Inga III : 1er coup de pioche en octobre 2015

Bruno Kapandji, ministre des Ressources Hydrauliques et Electricité, est revenu de Paris, où il a participé, du 16au 18 mai 2013, aux ateliers organisés par le gouvernement congolais autour du projet d’Inga III, avec  une nouvelle rassurante. Le premier coup de pioche devrait être donné, sauf imprévu, en octobre 2015. C’est là la volonté exprimée par le Chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila. En effet, la feuille de route proposée par la RDC en ce qui concerne les parties prenantes, le financement, les résultats des études de faisabilité, le chronogramme d’exécution des travaux, a été adoptée par les participants.

            La réunion de Paris a connu la participation des délégués de la RDC, de l’Afrique du Sud, de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement, de l’Agence Française de Développement, de la Banque Européenne d’Investissement, de la Development Bank of South Africa, de Synohydro, de Trois Gorges, de China Development Bank, de CGSTPC, de SNC Lavallin (Canada), de Daewoo, de Proinga (consortium composé de ACS, Cobra, Eurfinsa et Macquarie).

            Le projet Inga III a réellement pris corps le 07 mars 2013, avec la signature d’un accord de partenariat entre la République Démocratique du Congo et la République Sud-Africaine, qui se positionne à la fois comme actionnaire et principale consommatrice de l’énergie électrique à produire par ce barrage, soit 2.500 Mégawatts sur 4.800. Ce projet intégrateur a ceci de particulier qu’il constitue un pas décisif vers la construction future du Grand Inga, dont la capacité installée serait de 40.000 Mégawatts.

            Lors du point de presse qu’il a animé à Paris devant plusieurs médias internationaux, Bruno Kapandji Kalala a brossé les lignes maitresses du projet Inga III. Ainsi, il a rappelé que l’Afrique du Sud, signataire avec la RDC du Traité en rapport avec cette centrale hydroélectrique, achetera près de la moitié de son électricité. « J’ai également invité à Paris les candidats privés présélectionnés depuis 18 mois déjà sur appel d’offres internantional, pour financer la plus grande partie des travaux et conduire la construction d’Inga 3 et des lignes qui vont amener l’électricité à travers notre pays, jusqu’à la frontière avec la Zambie. Au-delà, l’Afrique du Sud va construire les lignes qui faire arriver l’électricité d’Inga en Afrique du Sud », souligne-t-il.

Il a fait savoir que Paris a été le point de ralliement de tous les partenaires qui réalisent les études techniques, financières, environnementales, institutionnelles et juridiques, avec le concours des bureaux d’experts internationaux, notamment ceux d’Electricité France, des bureaux d’études américano-canadiens, de Gaz France Suez, etc. Selon, tous les partenaires ayant répondu à l’appel de la RDC sont spécialisés dans la réalisation des projets complexes comme Inga 3.

            « Cette centrale et ses lignes de transport seront financées par des fonds publics et des fonds privés. Et tous les ouvrages construits à partir de ces fonds seront gérés par des sociétés où le capital de provenance privée sera majoritaire. L’Afrique du Sud sera actionnaire dans l’une de ces sociétés », a indiqué le ministre des Ressources Hydrauliques et Electricité.

            S’agissant des informations faisant état de l’oubli des populations congolaises dans la desserte d’Inga III, Bruno Kapanji a joué l’apaisement : « Il faut retenir que l’énergie d’Inga 3 et des autres futures phases de Grand Inga est destinée à satisfaire en priorité les besoins en électricité des populations, des industries et des administrations de notre pays, la RD Congo. Seul le solde que nous n’utiliserons pas va être exporté… Les réunions de Paris font partie des actions que le gouvernement mène par le canal du ministère des Ressources Hydrauliques et Electricité pour promouvoir Inga, défendre les intérêts de la République, évaluer les étapes déjà franchies et adopter la Feuille de route des actions à réaliser à court et moyen termes. Elles sont aussi destinées à démontrer l’engagement et la volonté du gouvernement à fournir l’énergie propre et moins chère d’Inga aux pays africains ».

            Selon ce membre du gouvernement, Inga III est à inscrire désormais au nombre des projets ordinaires, compte tenu des déficits en électricité auquel va être confronté l’Afrique dans les années à venir. A titre d’exemple, on laisse entendre que les besoins futurs en énergie électrique seraient de l’ordre de 70.000 Mégawatts pour l’Afrique du Sud, 50.000 Mégawatts pour le Nigeria et 10.000 Mégawatts pour la RDC. Or, le Grand Inga ne pourrait fournir, dans sa phase finale que 40.000 Mégawatts. L’Afrique devrait ainsi être soumise à une marche forcée dans la voie de son électrification.

                                   Kimp

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