Goma sous haute surveillance

 A la suite de  la chute des principales localités et villes du territoire de Rutshuru, notamment Kiwanja, Bunagana, Jomba, Rumangabo, Rubare et Katale, le chef-lieu de la Province du Nord Kivu vit dans la hantise d’être envahi par les éléments rwandais de la soit disant mutinerie du M23. Durant toute la journée d’hier, Goma a offert l’image d’une ville désertée par une grande partie de ses habitants. La circulation était clairsemée, la majeure partie des maisons de commerce tout comme les bureaux et autres lieux des loisirs étaient fermés, à part quelques marchands ambulants et ceux étalant particulièrement des vivres le long des avenues principales de cette ville martyre.

 L’arrivée des engins militaires notamment des chars et des hélicoptères de combat ainsi que des éléments frais armés jusqu’aux dents,  a rassuré la population qui avait l’impression d’être abandonnée à son triste sort. C’est pour relancer l’esprit de résistance que les jeunes de la ville avaient manifesté la veille devant le siège de la 8me Région militaire pour réclamer des armes et assurer eux-mêmes la défense de la ville et de leurs proches.
Cette demande, on le sait, est l’expression d’un ras-le-bol généralisé au regard du gâchis constaté sur divers fronts à la suite non seulement de l’invasion du territoire par les troupes régulières rwandaises, mais aussi des trahisons multiformes dont tout le monde parle sans que des mesures concrètes ne soient prises pour y mettre fin.

 Répondre positivement à cet appel des jeunes c’est ouvrir la boîte de Pandore dans une région déjà infestée de milices à la solde des agresseurs.  Plutôt que de s’engager sur une voie risquée, les Fardc ont préféré lancer un message de fermeté en dépêchant des renforts en hommes et en matériels à Goma.  Il s’agit d’un bataillon stationné jusque-là dans le Nord du pays et entraîné par des instructeurs américains dans le cadre de la traque des éléments de la LRA de l’ougandais Konyi. La Monusco qui est pour sa part  décidée à éviter l’humiliation après le revers de Bunagana,  dépêche à Goma des troupes ghanéennes, guatémaltèques, jordaniennes et égyptiennes sous le commandement du général britannique Adrian Foster .
Les deux actions combinées poursuivent l’objectif de rassurer la population bien sûr mais surtout de faire face à toute attaque destinée à prendre le contrôle de Goma pour y installer le siège d’une républiquette en gestation, comme naguère à l’époque du Rassemblement Congolais pour la Démocratie dont la mission essentielle était d’injecter dans les hautes sphères de l’armée, des éléments rwandais.
 Les stratèges du M23 installés à Kigali avaient espéré précipiter la chute du chef-lieu du Nord-Kivu en utilisant la stratégie  d’encerclement. C’est ce qui explique les attaques menées contre les localités de Rutshuru notamment dans le but d’asphyxier Goma et d’obliger ses habitants, confrontés à la pénurie des produits de première nécessité notamment les vivres, les médicaments et autres produits de consommation courante, de crier haut et fort leur désespoir et d’implorer la clémence des agresseurs  qui n’auraient plus aucun effort à fournir pour ramasser le fruit mûr.
 Mais en envoyant  des renforts importants en hommes et en matériels, et en  réaffirmant, s’agissant de la Monusco, la détermination de la mission onusienne d’empêcher par toutes les voies la chute de Goma dans les rangs des agresseurs,  le Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies envoie un signal clair au principal sponsor du M23 : il y a des limites à ne pas dépasser. Et c’est ce que nous allons tous observer dans les prochains jours.


Castro 

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