Guerre de l’Est : les têtes commencent à tomber, le général Amisi « Tango Four » suspendu !

 

Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement, a encore une fois eu un face-à-face avec la presse hier jeudi 22 novembre au studio B de la RTNC (Radio télévision nationale congolaise).

Au menu : une déclaration gouvernementale. Celle-ci contenait deux points principaux, à savoir : le mini sommet de Kampala, et le rapport final du groupe des experts des Nations unies sur la Rdc.

Sur ce dernier point, le porte-parole du gouvernement a rappelé le processus ayant conduit à la mise en place par le Conseil de sécurité de l’Onu d’un groupe d’experts chargés d’évaluer les violations du régime d’embargo sur les armes conformément à la Résolution 1493 du même organe.

            Ce groupe était composé de six membres, nommés le 10 février 2012, et qui provenaient des pays ci-après : Etats-Unis, Kenya, Pays bas, Moldavie, France et Belgique.

            Dans leur rapport final rendu public la semaine dernière, les experts onusiens confirment que le M23 est soutenu par le Rwanda et des individus gravitant au sein du gouvernement ougandais. Le même rapport incrimine quelques officiers congolais impliqués dans le trafic d’armes de divers calibres envers les groupes armés tant nationaux qu’étrangers.

Parmi ces officiers, on cite le chef d’état-major des forces terrestres, le général major Gabriel Amisi Kumba dit « Tango Four ».

Pour ce faire, le concerné vient d’être suspendu de ses  fonctions jusqu’à la fin de l’enquête ouverte à son égard. Lambert Mende précise, à ce propos, qu’Amisi Kumba n’est pas le seul à être impliqué dans ce trafic illégal et criminel. Il y a d’autres officiers mais de moindre importance que lui.

            Enfin, le porte-parole du gouvernement a renseigné que la localité de Sake que le M23 venait d’occuper au lendemain de la prise de Goma, venait d’être reprise par les forces loyalistes. C’était hier jeudi vers 15 heures à la suite d’âpres combats.

Ci-dessous l’intégralité de la déclaration gouvernementale.

1. Du mini-sommet de Kampala

Le mardi 20 et le mercredi 21 novembre 2012 s’est tenu à Kampala, un sommet des Chefs d’Etat des Grands lacs les plus impliqués dans la crise du Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Se sont ainsi retrouvés dans la capitale ougandaise, les Présidents Yoweri Museveni de I’Ouganda, hôte du sommet, Paul Kagame du Rwanda et Joseph Kabila Kabange de la République Démocratique du Congo. De très longues discussions ont eu lieu entre eux.

Les Chefs d’Etat ougandais et rwandais ont affirmé expressis verbis qu’ils ne pouvaient en aucun cas «accepter l’expansion géographique de cette guerre ni tolérer l’idée de renverser le gouvernement légitime de la RDC ou de miner son autorité. Ainsi pour les Chefs d’Etat réunis au sommet de Kampala, qu’elle que soit la nature des revendications du M23, rien ne peut remettre en cause l’ordre constitutionnel de la République Démocratique du. Congo et les autorités légitimes qui animent les institutions de ce pays. :

ll est important de noter que c’est la première fois que le Chef d’Etat rwandais prend publiquement position contre le M23, C’est donc un début de baisse de la tension qui était montée jusqu’au paroxysme entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda.

A ce sommet de Kampala, la communauté internationale à été représentée au plus haut niveau avec la présence du Directeur de Cabinet du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, Ban Ki Moon, du Coordonnateur de I’Union Européenne pour la Région des Grands Lacs, Koen Veryaeke, et du Ministre Britannique des affaires africaines. Ces personnalités représentant la communauté internationale au sommet de Kampala sont venus encourager les trois Chefs d’Etat à trouver une solution durable à la crise qui sévit à I’Est de la République Démocratique du Congo

Dans une Déclaration finale, les Présidents Yoweri Museveni de I’Ouganda, Paul Kagame du Rwanda et Joseph Kabila Kabange de la République Démocratique du Congo, ont sommé les militaires du M23 de cesser leurs offensives et se retirer de la ville de Goma. Un plan de mise en oeuvre de ce désengagement est en train de leur être transmis.

Au-delà de tout ce qui a pu être dit sur cette épreuve que la.RDC traverse, il y a lieu de noter une forte volonté politique de tous les leaders de la Région de réduire les dissensions au moindre coût en vies humaines.

