Gécamines : mauvais signal pour les affaires

Une vue des installations de la Gécamine. Reuters/Ph. David LewisAvec le lourd passé qui lui colle encore à la peau, la République Démocratique du Congo a besoin d’avocats vertébrés pour la défense de sa cause devant les milieux d’affaires internationaux. C’est le sens à donner à la difficile campagne de persuasion menée par le Premier ministre Augustin Matata et le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, ces deux dernières semaines au pays de l’Oncle Sam. Il n’a pas été facile, pour l’un et l’autre, de convaincre les investisseurs d’Amérique et d’ailleurs, de mettre en jeu leur argent dans des partenariats gagnant-gagnant avec l’Etat congolais.

 Il a fallu, pour ce faire, non seulement présenter des indicateurs politiques, économiques, financiers, sociaux et juridiques dignes de foi, mais aussi les confirmer par des témoignages des experts de la Banque Mondiale basés en territoire congolais. En principe, le Congo démocratique ressemble à un justiciable en sursis, dont la moindre pourrait entraîner avoir des conséquences dramatiques.

Aussi s’inquiète-t-on, dans plusieurs milieux politiques et financiers, du mauvais signal parti de la Gécamines (Générales des Carrières et des Mines). L’affaire du projet de cession de 20% des parts sociales que détient cette société dans KCC (Kamoto Copper Compagny) commence à faire grand bruit, négativement. Les soupçons de corruption ont pris solidement corps depuis qu’un officiel a fait part à la presse de l’ignorance totale, par le gouvernement, de l’initiative prise délibérément par le Comité de gestion de cette « société commerciale » relevant encore du Portefeuille de l’Etat congolais.

Cette transaction dont la transparence est sujette à caution, risque de remettre en cause le travail de titan abattu tout récemment par Matata et Kitebi aux Etats-Unis d’Amérique. A partir des doutes qui pèsent sur cet appel d’offres, la voie est largement ouverte aux spéculations et à une contre-publicité pour la République Démocratique du Congo. Le dossier tombe d’autant mal qu’un rapport d’Africa Progress Panel publié il y a quelques mois, fait état du bradage par la Gécamines de plusieurs de ses permis miniers jusqu’à 6 fois moins de leur valeur marchande, provoquant un manque à gagner de 1,36 milliards de dollars américains.

Les observateurs craignent que l’affaire KCC soit une nouvelle arnaque pour l’Etat congolais, dont les mines représentent jusque-là la principale source d’entrée des devises étrangères.

Les bailleurs de fonds extérieurs pourraient mal prendre un nouveau tripatouillage des ressources naturelles congolaises, dans un pays qui se bat bec et ongles pour obtenir des appuis financiers pour son développement.

Ce serait contradictoire de se livrer à un gaspillage des moyens internes capables de financer des projets de développement et de continuer à tendre éternellement la main vers l’extérieur.

Dans l’hypothèse où ce qui se trame en coulisses à la Gécamines se confirmerait, les discours des officiels congolais sur la bonne gouvernance et l’amélioration du climat des affaires vont davantage susciter le doute alors que l’objectif visé est d’amener les investisseurs encore hésitants à s’engager à fond dans de nouveaux partenariats avec l’Etat congolais.                           Kimp

One Comment

  1. Quelle est la pire période que la GECAMINES ait connu ?
    Et aujourd’hui quels sont les indicateurs du bon fonctionnement, de la bonne production, et d’une bonne gestion financière de la GECAMINES ?
    Pourrait-on esperer le retour de la GECAMINES comme grand acteur de l’économie de la RDC

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