pas le droit de porter l’uniforme, le deuxième par ceux qui en ont le droit et ne sont pas de service, et le troisième par des éléments actifs.

Sur base de différents rapports de ses services, ainsi que des informations publiées par les médias, il a rappelé que l’une des missions principales de la police est la sécurisation des personnes et de leurs biens. A l’époque, quand les gens rencontraient des policiers, ils se sentaient sécurisés à 90 %. Tel n’est plus le cas aujourd’hui.
 «Avec l’accroissement de la criminalité, dont les policiers se retrouvent parmi les auteurs, a laissé entendre l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa, nous devons nous sentir gênés».
 A ce sujet, il a relevé, que les policiers sont mal cotés par leurs compatriotes. «Car, on ne parle pas du bien des policiers, alors que nous devons être méritants par notre prestation et notre rendement», a-t-il fait remarquer.
 Epinglant le cas qui révolte toutes les consciences, le patron de la police ville de Kinshasa a condamné l’agression perpétrée dernièrement à Masina ex-Siforco, et dont les auteurs sont aux arrêts. Au cours d’un deuil, a rappelé l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko Komba, une famille encore sous le choc a été visitée par des hommes en tenue de policiers. Après avoir semé la désolation en extorquant des fonds devant servir aux obsèques, ainsi que des appareils cellulaires, ces agresseurs ont violé deux filles de cette famille.
 L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa les a traités d’éléments pires que Satan lui-même, avant de signaler que le procès de leur affaire va s’ouvrir dans les jours à venir.
 A cette famille, il a présenté au nom de toute la police, ses condoléances les plus attristées et ses excuses pour les actes de banditisme subis durant le deuil.
S’adressant aux policiers, l’inspecteur divisionnaire adjoint Oleko a souligné que le fait de porter l’uniforme de la police, exige des policiers, un comportement exemplaire, et à ceux qui disent le droit, de l’appliquer sévèrement à leur égard. Si les policiers n’adoptent pas un comportement sécurisant, il ne serait pas surprenant qu’on puisse leur appliquer la peine la plus forte.
 Revenant à la sécurisation des personnes au mois d’octobre, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a reconnu que la population à mal coté la police.  «Nous avons fait mal notre devoir», a-t-il martelé, et d’ajouter que parmi ceux qui devaient apporter assistance et sécurisation aux familles éprouvées, il y avait des policiers. Malheureusement, ils sont allés semer la désolation. Nos collègues arrêtés dans cette affaire, seront traduits devant l’auditorat militaire de garnison de Ndjili et le procès public s’ouvrira bientôt.
Des sanctions pour irresponsabilité seront infligées aux commandants

 Ainsi pour le cas de Masina ex-Siforco, l’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a annoncé une batterie des mesures à l’endroit des commandants du ressort où se sont produits les faits. Du commandant du point chaud au commandant district, en passant par les responsables de sous-commissariats et commissariats, ainsi que les responsables des Groupements mobiles d’intervention, personne ne serait épargné à l’avenir.
 A cet effet, il a invité les responsables des services de ressources humaines à élaborer des fiches de sanction qui devront être remplies aussitôt qu’un manquement aura été constaté.
 Il en a marre des coups de téléphones et plaintes de la population. Cette fois, ceux des commandants qui ne se montreront pas à la hauteur de leurs responsabilités, seront sanctionnés et le cas échéant, remplacés par des cadres plus compétents.  Après des griefs articulés contre les éléments du secteur territorial, le patron de la police ville de Kinshasa a stigmatisé les abus que commettent au quotidien, les agents de la PSR. Chaque jour qui passe, on ne manque pas de lui rapporter des cas de tracasseries policières et des agressions sur les chauffeurs.
 Pour mettre fin à toutes ces situations qui n’honorent pas les unités placées sous son autorité, il a décidé la mise en place d’une nouvelle organisation comprenant à chaque carrefour, un chef carrefour, un superviseur, un coordonnateur et des agents.
 De cette façon-là, les agents ne peuvent pas agir seuls, mais sous la supervision des officiers.
 L’inspecteur divisionnaire adjoint a évoqué la situation de jungle que les compatriotes vivent au Marché central de Kinshasa. Alors que cette zone avait été érigée en no man’s land par la création d’un commissariat autonome, force est de constater que l’insécurité y bat son plein, malgré la présence de différents postes de police. Si à l’avenir le commandant ne parvient pas à maîtriser la situation, il prendra des mesures pour soit supprimer ce commissariat, soit remplacer le commandant.
 Pour cette fin de l’année, il retient que c’est la période de grande criminalité qui voit des malfaiteurs sortir de leurs refuges pour frapper dans plusieurs communes.  Il a invité les différents districts et commissariats à demeurer vigilants pour traquer les membres de la pègre, afin de sécuriser nos compatriotes.
  Surtout que cette période précède celle de l’organisation des élections, il faudrait que la police mette hors d’état de nuire tous les bandits, de manière à ce que le processus électoral puisse se dérouler dans la paix et la quiétude totale. Il attend que la sécurité revienne, sinon il va frapper fort.            JRT

 

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