Insécurité à Ngaliema : des braqueurs à motos frappent à Ma Campagne

une moto accidenté sur le boulevard du 30 juin à Kinshasa dont les victimes ont été évacués à l'hopital Ph John Bompengo (2) A l’entrée du quartier Ma Campagne, commune de Ngaliema, des jeunes assis sur le siège de leurs taxis-motos, et taillant bavette, attendent des passagers pour les quartiers environnants. Ma Campagne, Camp Luka, Kitambo-Magasins. D’autres sillonnent les rues de ce quartier. Samedi 7 juin 2014, il est 2 heures du matin. Trois jeunes filles habitant sur Allée Verte, élégamment vêtues et porteuses des sacs à main en cuir, viennent d’être débarquées sur avenue Kasa-Vubu, en face de la station d’essence Mona Luxe. Dans les parages, deux gaillards à motos effectuent quelques parades, pendant que quelques rares voitures continuent à circuler. Soudain, parvenus à la hauteur des filles, le motocycliste et son passager ralentissent. Et hop, deux sacs arrachés, la moto disparaît aussitôt sur la route du Centre catholique Nganda, pendant que Mélanie Senga, 27 ans, Divine Ntumba, 31 ans, les deux victimes de braqueurs, et leur copine Tatiana Yumbi, 29 ans, témoin de la scène, sont toutes traumatisées. A part quelques billets de francs congolais, et des dollars, les sacs contenaient des bijoux qu’elles y avaient cachés par crainte des voleurs. Malheureusement, l’inévitable est arrivé.

 La semaine passée, une dame revenant d’une fête à Bandalungwa, devait rejoindre Camp Luka en passant par l’entrée Ma Campagne où attendaient quelques motocyclistes. Venue du cimetière, une moto s’est immobilisée devant Mireille Mafuta, pendant que le conducteur prétendait la connaître et se disait prêt à la ramener à son domicile au quartier 3. Confiante à l’égard des motocyclistes qui la connaissent, elle saute sur la banquette et agrippe le motard qui démarre aussitôt.

Sur la route du cimetière, la moto tombe en panne. La jeune dame descend et attend à côté. Le motocycliste tente de réparer, le temps pour lui de se rassurer que cette rue est enfin déserte. Il sort une arme et braque Mireille Mafuta qui doit se délester en larmes, de ses bijoux en or, ses deux téléphones portables et ses petites économies. Le voleur va l’abandonner sur le lieu, toute tremblotante de peur.

Auparavant, c’est à la station d’essence de Delvaux où un couple est embarqué sur un taxi-moto. Sébastien Yangu et son épouse se rendent à une fête à Binza Pigeon. Le conducteur roule à grande vitesse, comme pour aider ses passagers à atteindre à temps le lieu de la manifestation. En dépassant l’entrée de la concession Gulf, la moto s’engage dans une ruelle escarpée. Devant eux se dressent cinq malfaiteurs armés des bâtons et des gourdins les encerclent. «Descendez et donnez tout ce que vous avez sur vous !» Motocycliste dépouillé de toutes les recettes de la journée, ses passagers verront tous leurs biens arrachés. Il est 22 heures. Pourtant, Yangu et sa moitié avaient pris la précaution de passer toute la nuit à la fête. Ils oubliaient que depuis un certain temps, l’insécurité baigne des quartiers entiers où les marginaux ont repris du poil de la bête.

Les malfaiteurs proftent de l’obscurité pour agresser

Des nouvelles en provenance de Mikondo, font état des agressions multiples commises sur des piétons et sur des passagers. Dans ce quartier aux routes sablonneuses, les deux roues règnent en maîtres. Les motos affrontent tous les reliefs des rues. Mais ce sont les conducteurs qui constituent un problème. La criminalité. C’est devenu le moyen de transport utilisé par des malfaiteurs pour entrainer leurs passagers vers des rues sans issues.

Mpia Moke, vendeur dans un magasin de quincaillerie au centre-ville, a été dernièrement victime d’une attaque. Son salaire du mois de mai enfoui dans son sac à main, et transportant un panier contenant des habits et quelques provisions alimentaires,  ce père de famille nombreuse a dû emprunter une moto à Kingasani ya Suka pour rejoindre son appartement à Mikondo.  Il était 22 heures. Le motocycliste semblait connaître la topographie du secteur. Toutes les rues ne lui étaient pas étrangères. A coups d’accélérateur et de freins, il savait à la fois épouser les contours et en éviter les détours. Mais voilà qu’il s’est engagé dans un sentier obscur où il va demander à son passager de descendre. Des broussailles sont sortis de l’ombre, trois gaillards armés et habillés en tenue militaire. Mpia Moke est fouillé, son salaire et son panier emportés. C’est la mort dans l’âme qu’il va regagner sa maison.

Ces différentes attaques, pour la police, montrent que les malfaiteurs ont trouvé dans la motocyclette, un moyen de transport qui favorise des extorsions. Le seul conseil que l’on peut prodiguer aux passagers, c’est la vigilance. En effet, en attendant que des unités de la place tombent sur ces mécréants, il faut éviter les motocyclistes aux allures de Kuluna dépourvus de gilets verdâtres avec numéros d’identification, et n’emprunter que des motos portant des plaques minéralogiques.

                                                                                                                                              J.R.T.

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