François Muamba et Cie lancent l’ADR

Face à la lenteur judiciaire et au temps qui presse en rapport avec la tenue des élections générales, dont la présidentielle et les législatives nationales prévues le 28 novembre 2011, François Muamba et compagnie décident de jouer au réalisme politique. C’est la raison de la création de l’ADR (Alliance pour le Développement et la République), une plate-forme politique sous le label de laquelle les membres se présenteront à différents niveaux de scrutins. Sauf, la présidentielle où l’ADR indique qu’elle ne présentera pas de candidat.

Son combat ultime est le prochain parlement que la plate-forme voudrait voir jouer pleinement son rôle. L’annonce a été faite hier dimanche 10 juillet, à l’hôtel Sultani. La sortie officielle interviendra le mercredi 20 juillet 2011. L’ADR regroupe des personnalités politiques, des leaders des organisations et associations de la société civile.

En refusant d’aligner un candidat à la présidentielle, l’ADR veut donner la leçon de sportivité politique à d’autres opérateurs politiques. C’est celle de savoir qu’il n’y a pas que la magistrature suprême pour servir le pays. On peut parfois mieux le faire à d’autres niveaux de responsabilité.
Annonçant la création de l’ADR aux journalistes, François Muamba a indiqué qu’à travers ce mouvement dont il s’est vu confier la lourde responsabilité de diriger par ses collègues, l’objectif visé est le renforcement des capacités de la grande famille de l’opposition, afin de rencontrer les attentes profondes des Congolais.

Car, a-t-il expliqué, déçu par la gestion calamiteuse du régime en place, le peuple congolais est dans sa grande majorité assoiffé du changement. Et ce changement, c’est l’opposition qui l’incarne et qui doit le matérialiser.
Face aux querelles intestines au sein de l’opposition pour désigner un candidat, il dit que la situation actuelle n’est pas une fatalité en se montrant optimiste pour la juguler. Toutefois, il trouve normal que les gens expriment librement leurs ambitions ou prétentions politiques. Et qu’avant détermination de chacun pour donner satisfaction aux préoccupations du peuple, l’attente est toujours possible.

A la question de savoir si le dénouement judiciaire tournait en faveur de son camp, que fera-t-il du MLC ? Réponse de F. Muamba : « tout logiquement, je l’amènerai dans l’ADR qui est une plate-forme». Quelques leaders politiques étaient aux côtés de François Muamba lorsqu’il faisait la lecture de l’annonce. Il s’agit de Constant Ndom Nda Ombel, Elvis Mutiri wa Bashara, Alex Kande Mupompa, Faustin Kambala (cadres du Mlc signataires du mémo  qui soutient François Muamba), Paul Kapita Shabangi, Docteur Ngandu Kabeya, etc.
Le gros des membres sera présenté lors de la sortie officielle annoncée pour le 20 juillet prochain.

Ci-dessous l’intégralité du message de F. Muamba :

Dom

CONFERENCE DE PRESSE DE FRANçOIS MUAMBA

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,

Conformément aux dispositions pertinentes de notre Constitution, la République Démocratique du Congo, notre cher et beau pays, a de nouveau rendez-vous avec l’histoire en cette année 2011.
En effet, après les premières élections démocratiques de 2006 qui ont permis l’instauration de la Troisième République, notre peuple est de nouveau appelé aux urnes. Selon le calendrier publié par la Commission Electorale Nationale Indépendante, « CENI », les Congolais vont élire au mois de novembre de cette année, le Président de la République et les Députés nationaux.

Cependant, à trois mois de cette importante échéance, force est de constater que cinq ans après les élections générales de 2006, les immenses espérances suscitées par ces suffrages sont malheureusement en deçà de ce que le peuple attendait. Aujourd’hui, l’espoir semble avoir cédé au désespoir, au point que s’est installé dans tout le pays, un climat de doute et d’incertitude, ainsi qu’une espèce de morosité et de malaise profond.

En effet, en se rendant aux urnes en 2006, le peuple congolais espérait que le Gouvernement issu de ces élections démocratiques, fort de sa légitimité, allait se donner la capacité de construire une véritable économie nationale, créer des richesses et des emplois, instaurer la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire, faciliter l’accès aux soins de santé, fournir I’eau potable et l’électricité, bref transformer l’ensemble de l’espace Congo en un endroit où il fait bon vivre.
Or, rien de tel n’a malheureusement été réalisé au bout de ces 5 dernières années.

