Goma et Sake entre les mains du M23 : Kampala, nouvelle pièce de théâtre

 

L’encre du communiqué ayant sanctionné le Sommet extraordinaire de Kampala sur la guerre de l’Est de la République Démocratique du Congo, convoqué à l’initiative du président ougandais Museveni, au lendemain de la prise de la ville de Goma par les rebelles du M23, n’avait pas encore séché qu’une autre ville du Nord-Kivu passait à’l’ennemi. Considérée comme nouvelle « base » opérationnelle des FARDC la plus rapprochée de la ligne de front, Sake échappe désormais au contrôle du pouvoir de Kinshasa.

 Kampala V parait, aux yeux des millions de Congolaises et de Congolais, comme une nouvelle pièce de théâtre destinée à les distraire. Ils pensent qu’il n’y a pas meilleure façon de se moquer de la RDC que de coucher, noir sur blanc, que les présidents rwandais et ougandais sont signataires d’un document exigeant le retrait du M23 de la ville de Goma. C’est curieux que les ennemis de la paix au Congo en arrivent jusqu’à un tel cynisme.

 Quel est ce Congolais ou cette Congolaise qui pourrait croire en cette fausse solidarité de Kagame et Museveni ? S’il y a une initiative qu’aurait pu prendre ces deux chefs d’Etat qui donnent subitement l’impression de se préoccuper du sort de notre peuple, c’était de demander au M23 de quitter le territoire congolais à partir de Rutshuru ou Bunagana.

 Avec les accusations à leurs charges, au niveau du Conseil de Sécurité des Nations Unies, de plusieurs Ong de défense des droits de l’homme, telles que Human Rights Watch et Global Witness, Kagame et Museveni n’ont plus qualité pour parler du retour de la paix au Congo, ni du respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Adhérer à l’idée que les ténors des régimes de Kigali et Kampala seraient mécontents des conquêtes militaires de la bande à Sultani Makenga, serait une grosse méprise. Dans l’entendement des patriotes dignes de ce nom, le communiqué de Kampala « V » portant les seings de Kagame et Museveni, est à considérer comme un chiffon bon pour le bac à ordures.

Suffisamment roulés dans la farine par les voisins rwandais et ougandais depuis l’époque de l’AFDL (1996), les Congolais n’entendent pas mordre à l’appât venu de la capitale ougandaise.

Tout le monde sait que le schéma de la balkanisation est désormais tout tracé. Sous prétexte de pousser son épopée militaire jusqu’à Kinshasa, le M23 travaille en réalité pour l’annexion de deux provinces du Kivu (Nord-Kivu et Sud-Kivu) par le Rwanda, et de la Province Orientale par l’Ouganda. La nouvelle pièce de théâtre de Kampala n’a d’autre visée que d’endormir davantage ceux des Congolais qui rêvent de résistance active et de « libération » de la mère patrie du joug « colonial » rwando-ougandais, quelles que puissent les vicissitudes du moment.

S’il est vrai que la RDC a perdu une « bataille » et que la « guerre » continue, aucun Congolais soucieux de la reconquête de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire national, ne devrait donner le moindre crédit au chapelet de bonnes intentions suscitées par la réunion de Kampala. Nos compatriotes devraient tirer de la comédie de Kagame et Museveni des enseignements utiles pour ne plus se tromper de cibles ni d’amis.

          Kimp

 

 

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