Face à la fébrilité du marché, la BCC double la cure avec 25 millions de dollars

Le marché de change a connu une certaine fébrilité au cours du dernier trimestre de 2010 et les effets sont encore perceptibles au cours de ce mois de janvier 2011. Le taux de change affichait la première semaine entre 935 FC ou 940 FC le dollar, alors que des mois auparavant, le dollar s’échangeait contre 910 ou 915 FC. Et la tendance était à la dépréciation continuelle du Franc congolais.
Cette perturbation sur le marché de change a fait l’objet d’un examen particulier, d’abord au Comité de politique monétaire restreint, et ensuite au Comité de politique monétaire élargi à certains services de l’Etat, avant d’être inscrite à l’ordre du jour de la Troïka financière.

 

Dans le paquet de recommandations faites à la Banque centrale du Congo, il s’est agi de procéder à une intervention rapide sur le marché de change.

Au chevet du Franc congolais gagné par une fébrilité prolongée, l’autorité monétaire a aussitôt prescrit une première cure de 25 millions de dollars qui sera administrée le lundi 10 janvier 2011. Cette bouffée d’oxygène a épongé une grande partie des besoins exprimés par les banques commerciales estimés au départ à 33 millions de dollars. Le marché parallèle affichait un taux de change oscillant entre 915 et 918 Fc le dollar. Soit une légère appréciation de l’ordre de 0,29 %. C’est un très bon comportement, ont commenté les experts de la Banque centrale du Congo. Cette situation a été confirmée par le gouverneur de la BCC, lors de son point de presse de vendredi 16 janvier, à l’issue de l’évaluation faite par les membres du Comité de politique monétaire restreint.

C’était sans compter avec les spéculateurs demeurés longtemps à l’affût et qui n’attendaient que de telles opportunités pour gérer les devises injectées sur le marché, au gré de leurs intérêts. D’où cette résistance observée peu après. Car, le marché de change a réagi comme s’il n’y a pas eu lieu une intervention de l’Institut d’émission. Curieusement, le jauge des besoins en devises des banques commerciales a remonté jeudi dernier, à 13 millions de dollars, alors qu’ils devaient logiquement se situer à 8 millions de dollars. Ce qui aurait permis à l’Institut d’émission de réduire ses interventions sur le marché de change.

Malheureusement, le taux de change a enregistré une légère perturbation. Le dollar s’échangeait à la clôture de la journée de lundi 17 janvier, entre 930 et 938 Fc. Cette dépréciation de la monnaie locale a incité la BCC à intervenir une seconde fois sur le marché de change. C’est en effet, hier après-midi, que l’Institut d’émission a procédé pour la seconde fois consécutive à la vente des devises. Un pactole de 25 millions de dollars vendu au taux marginal de 918 FC le dollar.

Tout le montant a été rapidement aspiré par les banques commerciales dont on laisse entendre qu’elles n’ont pas exprimé tous leurs besoins en devises. Avec cette seconde opération de devises, on croit savoir que le marché de change va certainement réagir et que par conséquent, le taux de change pourrait connaître une tendance baissière, entraînant une légère appréciation du FC.

 

Objectif affiché : consolider la stabilité de la monnaie

 

A l’issue de ce marché d’adjudication, le gouverneur Jean-Claude Masangu a livré les termes de cette vente des devises dont le montant se chiffrait à 25 millions de dollars au taux marginal de 918 FC. Recommandation du patron de l’Institut d’émission aux banques commerciales : « gérez avec parcimonie, les devises que vous venez d’acquérir ! ».

Jean-Claude Masangu sait que la réussite des marchés d’adjudication repose sur la collaboration des banques commerciales.

Au cours du jeu des questions-réponses, il a décliné l’objectif poursuivi par ces marchés d’adjudication qui visent parvenir à la stabilité de la monnaie et rassurer le marché de change.

A la Troïka, le Comité de politique monétaire a réitéré ses principales recommandations, à savoir : poursuivre l’effort de resserrement de la politique budgétaire, vigilance et prudence dans la mise en œuvre de la politique monétaire. Et enfin, une meilleure gestion de la liquidité tant en monnaie locale qu’en devises.

A la question de savoir où irait la BCC avec cette opération de vente de devises dont on sait qu’elle ne devrait pas être permanente. Masangu Mulongo a rappelé que la BCC ne recourt à ce marché d’adjudication qu’en cas de besoin. Notamment quand il s’agit d’apporter une bouffée d’oxygène sur le marché de change, ou d’éponger l’excédent de liquidités.

A l’inverse, il arrive aussi que l’Institut d’émission soit amené à acheter des devises sur le marché, si nous avons épuisé un certain niveau de réserves internationales.

Enfin, interrogé sur l’impact de cette seconde intervention de l’Institut d’émission, il a fait savoir qu’il faut attendre la fin du mois de janvier, pour évaluer le comportement du Franc congolais. Ce sera à l’issue du Comité de politique monétaire.

J.R.T.

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