Freedom For Journalist : des alerteurs provinciaux se professionnalisent à Kinshasa

Durant deux jours, du 10 au 11 octobre 2013 au Continental House de Lingwala, des correspondants provinciaux, membres de l’organisation non gouvernementale, Freedon For Journalist, sont en session de formation sur la rédaction des alertes. A en croire les organisateurs, son objectif est d’abord de renforcer les capacités de ces correspondants, de les autonomiser ensuite, et enfin d’obtenir la rapidité dans l’envoi des alertes au niveau de Kinshasa. « C’est important de les doter des outils convenables car l’exercice devient difficile lorsqu’il faut se défendre sur les fautes que commettent certains d’entre nous, principalement ceux qui ne maitrisent ni les règles éthiques et déontologiques ni les réflexes professionnels d’un homme des médias… » a appuyé Désiré Israël Kazadi, directeur exécutif de FFJ.

Session appuyée par l’ONG sud-africaine OSISA, elle a été rehaussée par la présence du secrétaire général de l’Union nationale de la presse du Congo(UNPC), Joseph-Boucar Kasonga Tshilunde, ainsi que du président de l’Observatoire des médias congolais(OMEC), Polydor Muboyayi Mubanga.

Au nom de l’organe national de la presse, Kasonga Tshilunde a fait remarquer le contexte dans lequel cette activité est organisée : au moment où la corporation bataille durement pour l’adoption du projet de loi sur l’accès à l’information et, surtout, celle sur la dépénalisation des délits de presse.

En effet, a-t-il souligné, en nous investissant pour que les délits de presse soient dépénalisés, notre souci est de voir le journaliste fautif sanctionné par ses pairs jusque même à la radiation si la faute commise est lourde, et non être jeté en prison comme un malfrat par un « aventurier » qui a eu la chance de se voir bombarder d’une fonction politique et qui en abuse. « Voilà pourquoi les forums de ce genre nous paraissent très importants car, ils nous permettent d’inviter, haut et fort, nos confrères et consœurs, particulièrement ceux de la presse écrite, à traiter l’information avec professionnalisme, mais surtout à coopérer avec les organisations professionnelles des médias pour ne pas donner l’impression que dépénaliser les délits de presse équivaut à considérer les journalistes comme des chiens enragés errant dans le quartier, prêts à mordre même son chef, impunément »

Pour sa part, le président de l’OMEC a abondé dans le même sens en faisant savoir que la seule façon pour les journalistes d’éviter de donner raison aux « prédateurs de la presse », c’est de s’assurer du respect des règles déontologiques (prendre en compte les droits des uns et des autres, s’en tenir à la véracité des faits, respect des règles de l’art, etc.). « Nous ne sommes pas là pour accorder une prime aux médiocres ! Nous, la corporation toute entière, allons nous lever s’il s’agit réellement des brimades à l’endroit des vrais journalistes et qui ont diffusés dans le respect des règles… » a-t-il précisé, tout en chargeant les récipiendaires de la mission de sensibiliser leurs pairs dans leurs provinces respectives.

            Martelant sur la mission pédagogique des journalistes, Polydor Muboyayi a rappelé aux correspondants de FFJ que le métier de la presse est codifié et nécessite une protection. « Nous ne devons pas donner l’impression que tout est permis aux journalistes ! Rassurez-vous que les gens vous défendez sont reconnus ! Qu’ils intériorisent même le Code déontologique. C’est en ce moment-là que nous allons nous mettre débout et les défendre… » a-t-il lancé.

            Il convient de signaler que ce sont deux éminents orateurs, Georges-Jérémie Wawa et Emmanuel Kabongo, qui dispensent la formation à la dizaine des correspondants de FFJ présents à Kinshasa.

Tshieke Bukasa

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