Feuilleton Cohydro : la ministre du Portefeuille roulée dans la farine

Cohydro_logoMalgré l’arrestation de l’Administrateur Délégué de Cohydro, Ludjwera Birindwa, le vendredi 25 octobre par des limiers de l’ANR (Agence Nationale des Renseignements), suivie de celle de deux de ses complices le lundi 28 octobre, pour avoir fait perdre à sa société 10 millions de dollars dans une transaction maffieuse avec la firme LTI (Labohlano Trading Investments), la délégation syndicale-maison continue de défendre l’indéfendable. Alors que toutes les pièces du dossier indiquent que la fameuse cargaison de 12.500 Tonnes métriques de produits pétroliers attendue depuis juillet 2013 relève d’un tissu de mensonges, le réseau maffieux monté par ce mandataire suspendu de ses fonctions et placé au frais dans un amigo des services spéciaux n’en finit pas de rouler la ministre du Portefeuille dans la farine.

Le dernier mensonge en date concerne l’annonce de l’arrivée, le 15 novembre au port de Matadi, d’un pétrolier chargé de livrer à la Cohydro, les 12.500 Tonnes métriques fictives ayant déjà conduit en prison l’Administrateur Délégué Ludjwera et deux suspects impliqués dans la liquidation forcée de cette société commerciale. Dans l’espoir de gagner du temps, le réseau de l’ex-homme fort de Cohydro a laissé circuler la fausse information selon laquelle Labohlano Trading Investiments aurait cédé le marché à une autre firme sud-africaine et que la nouvelle partenaire de Cohydro était prête à honorer ses engagements au plus tard le 15 novembre 2013. D’où la sollicitation, auprès de la ministre du Portefeuille, d’un sursis devant courir jusqu’à l’échéance précitée.

Mais, des investigations menées rapidement aussi bien à Kinshasa qu’en Afrique du Sud ont démontré qu’il s’agit d’une nouvelle diversion, de nature à abuser de la bonne foi de la tutelle. Car, la prétendue nouvelle partenaire de Cohydro s’est révélée être un intermédiaire, qui devrait s’adresser à un second intermédiaire, qui à son tour devrait s’en remettre à un troisième puis un quatrième intermédiaire. C’est cette longue liste d’intermédiaires qui a finalement trahi les défauts de la cuirasse. Et, à chaque étape, il fallait libérer une plantureuse commission avant l’exécution de la commande. L’affaire puait l’arnaque car il s’est avéré que les fameux intermédiaires avaient des adresses suspectes, tantôt dans la commune de Limete à Kinshasa, tantôt  à Douala au Cameroun, ou encore à Pretoria en Afrique du Sud.

            La difficulté était de justifier pourquoi la Cohydro, qui a pour mission l’importation et la commercialisation des produits pétroliers pour le compte de l’Etat congolais, devait-elle s’adresser à des intermédiaires pour ses achats extérieurs, sur un marché où les offres de vente sont à la portée de n’importe quel client « liquide ». On laisse entendre que les « assassins » de Cohydro comptaient sur le flottement gouvernemental actuel et une probabilité de libération de Ludjwera avant cette fausse échéance pour brouiller davantage les cartes. Malheureusement pour eux, la neutralisation de ce mandataire et des personnes qui devaient signer le fameux nouveau contrat a fait capoter la manœuvre.

            En tournant retournant le dossier dans tous les sens, une chose est certaine, la ministre du Portefeuille, distraite sans doute au moment de la conclusion du contrat Cohydro-LTI, a été roulée dans la farine. Et le trésor public congolais a perdu 10 millions de dollars américains dans un contrat ficelé par des « Kuluna » en cravate. Si l’on y prend garde, la Cohydro, dont les stations-services sont fermées voici plusieurs mois, court tout droit à la faillite. Cette période où l’on attend la nomination imminente du Conseil spécial du Chef de l’Etat chargé de traquer les détourneurs des deniers publics, les adeptes de la corruption et de la concussion, les pilleurs des biens sociaux, le dossier Cohydro devrait être sérieusement creusé, afin que soient sanctionnés sévèrement tous les criminels économiques qui y sont impliqués.

Kimp

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