Le gang du CIS-Bandal frappe encore !

Début juin, la presse kinoise s’était émue à la suite d’une opération coup de poing effectuée par le Centre d’Impôts Synthétiques de Bandalungwa, dont les agents avaient déferlé sur la commune, fermant boutiques, échoppes et «ligablos » au nom d’un impôt dont la nature n’a toujours pas été précisée à ce jour. On se rappelle que l’Hôtel de Ville s’était également ému, le Gouverneur André Kimbuta Yango allant jusqu’à taper du poing pour marquer son mécontentement.a

            On avait alors cru l’affaire terminée après le coup de gueule de l’autorité urbaine. C’était sans compter avec  l’esprit du gain facile qui habite certains de nos fonctionnaires et agents de l’Etat. Depuis le début de cette semaine, en effet, le gang du CIS-Bandal s’est de nouveau signalé avec des «invitations à payer» lancées à tour de bras, accusant ses victimes de ne s’être pas acquittées de leur «obligation fiscale en rapport avec l’Avertissement Extrait de Rôle (AER) déposé par les Huissiers Fiscaux (OPJ) d’une part et/ou la main levée partielle accordée après fermeture provisoire de votre Etablissement d’autre part.»

            Avec cet aplomb bien connu du parfait délinquant congolais, l’invitation poursuit : «Ainsi donc, vous devez au Trésor Public au titre du Solde 100.000 FC payables dans les 48 heures qui suivent la réception de la présente. Faute par vous d’obtempérer à cette exigence, je me verrai dans l’obligation de procéder à la Fermeture Provisoire par Apposition de Scellé de votre Etablissement conformément à la loi en vigueur jusqu’au paiement total de votre créance due au Trésor Public.» De quelle loi s’agit-il donc ?

            Datée du 20 octobre 2014, l’invitation est signée par le Chef de Bureau Mabaya Mandungu. Le digne Receveur des Impôts qui ne sait apparemment pas ce que signifie une note de perception oublie, au même moment, d’indiquer le numéro du compte dans lequel la fameuse créance due au Trésor Public doit être versée. On peut imaginer pourquoi.

L’autorité de l’Hôtel de ville contestée

            La question qu’on se pose à Bandalungwa depuis le début de la semaine est de savoir pourquoi, après avoir tapé du poing en juin dernier, l’Hôtel de ville se tait désormais dans toutes les langues.  Comme si le coup de gueule alors lancée par André Kimbuta Yango n’avait servi qu’à calmer les pleurs et les grincements de dents de la population avant de la laisser, plus tard, à la merci du gang du CIS-Bandal.

            On se souvient pourtant qu’il y a quelques mois, l’affaire avait fait l’objet de frictions entre l’Hôtel de Ville et la DGI, l’autorité urbaine  expliquant que les vendeurs de quartier étaient déjà assujettis à la patente, dont la campagne de recouvrement avait alors été annoncée pour le mois de juillet !

            Preuve que toute cette histoire n’est finalement qu’une triste aventure destinée à se faire du sucre sur le dos du petit peuple, on se souvient qu’au mois de juin, toute la troupe du CIS-Bandal s’était retrouvée,  après sa razzia,  à la terrasse appelée «Eyi Siki Siki», où la bière avait coulé à flots jusqu’aux petites heures.

            Il reste que pour le petit peuple en quête de moyens de survie, mais obligé de subir la cupidité d’agents indélicats,   cet impôt sans nom est non seulement illégal mais aussi prohibitif. Que ces mêmes fonctionnaires ne disposent pas d’un ordre de mission signé par l’autorité compétente illustre, par ailleurs, la tendance criminelle de nos administrations à vouloir se faire de l’argent facile à n’importe quel prix et sur le dos des plus vulnérables d’entre nous.  Un impôt de 30.000 à 100.000 francs congolais en échange d’un simple bout de papier valant reçu, assorti de menaces pour soumettre les victimes, n’est rien d’autre qu’un racket organisé. A l’Hôtel de ville d’ouvrir l’œil, et le bon !

Amba Nkuamba

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