Face à la crise économique, l’ambassadeur de la Grèce préconise un nouvel accord avec l’UE

greek_2 A l’occasion de la présidence du Conseil des ministres de l’Union européenne revenant à son pays, l’ambassadeur de la Grèce en RDC, Dr Alexandre Catranis, en collaboration avec le Bureau de l’Union européenne à Kinshasa, et son collègue Jean-Michel Dumond, a organisé, hier mercredi 14 mai 2014, au Fleuve Congo Hôtel,  une conférence-débat sur deux sujets de brûlante actualité.

         Au cours de la première conférence, l’ambassadeur Alexandre Catranis qui est professeur d’université, a entretenu l’auditoire composé de nombreux intellectuels, des professeurs d’université et des étudiants de plusieurs institutions d’enseignement supérieur et universitaire de Kinshasa, des diplomates et des journalistes, sur  «  La crise économique en Grèce et la réponse de l’Union européenne : Stabilité – Croissance et cohésion sociale ».

         A travers une esquisse, il a présenté les articulations de la crise économique qui a secoué son pays et dont ce dernier tente avec l’appui de la troïka ( Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Union européenne), de s’en sortir grâce aux plans d’ajustement structurel.

         Le professeur Alexandre Catranis a reconnu que les différents gouvernements qui se sont succédé en Grèce, avaient commis des erreurs. Et c’est le chômage des jeunes touchant la majeure partie de la population hellénique qui a provoqué plusieurs manifestations. Le gouvernement a initié alors des accords avec les instances de l’Union européenne. Plusieurslignes  de crédits lui ont été consentis pour l’aider à sortir la tête de l’eau.

         Mais ce sont des mesures d’austérité lui prescrites qui se sont révélées très contraignantes et insupportables pour une grande partie de la population, d’où l’organisation de manifestations de protestation. Entre autres mesures, il a cité la réduction des effectifs de plus de 15 % dans la Fonction publique, l’abaissement des salaires minimals, la fiscalité revue à la hausse de plus de 15 % à 23 %, l’ouverture des entreprises grecques à la concurrence et la privatisation des entreprises de vente de terrains.

         Cette cure d’austérité a permis quelques améliorations de la situation sur les plans du PIB, du chômage, du déficit et de la dette. Et le chômage de la jeunesse prend plus de 60 %.

         Le professeur Alexandre Catranis a en outre relevé que son pays a prouvé que l’Union européenne fonctionne et qu’il est devenu un atelier d’endurance et de perspective de l’Union européenne, selon l’expression chère à un Premier ministre

Dans une approche classique, il a relevé plusieurs points majeurs dont une ère méta-démocratique, la financialisation de l’économie, la migration du capital productif, l’autonomisation de la finance, et le rôle des banques et de nouveaux produits financiers.

         L’Europe en action est intervenue au chevet de la Grèce avec des avantages, mais aussi des inconvénients. La Grèce a perdu sa souveraineté au profit d’une souveraineté partagée. Sur le plan économique, l’union économique et monétaire a été plus active, favorisant une mobilité des capitaux dans le travail productif, la communauté des déficits et la communauté des responsabilités, l’abstinence par rapport aux politiques intégrées, pas de création de nouvelles liquidités et pas de fuite des capitaux du centre vers la périphérie.

         Pour terminer, il préconise un nouvel accord avec son pays pouvant aider la Grèce à poursuivre ses réformes et à envisager l’avenir avec plus d’optimisme.

Dans ses commentaires, le professeur Matthias Buabua wa Kayembe a invité les intellectuels à s’inspirer de la situation de la crise économique grecque. Les paramètres présentés par l’ambassadeur de la Grèce donne la mesure des efforts déployés et des sacrifices consentis. Devant tirer les leçons de la crise européenne, il a recommandé la création d’un tissu économique pour répondre à la crise. Et pour faire face au référentiel de cette crise, mettre un accent sur la politique de promotion des investissements, l’amélioration du climat des affaires, et renforcer la sécurité juridique et judiciaire.

         Demain, nous reviendrons en détails sur la seconde conférence de la journée, intitulée « L’Europe devant le défi de la migration internationale » et donnée par le Dr Alexandra Tragakis.

                                                                                                          J.R.T.

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