Fraude douanière au Katanga : le gouvernement se saisit du dossier : P. Kitebi instruit par le Premier ministre

kitebiLes pressions de la société civile, notamment les correspondances des ongs de défense des droits des consommateurs adressées aux autorités tant nationales que provinciales, commencent à porter des bruits.
Après l’arrestation du cerveau du réseau maffieux opérant dans le secteur douanier au Katanga, suivie de son déferrement devant la justice, le gouvernement central s’est enfin saisi du dossier. C’est lors de la réunion de la troïka stratégique tenue le lundi 27 octobre dernier sous la direction du Premier ministre, que des mesures ont été prises sur ce dossier de fraude douanière dans le Katanga.
Le Premier ministre a instruit, à ce sujet, le ministre délégué aux Finances de prendre des mesures urgentes face aux dysfonctionnements qui minent les régies financières en général, et la direction provinciale de la DGDA/Katanga (Direction générale des douanes et accises) en particulier.
Présentant son rapport de mission effectuée au Katanga à la troïka stratégique présidée par le Premier ministre, le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, a fait état des dysfonctionnements qui minent les régies financières nationales. Et cela a été relevé par l’Inspection générale des finances, soutient le ministre des Finances. Il importe de signaler que sa mission dans cette province était justifiée par une « léthargie observée dans la mobilisation des recettes ».
A l’occasion, le ministre délégué aux Finances a reçu de la troïka, l’autorisation de sévir afin de remettre de l’ordre dans les régies financières du Katanga. Les mesures à prendre visent à optimiser la gestion des ressources humaines et la prise en charge des opérations de collecte des recettes.
Les analystes notent que le gouvernement Matata a pris le temps nécessaire, après l’arrestation du cerveau moteur de la maffia le sieur Boni Lititiyo, pour étudier le dossier avant d’agir.
On rappelle, à ce propos, que les autorités ont été alertées par de nombreuses correspondances provenant tant du secteur privé que des organisations de défense des droits des consommateurs et de lutte contre la corruption.
Du côté du patronat, la FEC/section du Katanga (Fédération des entreprises du Congo) avait écrit à maintes reprises pour dénoncer de mauvaises pratiques qui régnaient dans les régies financières. Dans ces correspondances, la FEC dénonçait notamment l’existence d’une nouvelle catégorie des « douaniers déclarants, Dodé ». C’est-à-dire certains agents de douanes véreux s’étaient tapé le luxe de créer des agences en douane. Alors que cela est prohibé par le Code des douanes !  A la tête du réseau, Boni Lititiyo, inspecteur douanier de son état.
A leur tour, deux ongs de défense des consommateurs et de lutte contre la corruption, avaient écrit en date du 2 octobre 2014 au ministre délégué aux Finances pour dénoncer les mêmes faits en invitant le gouvernement à prendre ses responsabilités face à la situation. Il s’agit de la LICOCO (Ligue congolaise de lutte contre la corruption) et les RND (Ressources naturelles pour le développement).
«Nos deux organisations, tout comme, la majorité des organisations de la société civile qui ont eu à enquêter sur cette question, ont eu à plusieurs reprises, dénoncé ce qu’elles considèrent comme une fraude douanière à grande échelle qui lézarde le climat des affaires au Katanga, alors que votre gouvernement s’est déjà engagé dans une lutte contre la fraude afin maximiser les recettes de l’Etat. Malheureusement, aucune enquête sérieuse n’a été menée pour aboutir aux sanctions destinées à décourager ces pratiques vicieuses », pouvait-on lire.    Dom

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