Fouille sans résultat chez Olenghankoy

Dans un communiqué daté du dimanche 20 juin et portant la signature de leur Secrétaire Général Adjoint, le député national Emery Okundji, les Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité (Fonus), dénoncent la perquisition illégale de leur siège par des militaires, sur l’avenue de l’Enseignement n°130, dans la commune de Kasa-Vubu. Selon le document déposé à la Rédaction du Phare par le parti de Joseph Olenghankoy, son président national, trois jeeps de marque Land Cruiser dites « Don du Koweit », bondées de militaires, ont fait irruption au siège des Fonus le samedi 19 juin 2010 vers 5 heures du matin. Après avoir forcé la grille principale, ces militaires ont interdit toute circulation sur l’avenue de l’Enseignement, entre le bar Métropole et l’Ecole Simenon.

En dépit de la résistance des combattants chargés de la sécurité des lieux, qui voulaient connaître la raison d’une visite aussi inamicale et matinale, les « assaillants », sans mandat de perquisition, ont pénétré de force dans la concession et se sont mis à fouiller la propriété des Fonus de fond en comble. Selon leurs dires, ils étaient à la recherche d’armes qui y seraient cachées.

Au terme d’une longue fouille, aucune arme n’a été trouvée. A en croire l’honorable Okundji, à la fin de leur chasse infructueuse aux armes, les militaires se sont saisis, avant leur retrait, d’un combattant nommé Damas et l’ont embarqué dans l’une des jeeps. Mais, comme dans une saynète, ils l’ont relâché quelques minutes après leur départ.

 Les déclarations d’Olenghankoy sur Chebeya en cause ?

On sait qu’à la veille de la fête commémorative des 50 ans d’indépendance de notre pays, le périmètre du boulevard Triomphal, où devrait se dérouler le défilé du 30 juin 2010, fait l’objet d’une surveillance particulière de la part des services spéciaux. Mais, lorsque la première cible s’appelle siège des Fonus et que l’objet de l’attention particulière qu’on lui porte a trait aux armes, celle appelle des interrogations.

Et, sur ce terrain, d’aucuns sont tentés de faire un lien entre l’incident de samedi et les déclarations faites par le président des Fonus il y a trois semaines, à partir de l’étranger où il séjourne, en réaction à la mort de Floribert Chebeya, Directeur Exécutif de la Voix des Sans Voix. Très indigné par la disparition d’un activiste des droits de l’homme qu’il connaissait fort bien et pour qui il avait beaucoup de respect, le fougueux opposant politique n’y est pas allé par quatre chemins pour estimer que des autorités congolaises avaient une large part de responsabilité dans l’élimination physique de l’intéressé.

Une telle accusation, a certainement été mal accueillie à Kinshasa, où les décideurs politiques n’ont cessé d’affirmer et réaffirmer leur volonté de faire éclater la vérité et où la rafle et l’interpellation des premiers suspects, et non des moindres, ont déjà eu lieu. Mais, quel rapport avec Chebeya et l’existence d’une cache d’armes éventuelle chez les Fonus ? Ici, il est difficile de donner une réponse.

Le fait que les éléments en uniforme qui sont allés perquisitionner au numéro 130 de l’Enseignement, à Kasa-Vubu, n’ait rien trouvé, pousse Olenghankoy et les siens à crier à la violation de leurs droits en tant que formation politique légale et pacifiste. « Face à ce comportement », lit-on, « les Fonus rappellent à l’opinion qu’elles demeurent un parti politique de l’opposition congolaise non armée, avec pignon véritable sur rue, qui a lutté et continue de lutter avec des moyens et méthodes démocratiques, au vu et au su de tous, pour l’avènement d’un Etat congolais réellement démocratique ».

Les Fonus rappellent, par la même occasion, les dispositions de la Constitution qui stipulent, à l’article 188, que « Les Forces Armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation tout entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile ».

Quant à l’article 187,  il dispose qu’ « elles ont pour mission de défendre l’intégrité du territoire national et les frontières ».

L’honorable Okundji a déplore la bavure militaire de samedi au siège de son parti, d’autant qu’elle intervient à la veille du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, moment propice à la réconciliation et à la paix des cœurs au sein de la société congolaise.

Jacques KIMPOZO

 

 

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