FARDC : l’ONU s’interroge sur les réseaux criminels

Le Conseil de Sécurité de l’ONU (Organisation des Nations Unies) a décidé, le lundi 29 novembre, de prolonger jusqu’au 30 novembre 2011, l’embargo sur les armes décrété depuis 2008 contre notre pays. Une précision de taille a été livrée à cette même occasion, à savoir que cette sanction s’applique exclusivement aux « groupes armés » et « entités » dont les activités sont jugées illégales. Cela veut dire, en clair, que le gouvernement légal de la République a la latitude d’acheter des armes dans le cadre de la défense du territoire national et de la sécurisation des personnes ainsi que leurs biens.

            L’Onu soupçonne cependant les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo) d’être gangrenées par des réseaux criminels et maffieux, spécialisés dans le trafic des minerais, d’armes et munitions. S’agissant de ces dernières, leurs « clients » patentés seraient les seigneurs des guerres maîtres des « forces négatives », nationales comme étrangères. Cette institution internationale ne s’explique pas l’activisme débordant et permanent des groupes armés en territoire congolais, alors que ceux-ci sont, en principe, coupés du marché international des armes, munitions et effets militaires, voici des années.

Selon ses experts, qui s’appuyent sur plusieurs rapports d’enquêtes menées sur le terrain, l’étonnante puissance de feu dont disposent des miliciens congolais et étrangers qui écument la partie Nord et Est du pays ne peut trouver sa réponse que dans leur connexion avec les réseaux criminels et maffieux opérant au sein de l’armée régulière. On rappelle à ce propos le reportage de la chaîne britannique BBC sur les cas de plusieurs officiers supérieurs des FARDC impliqués dans la contrebande minière et le trafic illicite d’armes de guerre et munitions au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, en toute impunité. 

Autorités politiques et militaires interpellées

            La mise à l’index par les Nations Unies, des réseaux criminels et maffieux présents dans les rangs des FARDC est une sévère interpellation pour les autorités politiques et militaires congolaises. Il leur appartient, dès lors, de prendre la pleine mesure d’une observation qui tend à leur imputer la responsabilité de l’insécurité qui refuse de disparaître du quotidien des contrées de l’Est et du Nord de la République.

            Pour que les responsables politiques et militaires congolais ne paraissent pas comme des complices ou des commanditaires d’une situation de ni guerre, ni paix qui semble se prolonger à l’infini, il leur faut ouvrir l’œil et le bon au sujet des commandes et livraisons d’armes, des stocks d’armes et de munitions consignés dans les magasins d’armement, des opérations de dotation des militaires en armes et équipements militaires, etc. Implicitement, la communauté internationale demande à notre pays d’exercer un contrôle plus étroit sur tout ce qui touche à l’arsenal militaire de nos forces armées.

On est convaincu, à l’ONU, que si les FARDC réussissent à verrouiller les gisements miniers ainsi que leurs circuits d’achat d’armes et munitions, les groupes armés nationaux et étrangers devraient s’affaiblir progressivement, jusqu’à cesser de nuire complètement dans un délai relativement court. 

Risque d’un nouvel embargo

            La RDC était sous embargo en matière d’importation d’armes et de munitions depuis l’époque de Mobutu, lequel était maintenu au moment de l’éclatement de plusieurs rébellions dans sa partie Est et Nord, en 1998. Cette sanction avait considérablement gêné la contre-offensive tant rêvée par feu Mzee Laurent Désiré Kabila, qui avait juré de « ramener la guerre d’où elle était venue ». Notre pays a donc intérêt à s’impliquer dans la logique de la tolérance-zéro, face aux brebis galeuses qui se sont infiltrées dans les phalanges de son armée, afin de ne pas tomber, dans une année, victime d’une nouvelle pénalité. Les autorités militaires et politiques nationales n’ont que 12 mois pour prouver à la communauté internationale, que les stocks d’armes et munitions de l’armée nationale sont sous contrôle, qu’elles ne servent pas à alimenter les activités des « forces négatives », internes et externes.

                                        Kimp.

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