FALSIFICATION DE L’HISTOIRE OU QUETE D’ESPACE ? : La CENI a incinéré des documents de vote de 2011

Ceni_1Des matériels et des documents électoraux ayant servi aux scrutins de 2011 ont été incinérés hier mardi 7 octobre 2014, par la CENI. Sans états d’âme. Ces précieux documents que l’on aurait valablement versés dans les archives nationales, pour préserver une partie importante de notre histoire électorale, sont partis en fumées. Non pas à la suite d’un incendie, mais par la volonté des dirigeants de la Commission électorale nationale indépendante dont on dit qu’ils sont en quête d’espaces libres pour entreposer de nouveaux matériels et documents.

 L’opération effectuée en présence des délégués de la justice, ne pouvait que susciter des larmes pour ceux qui connaissent la valeur des documents électoraux qui à n’en point douter, constituent des fragments de l’histoire récente des scrutins de la RDC. Ces témoignages documentaires ne seront plus consultés, car n’ayant pas été enregistrés sous d’autres supports, tels que des CD, cassettes, flash-discs et cartes mémoires que l’on peut stocker dans des espaces plus réduits.

            La perte est là, irréparable. Pour les historiens, le mal est fait. On peut le comprendre facilement, quand on sait que pour des fouilles archéologiques, les archéologues fouillent les tombes, recueillent les objets utilisés dans les anciennes civilisations disparues et reconstituent les modes de vie et tentent de percer le mystère de connaissances reculées.

            De nos jours, les chercheurs intéressés par les élections du passé, n’auront plus la possibilité de confronter certaines données leur communiquées par certains milieux politiques, aux témoignages documentaires. Plus rien n’est resté de documents et autres matériels utilisés par le pouvoir organisateur des élections en RDC.

            Certes, les CD de la CENI donnent les résultats. Encore faut-il que ces résultats soient appuyés par des documents établis par les différents bureaux de vote et bien conservés.

            Les questions que les observateurs se posent aujourd’hui sont multiples. D’abord, que proposerait-on aux historiens qui aimeraient savoir comment les documents électoraux, les bulletins de vote étaient remplis par des lettrés ou par des illetrés ?  Comment les agents électoraux remplissaient les rapports de vote avec les témoins des partis politiques ?  Et comment étaient établis les rapports de surveillance des opérations de vote par la police et autres services de la CENI ?

            Aujourd’hui, tous ces matériels et ces documents dont on ne se gêne pas de dire qu’ils étaient mal conservés, ont été incinérés. Une façon de dire que ce passé ne compte plus avec ses vestiges. Scientifiquement, on ne peut que s’en offusquer outre mesure et regretter le sort cruel infligé injustement à ces documents historiques. Tout ce gâchis, à cause de la quête d’espaces disponibles pour entreposer de nouveaux matériels et documents pour les prochaines échéances électorales.

            Et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, il est temps de sauver ce qui reste de cet ensemble documentaire entassé dans presque toutes les provinces. Ce n’est qu’après avoir converti ces documents en d’autres supports que l’on peut miniaturiser et bien conserver, que l’on peut songer à l’incinération, puisqu’il faut à tout prix détruire quelque chose.

            Dans notre pays, on nous reproche la destruction de documents historiques et la falsification de l’histoire. Par cette attitude, que peut-on léguer aux générations futures, la cendre des documents électoraux qui s’est envolée au moindre coup de vent ou emportée par les eaux de pluies ?

            La question reste posée !

J.R.T.   

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