Fiscalité zéro sur le livre : Mashako « En dépit de l’engagement du Chef de l’Etat, le chemin est encore long »

Le comité de pilotage du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, présidé on le sait par le Chef de l’Etat, a souscrit en date du 17 septembre 2014 aux engagements sur la détaxation des coûts liés à la fabrication et à l’importation du livre en  RDC. Cet engagement de nos décideurs à booster la fabrication et la diffusion du livre dans notre pays, a été salué par les opérateurs culturels, hier mardi 14 octobre 2014, au Centre Wallonie Bruxelles « CWB ». Ils sont revenus sur l’historique du combat mené pour atteindre leur objectif. Didier Mumengi, le prof Makolo et autres membres du comité des opérateurs du livre, ont associé à cette réunion d’information, le ministre Maker, le coordonnateur adjoint du mécanisme de suivi de l’Accord d’Addis-Abeba, Léon Engulu, et l’ancien ministre de l’ESURS Dr Mashako Mamba et tant d’autres personnalités.

            Depuis trois décennies, a fait remarquer Makolo, les libraires, éditeurs, auteurs… étaient confrontés à un défi, à savoir, produire des manuels et autres ouvrages, en faciliter sa consommation. Défi qu’il fallait relever avec la mise sur pied d’une politique nationale du livre. Ces opérateurs culturels ont pour concrétiser leur rêve, lancé une série d’initiatives soutenues par certaines chancelleries et structures installées en RDC.

            Les bases de ce combat vieux aujourd’hui de cinq ans, ont été lancées au CWB. Les choses commencent à s’éclaircir, a-t-il ajouté.

            Le coordonnateur adjoint du mécanisme de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, Léon Engulu, a affirmé avoir pris part avec sa casquette d’auteur,  au séminaire atelier du mois de décembre 2009 au cours duquel les auteurs, libraires… ont réfléchi sur la problématique du livre en RDC. Et de préciser plus loin qu’en conformité aux engagements souscrits par Kinshasa dans la capitale éthiopienne en février 2013, les partenaires de la RDC ont accepté d’appuyer les réformes censées être faites par notre pays.  Cela s’est traduit du côté congolais par l’élaboration d’une matrice des critères de suivi et indicateurs de mise en œuvre comprenant 56 critères et 347 indicateurs couvrant les secteurs de l’armée, la police, la consolidation de l’autorité de l’Etat et autres.

Satisfaction mitigée

            L’engagement du comité de pilotage dans le domaine de l’éducation, précisément dans la mise sur pied d’une politique nationale du livre et de lecture comprend 8 indicateurs dont la mise en place d’une commission nationale  de livre et de la lecture pour l’élaboration d’une stratégie à court moyen et long termes visant à créer les conditions de diversité, de la création et de la diffusion des livres.

            Il s’agit aussi des mesures relatives à l’annulation des taxes et droits d’importation sur les livres quelque soit leur nature, ainsi que de celles  d’incitation fiscales à l’établissement des professions liées au livre.

            Ces mesures ne sont pas encore d’application, mais vont baliser le chemin pour la mise sur pied d’une politique nationale du livre  et de la lecture efficace dont les effets vont se faire sentir dans d’autres domaines de la vie.

            Paul Tete, animateur principal de la Bibliothèque urbaine de Kinshasa, a affirmé que contrairement à ce qui se dit, les Kinois lisent beaucoup. Et si les pouvoirs publics leur prêtent main forte, lui et ses collaborateurs vont essaimer des bibliothèques de proximité à Kinshasa.

 Le ministre Maker l’a contredit en expliquant que sur base du ratio  lecteurs et population, les statistiques flatteuses énoncées en ce qui concerne la lecture publique, doivent être relativisées. Il a pris pour exemple le cas des finalistes du primaire peu habitués à utiliser le livre et qui tombent des nues en voyant des textes saisis lors des épreuves de Tenafep. Beaucoup d’efforts doivent encore être fournis pour faire comprendre l’importance du livre au plus grand nombre de nos compatriotes.

            Dr Mashako Mamba, ministre honoraire de l’ESU, aujourd’hui député national, a dit à ses hôtes qu’ils vont pousser un ouf de soulagement si le projet de loi sur le livre venait à être promulgué par le Chef de l’Etat. Comme le budget 2015 est en train d’être débattu à l’Assemblée Nationale, ils ont intérêt à voir le Premier Ministre ou le président de l’Assemblée nationale pour faire aboutir leur projet d’ici 2015.

            Didier Mumengi, président du comité exécutif des opérateurs du livre et ses pairs et l’ont fait comprendre cela gentiment à  Engulu.

            Dans le communiqué final lu par l’écrivaine BestineKazadi, les membres du comité des opérateurs du livre Fumunzanza, Budimbani, Nadine Mundala…ont encouragé le gouvernement à mettre effectivement en œuvre cette politique du livre et pris l’engagement d’accompagner ce processus.

 Jean- Pierre Nkutu

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