Exploitation artisanale de l’or à l’Est du pays : des acheteurs qualifiés de criminels

 

            Comme annoncé, l’Observatoire des ressources naturelles en Afrique australe (SARW) a rendu public hier jeudi 15 novembre 2012, à l’hôtel du Fleuve, son nouveau rapport intitulé : « De l’or des conflits à l’or criminel : la nouvelle face de l’exploitation artisanale de l’or du Congo ». Me Georges Bokondu, directeur-pays de SARW, a déclaré qu’il y avait un moment où les carrières des mines étaient contrôlées par des milices ou des seigneurs de guerre, mais aujourd’hui, dans la plupart des carrières des mines à l’Est du pays, il n’y a plus de milices. Mais les conditions de vie des creuseurs artisanaux ne s’améliorent pas, tout simplement parce que ceux qui viennent acheter de l’or imposent leurs prix et de ce fait ils extorquent pratiquement l’or pris par les creuseurs artisanaux.

            Devant plusieurs personnalités de la société civile nationale et internationale, ainsi que des représentants du ministre des Mines et de certains services de ce ministère, le directeur-pays de SARW a indiqué que ce rapport est le premier d’une série à publier sur les différents aspects de l’exploitation de l’or en Rd Congo.

            Il a signalé que le rapport a été réalisé sur 10 mois de recherche auprès des communautés d’extraction de l’or dans quatre provinces à savoir la Province Orientale, le Maniema, le Sud et le Nord-Kivu. 12 chercheurs congolais et un expert de renommée internationale ont indiqué dans le rapport que les mineurs d’or dans la partie orientale du pays, produisent presque toute la quantité d’or de la région mais n’ont pas profité des améliorations notables malgré les évolutions du contexte économique et sécuritaire. La restructuration des services de l’Etat, en partie soutenue par la communauté internationale, afin d’accroître la surveillance et le contrôle dans tous les domaines miniers, le record du cours de l’or sur les marchés internationaux et l’établissement de la paix dans la plupart des zones d’exploitation aurifère, sont autant des points positifs, mais n’ont donné des apports significatifs aux populations.  

            Le rapport note que la misère des artisanaux est due à l’échec des SAESSCAM. Ayant comme mission l’encadrement technique des creuseurs artisanaux, SAESSCAM fait autre chose que ce qu’il devait faire comme service de l’Etat. D’où le rapport recommande purement et simplement sa réorganisation ou sa fermeture.

            Le rapport recommande aussi l’arrêt de l’exploitation criminelle des mines d’or en améliorant les conditions de commercialisation de l’or.             Auparavant, le public a eu à suivre le mot de bienvenue de Nick Elebe, représentant d’OSISA. Pour lui, ce rapport est d’une importance capitale. Il a formulé le vœu de voir ce rapport intervenir pour éveiller les consciences pour la bonne gouvernance.

            Dr Claude Kabemba, directeur régional de SARW, a quant à lui indiqué que ce rapport présente non seulement les résultats d’une enquête, mais donne la chance de dialoguer. Le dialogue, a-t-il dit, est le seul moyen pour aider une société à se réformer. Il n’a pas manqué de souligner le fait que 40 à 90% des budgets des pays africains proviennent des ressources naturelles. D’autres pays font la croissance avec les ressources naturelles, ce qui n’est pas le cas de la Rd Congo qui poursuit une trajectoire qui ressemble à celle de la colonisation.

Jean-René Bompolonga

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