Inga de nouveau menacé

Comme l’année dernière, la saison sèche qui frappe déjà la partie Ouest du pays est porteuse de mauvaise nouvelle pour les consommateurs de l’énergie électrique ayant pour principal pourvoyeur le barrage hydro-électrique d’Inga. A en croire les indicateurs climatiques, le phénomène d’étiage va de nouveau se manifester par une baisse drastique du niveau des eaux du fleuve Congo.Pendant quatre mois – juin, juillet, août et septembre – de fortes perturbations vont toucher la desserte en électricité dans les provinces et villes connectées au réseau électrique dépendant du barrage hydroélectrique d’Inga. La Société Nationale d’Electricité (Snel) ainsi que tous les services publics (ministères, entreprises publiques) développant des activités en rapport avec l’électricité, le trafic maritime ou fluvial vont réfléchir, jeudi 07 et vendredi 08 juin 2012, autour des mesures de gestion et d’accompagnement d’une situation imposée au peuple congolais par la nature.

Dans l’immédiat, apprend-on, il serait question pour la Snel de lancer une campagne de sensibilisation auprès des utilisateurs de l’énergie électrique afin de les amener à intérioriser de nouvelles habitudes consistant à limiter, au maximum, le gaspillage de ce produit. Les consommateurs de l’électricité, les Kinois en particulier, devraient par exemple se départir de la manie de laisser les ampoules allumées en pleine journée, de brancher en désordre les électroménagers (cuisinière, fer à repasser, climatiseur, postes de radio et de télévision), d’installer moulins, ateliers d’ajustage, boulangeries… sans tenir compte de la capacité de leur cabine d’alimentation.
Le phénomène d’étiage ne posait jusque-là aucun problème en RDC, en raison de l’alternance de saisons pluvieuses entre les parties Est et Ouest du pays, de la forte pluviosité générale sur l’ensemble du territoire national et de la présence d’affluents alimentant régulièrement et abondamment le fleuve Congo en eaux.
 
Mais, à la suite des atteintes multiples à l’écosystème national (pollution des rivières et du fleuve Congo, coupe désordonnée des arbres dans les grandes villes comme dans les campagnes, constructions anarchiques), la pluviosité accuse une baisse généralisée à travers le pays.
 
Contrairement aux décennies antérieures, les saisons pluvieuses connaissent de plus en plus des « trous » tandis que les saisons sèches ont tendance à s’allonger. Les Congolais devraient se réveiller et adopter une nouvelle manière d’être face aux menaces qui pèsent sur leur environnement. Le fleuve Congo n’est plus à l’abri d’un mauvais coup.  Des projets tels que ceux de déviation d’une partie des eaux de la rivière Oubangui, dans la province de l’Equateur, vers le lac Tchad montrent, si besoin est, leur dangerosité pour l’avenir d’un ouvrage tel que le barrage d’Inga. L’eau, baptisée « or bleu » dans les pays désertiques mais considérée comme un don de la nature en RDC, s’impose ainsi comme une denrée vitale.
 
Kimp
 

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