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,
Le malaise qui s’est installé dans notre pays tient également à l’opacité de l’offre politique, en rapport avec les échéances électorales de cette année. En effet, le calendrier de la CENI prévoit d’organiser le 28 novembre prochain une élection présidentielle à un seul tour, couplée au scrutin législatif pour la désignation des Députés nationaux. Mais, à ce jour, les Congolais ne comprennent toujours pas grand-chose à ce qui va se passer : le fichier électoral n’est pas prêt. Le processus d’enrôlement se déroule encore dans des conditions à ce point confuses, qu’il pose le problème de sa sincérité’ au risque même d’alimenter les sources de la contestation des résultats électoraux à venir.

Par ailleurs, la CENI est censée, par son calendrier, convoquer le corps électoral à partir du 4 août prochain, alors même que la loi électorale attend encore ses annexes qui ne seraient finalisées par le Parlement qu’au-delà du 15 août 2011’ en lieu et place de la date du 27 juillet initialement prévue ! Dans ces conditions, les délais arrêtés par la CENI pour la tenue de ces élections seront-ils tenus ?
Dans la négative, à quoi les Congolais doivent-ils s’attendre?

Pour calmer les esprits et cheminer vers des élections apaisées que le peuple appelle de tous ses voeux, qui du Chef de l’Etat, du Gouvernement, de la Majorité, de l’opposition ou de la CENI doit faire quoi ? Le souhait est’ bien entendu, que chacun de ces acteurs assume pleinement ses responsabilités’ en vue de faire aboutir avec succès le processus électoral en cours- Peut-être faudrait-il, que de nouvelles énergies se joignent à ces efforts pour replacer
l’église au milieu du village et apporter des réponses adéquates aux préoccupations de notre peuple.

Mesdames et Messieurs
Chers compatriotes,
Il convient également de signaler l’épais brouillard qui pourrait obscurcir l’horizon post-électoral. En  effet, devant une élection présidentielle à un seul tour et un scrutin proportionnel pour les législatives, on peut se demander par qui le pays sera gouverné demain, avec qui, sur base de quelle vision et avec quelle majorité ?

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,
Il faut malheureusement constater que pendant ce temps, dans l’Opposition, hormis |’expression de fortes ambitions, sommes toutes légitimes, voire de querelles intestines, indignes de celle-ci, nous n’arrivons pas à offrir à notre peuple une image cohérente d’une force capable de générer le changement attendu par l’immense majorité des Congolais. Cependant, une telle posture n’est pas une fatalité. Ici est maintenant nous pouvons changer cela.

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,

C’est pourquoi :
– Considérant, d’une part, qu’aux yeux des Congolais, l’Opposition est investie d’une mission particulière, celle de forger, y compris dans la douleur, les termes de référence d’une alternance politique crédible pouvant conduire au changement qu’attend notre peuple ;
considérant, d’autre part,que mon parcours personnel autant que l’éminence des responsabilités d’Etat qu’il m’a été donné d’exercer par le passé et celles qui sont les miennes à ce jour au sein de l’Opposition;

Et tenant compte de tout ce qui précède ;
Je me fais l’obligation ce jour – comme j’ai eu à le faire à tous les tournants importants de l’histoire de notre pays depuis 1980 de prendre mes responsabilités et, par conséquent, toute disposition utile que la gravité de la situation actuelle requière, afin de participer une nouvelle fois’ au renforcement des capacités de la grande famille de l’opposition politique à rencontrer les attentes profondes des Congolais.

Le chemin critique pour la réalisation d’un agenda aussi noble  postule avant tout le rassemblement de tous les patriotes, de toutes les forces vives de la Nation qui refusent un Congo qui mendie à genoux la jouissance de ses propres ressources, mais aussi de tous les Citoyens qui sont déterminés à transcender les clivages politiciens pour privilégier I’intérêt général, et doter la République Démocratique du Congo d’une réelle capacité de gouvernance.
Pour toutes ces raisons, j’ai l’honneur et la joie d’annoncer la naissance dans les tout prochains jours, d’une Plate-forme politique dénommée « ALLIANCE POUR LE DEVELOPPEMENT ET LA REPUBLIQUE », ADR en sigle, que j’aurai l’avantage de conduire.

Ce regroupement des Partis politiques, des personnalités, des organisations et associations de la société civile sera ouvert à la participation de tous ceux qui, comme moi-même, refusons la fatalité de la misère qui semble être devenue l’apanage de notre Patrie. A tous ceux qui me font confiance pour contribuer, ensemble, à remettre la maison Congo sur les rails d’un progrès partagé par tous, à tous ceux-là; je souhaite d’ores et déjà la bienvenue et leur indique que la cérémonie qui fera porter l’ADR sur les fonts baptismaux est fixée au mercredi 20 juillet prochain, suivant le programme détaillé qui sera publié en temps utile.

Mesdames et Messieurs,
Chers Compatriotes,

Désormais lorsqu’on vous demandera : ADR ?
La réponse sera : Oui, j’adr avec François Muamba
Je vous remercie

Fait à Kinshasa, le 10 juillet 2011

  

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