Incertitudes sur les marchés financiers européens : JC Masangu : «Soyons vigilants et très prudents ! »

L’actualité économique et financière est actuellement focalisée sur l’évolution de la situation économique et financière dans les pays surendettés de l’Europe, le risque de récession dans la zone monétaire Euro, les incertitudes sur les marchés financiers européens et le chômage qui affecte durement certains pays européens plus que d’autres.

On pouvait à l’occasion se dire que cela ne concerne que les Européens. Mais compte tenu de l’interdépendance des économies du monde, et des flux financiers importants qui circulent à travers les circuits bancaires du Nord au Sud, et de l’Est à l’Ouest, certains pays africains, comme la RDC, sont sur la défensive, observant attentivement ce qui se passe en Occident.
A la réunion du Comité de politique monétaire de vendredi dernier, face aux inquiétudes enregistrées sur les marchés financiers marqués par un emballement sur quelques places boursières, les perturbations des cours de certaines matières premières, telles que le cuivre, et les récents ajustements des prix de produits pétroliers, le gouverneur de la Banque centrale a une fois de plus rassuré les milieux économiques et financiers congolais, sur base des analyses de la situation, faites par ses services spécialisés.

Nous sommes extrêmement regardants, a fait savoir d’entrée de jeu Jean-Claude Masangu, sur tout ce qui se passe au-delà de nos frontières, particulièrement en Europe et aux Etats-Unis. Cette crise financière pouvant affecter facilement nos économies, par le biais de banques commerciales, mérite en effet, indiquent les études récentes de la Banque centrale, une attention particulière, si l’on ne veut pas être surpris par les chocs exogènes.

Les marchés boursiers, comme l’a rappelé le patron de l’Institut d’émission, ont sanctionné les banques commerciales européennes, avant de préciser que les banques commerciales africaines, souvent des succursales des banques européennes, qui disposent des comptes dans ces établissements bancaires et reçoivent souvent des financements importants en devises, ne pourront qu’être touchées. Nous ne devons qu’être très vigilants ! a martelé le gouverneur de la BCC.
Sur plan externe, la récession est la menace la plus persistante. Il y a donc lieu de se demander aujourd’hui, s’est-il interrogé, comment vont se comporter nos exportations, aussi bien en volumes qu’en recettes ?

Avec la baisse des cours de cuivre, il est vrai que sont affectées,  les recettes générées par ces produits miniers, qui elles, aussi, vont affecter les recettes de l’Etat. L’Etat, a-t-il fait remarquer, doit donc mener sa politique budgétaire avec prudence, en faisant un effort supplémentaire de maximisation des recettes et en limitant au maximum ses dépenses. Nous ne voulons pas être surpris, comme en 2008, a prévenu Jean-Claude Masangu qui recommande la vigilance et la prudence dans la gestion des finances publiques, afin de réduire les risques de divers ordres.

Il a signalé que toutes ces informations ont été communiquées à la troïka économique, en fournissant des analyses sur ce qui se passe à l’international, notamment le récent ajustement des prix de produits pétroliers qui affichaient 105 dollars le baril. Aujourd’hui, le baril est à 109 dollar le baril.
Concernant les marchés mondiaux de produits de base et alimentaires, il se constate une certaine stabilité, tandis que le prix du cuivre a chuté en une semaine.
Toutefois, avec la demande sans cesse croissante, il est probable qu’il s’ensuivra prochainement une augmentation des cours de ce produit.    
Nous sommes confiants, a rassuré le patron de l’Institut d’émission, avant d’ajouter que les choses vont certainement s’améliorer.

Il a rappelé d’autre part que l’endettement de certains pays européens représente plus de 120 % du produit intérieur brut, tel est le cas de la Grèce. Comparé à la situation de la RDC, Jean-Claude Masangu a fait remarquer que notre pays a bénéficié des appuis particuliers de ses partenaires extérieurs. Les mécanismes appliqués à la RDC, ont permis la réduction de sa dette extérieure, de 120 à 20 %, compte tenu du respect des critères de performance lui recommandés dans le cadre de ses différents programmes économiques du gouvernement convenus avec les Institutions de Bretton Woods. Sur ce chapitre, il espère que tous, nous ne demeurerons pas distraits, afin de ne pas être surpris par les chocs d’origine externe.

Au sujet de la mission du FMI qui débutera cette semaine, ses discussions avec les autorités congolaises, pour la conclusion du PEG II, le gouverneur de la BCC a indiqué que le gouvernement travaille d’arrache-pied pour respecter les critères quantitatifs, de manière à afficher un bulletin de cotation satisfaisant de performances économiques de la RDC. Les critères sont respectés et les réformes structurelles sont en cours. Il s’agira d’autre part, de projeter l’avenir avec le budget 2012. Pour ce faire, on devra établir un cadre macro-économique pour 2012. Surtout qu’au cours de la période électorale, le gouvernement va enregistrer de fortes pressions sur les finances publiques.

La RDC devra passer cet examen d’une manière satisfaisante, avant que la délégation congolaise se rende avec des arguments solides à Washington, pour le Conseil d’administration du FMI et de la Banque mondiale prévu fin septembre et début octobre.
Enfin, le patron de l’Institut d’émission a évoqué les quatre points abordés au Comité de politique monétaire de vendredi dernier. Il s’agit entre autres, de l’évolution de la conjoncture économique au 18 août et les perspectives et l’examen du plan de trésorerie de la RDC à fin juillet 2011 et ses perspectives.

 J.R.T.

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