Guerre de l’Est : le gouvernement donne sa lecture des événements

C’est hier jeudi 19 juillet que le gouvernement a décidé de faire la restitution au peuple congolais, par le truchement de la presse, des différents contacts en rapport avec la guerre d’agression rwandaise dans la partie orientale du pays.
C’est au cours de la conférence de presse que le ministre des Affaires étrangères et Coopération internationale Raymond Tshibanda a co-animé, au salon rouge de son ministère, avec son collègue des Médias, Relations avec le Parlement et Initiation à la nouvelle citoyenneté Lambert Mende, que le gouvernement a livré sa lecture des événements.

Le ministre des Affaires étrangères, qui était le principal orateur du jour, a d’abord fait le point du périple qu’il venait d’effectuer à travers le monde pour faire entendre la voix de la République démocratique du Congo à ce sujet.
Il a été introduit par son collègue porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.

 D’entrée de jeu, Raymond Tshibanda a signalé que le périple l’a conduit en Ouganda, Tanzanie, Burundi, Angola, Belgique, France, Union européenne, Brésil, etc.
Le choix de l’Ouganda et de l’Angola se justifie par le fait que le président ougandais assume actuellement la présidence de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des grands lacs). Idem pour le président angolais au niveau de la SADC.
 Son séjour au Brésil avant de participer au sommet, lui a permis de prendre langue avec le président Jacob Zuma de l’Afrique du Sud, et Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville.
 Tout cela a été couronné par la saisine du Conseil de sécurité des Nations unies, a affirmé Raymond Tshibanda, indiquant avoir bénéficié d’une oreille attentive partout où il est passé.
 Quant à l’objectif, le périple consistait à prendre tout le monde à témoin en démontrant que la situation qui prévaut actuellement à l’Est de notre pays ne relève pas d’une quelconque rébellion ou encore moins d’une mutinerie, comme certaines langues avaient voulu faire croire. Il s’agit plutôt d’une agression dont la Rdc est victime de la part de son voisin rwandais.
Selon le chef de la diplomatie congolaise, la conséquence de ce périple est la convocation du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement qui vient de se tenir à Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine.
 Il a rappelé au passage quelques résolutions prises à l’issue des travaux dudit sommet, dont la principale est la décision de déployer une force internationale neutre à la frontière commune entre la Rdc et le Rwanda.
 A propos de cette force, il a tenu à préciser qu’il s’agit d’une force internationale et non régionale comme d’aucuns le laissent entendre en redoutant la qualité de ceux qui pourront la constituer. Il n’est pas exclu de voir des forces  non africaines y participer. L’implication des Nations Unies n’est pas, non plus, à exclure. Elle aura deux missions principales à remplir : surveiller et protéger la région, anéantir et éradiquer le M23, les FDLR et autres forces négatives qui sévissent à l’Est du pays.
 Par ailleurs, le gouvernement souhaite que le mécanisme se mette en place le plus rapidement possible, tout comme l’efficacité de ladite force.  La communication terminée, l’orateur s’est prêté au rituel jeu des questions et réponses.
 A la question de savoir si le gouvernement était satisfait des résolutions du sommet de l’UA, aussi longtemps que le Rwanda n’y est pas expressément condamné dans les résolutions ? Le ministre a fait savoir que l’essentiel n’est pas la condamnation expresse du Rwanda, mais plutôt toute initiative ou démarche susceptible d’aboutir à la résolution de la crise.
 En plus, il a rappelé que les résolutions d’Addis-Abeba ont été d’abord prises au niveau des ministres des Affaires étrangères, puis avalisées par la SADC et le Conseil de paix de l’UA, avant d’être entérinées par le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement.
Le fait pour le gouvernement de souscrire à l’idée d’une force internationale neutre, n’est-il pas un signe de désaveu de la Monusco ?

 Réponse de R. Tshibanda : le mandat actuel de la Monusco n’inclut pas les deux missions assignées à la force internationale. C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, le gouvernement milite pour la révision du mandat actuel de la Monusco. Car, il n’est plus adapté à la réalité du terrain. Et d’informer : dans les prochains jours, le gouvernement s’entretiendra avec les responsables des Nations Unies à ce propos.
 Qu’est-ce qui explique que l’armée congolaise perd toujours du terrain face à celle du Rwanda ? Réponse : « notre armée est jeune ». La réponse a suscité des murmures dans la salle en signe de désapprobation.
 D’aucuns qualifient les autorités congolaises de complices dans ce qui se passe à l’Est, qu’en dites-vous ?
Le ministre a indiqué qu’il ne répondra pas à cette question avant de lâcher qu’il faudra attendre, car c’est le résultat qui détermina.


Dom

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