En participant au sommet de Kampala, la République Démocratique du Congo a démontré le souci de son leadership de donner une chance à la paix, à la reconstruction et au développement de son peuple.

Les revendications mises en exergue par les mutins du M23 qui se fondent sur les engagements antérieurs conclus entre le Gouvernement de la République et divers groupes armés naguère actifs dans les Kivu, feront l’objet d’un réexamen par plusieurs partenaires, avant que ne soient envisagées des discussions avec les protagonistes nationaux de cette crise.

II. DU RAPPORT FINAL DU GROUPE DES EXPERTS DES NATIONS UNIES SUR LA RDC

Le Groupe d’Experts des Nations Unies sur la République Démocratique du Congo avait été institué par la Résolution 2021 (2011)du Conseil de Sécurité, pour évaluer les violations du régime d’embargo sur les armes voté par la Résolution 1493 de 2003 du Conseil de Sécurité.

 

Ses membres furent nommés le 10 février 2012 par le Secrétaire Général de I’ONU.

ll s’agit de :

– Steven Hege, USA (chargé des Groupes armés/président),

– Nelson Alusala, Kenya (chargé des armes),

– Ruben de Koning, Pays-Bas (chargé des ressources naturelles),

– Marie Plamadiala, Moldavie (chargée des Douanes et aviation),

– Émilie Serralta, France (chargée des questions régionales)

– Steven Spittaels, Belgique (chargé des Finances).

Le rapport final de ce groupe d’Experts confirme les versions initiales dont des vents favorables avaient fait parvenir des copies à quelques médias de grande audience.

Le rapport dépeint le M23 comme un mouvement qui éprouve des difficultés, notamment de fait dr la faiblesse de ses effectifs (environ 1250 hommes), à mener des opérations indépendantes et à garder sous son contrôle des positions nouvellement conquises.

En ce qui concerne la RDC, le Gouvernement de la République a constaté la mention dans le rapport d’un certain nombre d’officiers congolais dont l’implication dans la circulation d’armes de divers calibres en faveur des groupes armés assimilés aux forces négatives dans la région à été dénoncée.

À cet effet, le Président de la République, Chef de I’Etat et Commandant suprême des Forces Armées de la République Démocratique du Congo, a ordonné au Gouvernement de diligenter sans délai une enquête approfondie afin de déterminer les responsabilités dans ce trafic illégal et criminel. ll a pris en outre la décision de suspendre de ses fonctions, à dater de ce jour, le général-Major Gabriel Amisi Kumba, Chef d’état-major des Forces Terrestres, et ce jusqu’à la fin de I’enquête susmentionnée.

Voici en effet ce que dit le rapport dont question s’agissant de I’intéressé:

«Les Forces armées congolaises continuent d’être la proie de réseaux criminels qui permettent aux officiers supérieurs de s’enrichir par I’emprise sur les ressources naturelles et la contrebande, notamment par le trafic d’ivoire mené par des groupes armés. Le général Gabriel Amisi, chef d’état major des forces terrestres, contrôle un réseau de distribution de munitions de chasse à des braconniers et des groupes armés, dont les Raïa Mutomboki. Le désarmement et la gestion d’armes sont également entravés par la progression de la demande d’armes en rapport avec le M23 : sur le marché des armes légères, les prix ont été multipliés par quatre.

Vous savez que le Raia Mutomboki est responsable, avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), de la mort de plus de 260 civils en novembre au Nord-Kivu» Une force négative. Bien plus, le rapport renchérit en disant que le général Amisi aurait également fourni 300 fusils d’assaut AK47 au groupe Nyatura, une autre force négative qui sème la désolation dans la population civile.

Ce sont là de graves accusations qui nécessitent une enquête approfondie. Le Chef de I’Etat a décidé que celle-ci soit faite sans délai. Je vais clôturer mon propos par une bonne nouvelle : il s’agit de la reprise cet après-midi par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, au terme d’âpres combats, de la cité de Sake, située à 27km de Goma, qui était tombée aux mains du M23 hier mercredi 21 novembre. C’est le lieu de féliciter nos vaillants militaires pour la bravoure dont ils font preuve, attestant de ce fait que perdre Goma n’est pas perdre la guerre»

Voilà, mesdames et messieurs, la brève communication que j’ai voulu vous adresser en guise d’introduction à cette conférence de presse» Je me mets à présent à votre disposition pour d’éventuelles questions.

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre des Médias, Chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

Porte Parole du Gouvernement

Leave a Reply