Grande confusion jeudi à l’OCC : échauffourées entre agents et policiers au sujet des sabots de Denver

 

Kinshasa est passé jeudi à deux doigts de la catastrophe. Des incidents fâcheux avec mort d’hommes auraient pu se produire au centre-ville, à cause des dérapages de trois éléments de la Police Spéciale de Roulage qualifiés de pyromanes, n’eut été la voie de la sagesse qui a habité les dirigeants de l’Office congolais de contrôle, ainsi que les talents de négociateur de l’inspecteur provincial adjoint chargé des opérations et le calme d’un officier supérieur de la DRGSS. Dieu merci ! La capitale a pu échapper de justesse, à des événements malheureux dont on sait souvent comment ils commencent, tout en ignorant comment ils se terminent.

 
L’étincelle allumée par trois éléments de la PCR

Alors que la mission leur confiée au départ consistait à cadenasser avec des sabots de Denver, tout véhicule garé sur le nouveau caniveau construit de part et d’autre du boulevard du 3O juin, par crainte des dégâts pouvant endommager cet ouvrage, trois éléments de la PCR dont deux sous-commissaires et un agent de police à bord de la camionnette de remorquage sont allés opérer des kilomètres plus loin de ce secteur. Certainement, loin des regards indiscrets et peut-être pour réussir un grand coup.
Ils ont jeté leur dévolu sur le parking extérieur de l’Office congolais de contrôle, sur l’avenue du Port, qui chaque jour ouvrable, accueille de nombreux véhicules des cadres et des visiteurs de cette entreprise du Portefeuille. La capacité du parking intérieur étant largement dépassée. 
Leur choix a porté sur deux véhicules en stationnement qu’ils vont cadenasser avec les sabots de Denver, sans autre forme de procès.  On les a vus quitter le lieu, sourire au coin des lèvres, avec l’espoir de voir les propriétaires de ces engins, les rechercher pour négocier leur libération.
    Jeudi, ce stratagème n’a pas réussi. Car, les propriétaires, cadres de l’OCC, ont préféré faire entrer leurs véhicules dans l’enceinte du siège central de l’office. C’est là que les sabots de Denver seront cassés.
    Des témoins racontent qu’une heure plus tard, les trois éléments de la PCR sont revenus devant l’OCC pour constater que les véhicules avaient été déplacés. Voulant pénétrer au sein de l’OCC pour imposer la loi, ils ont rencontré une résistance farouche des travailleurs de l’office. Des shegués s’en sont mêlés, caillassant les éléments de la PCR.
    Au lieu d’informer immédiatement leur hiérarchie de la situation, les trois agents «indélicats» de la PCR vont solliciter d’abord, le renfort du sous-commissariat du Port, dépourvu d’effectifs suffisants, avant de recourir à celui du Groupement mobile d’intervention Ouest basé sur avenue colonel Ebeya, derrière les imprimeries Sodimca.
    Une camionnette de cette unité arrivée en catastrophe à l’OCC, a lâché une meute des policiers qui vont prendre d’assaut cette entreprise publique.
Lors des échauffourées, deux policiers ont profité de la confusion pour arracher qui une chaînette en or d’un agent, qui un téléphone d’un autre travailleur de l’Office. Appréhendés aussitôt, ils seront gardés dans un local en attendant qu’une plainte soit établie et qu’ils soient acheminés sous bonne escorte à une autre unité de la police provinciale ou à l’auditorat militaire. Leurs collègues, armes pointées en l’air, menaçaient alors de tirer sur les travailleurs de l’office, si ces derniers s’obstinaient à les expédier auprès des autorités judiciaires. Véritable épreuve de force. Les agents de l’OCC ont résisté à ces menaces, préférant que toute la ville soit alertée.           
    C’est dans ces circonstances que le commandant du GMI Ouest est descendu avec sa Land Rover à l’OCC pour tenter de secourir ses éléments. Peine perdue ! Il va rencontrer une fin de non recevoir, surtout pour le fait que cette unité était mal placée pour être à la fois juge et partie de ses éléments fautifs.

La hiérarchie a réussi à coup d’engueulades à sauver la situation

    Un officier supérieur de la direction provinciale de la DRGSS alerté a débarqué peu après sur le lieu. Bien que chahuté, il parviendra à obtenir que lui soient livrés les deux policiers indélicats.
Au moment où une ambulance de l’OCC allait se charger de leur transport, dehors, les badauds tenaient à tabasser les éléments que leurs collègues voulaient soustraire des griffes des travailleurs révoltés de l’office. Ils ont barré la route à l’ambulance avec leur Land Rover. La tension était montée de plusieurs crans. Et voilà que s’annonce l’inspecteur provincial adjoint chargé des opérations pour libérer le commandant du GMI Ouest.
Sa démarche ne peut aboutir, la colère de la foule ne faisait que monter minute après minute. L’inspecteur principal Kanakange réussira pour sa part, à convaincre les dirigeants de l’OCC de laisser à la police, la latitude de poursuivre ses éléments qui, a-t-il promis, seront déférés devant l’auditorat militaire de garnison pour extorsion.
    Devant l’aggravation de la situation, l’état-major de la PCR est enfin, saisi des faits. La surprise est de taille. Les délégués de cette unité dépêchés à l’OCC constateront que toute la hiérarchie de la police était au courant de la tournure des incidents impliquant plusieurs unités de la police, se débattait pour apaiser les travailleurs et dirigeants de l’office.
    D’autres témoins notent qu’il y a eu échange des propos durs entre les officiers de la police au sujet des interventions des uns et des autres, à la suite des abus des éléments de la PCR qui ne savaient pas apprécier la gravité des faits commis. Car, des  accrochages malheureux étaient à redouter.
    Aujourd’hui qu’on ne déplore aucun mort, il y a lieu que ces incidents incitent les responsables de la PCR à moraliser les éléments sous leur commandement, qui se croient investis des pouvoirs illimités sur la gestion de la circulation routière et l’application du code de la route.
               

             J.R.T.      

 

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