Etat de la nation : MLC, « Le bilan 2010 est encore plus décevant ! », clame François Muamba

« Sur les 90 minutes de la durée de son adresse solennelle, au total à peine 10 minutes ont suffi au Président de la République pour décrire les œuvres réalisées en quatre ans. Tandis que, médusé, l’auditoire a suivi le Chef de l’Etat exposer durant les autres 80 minutes l’étendue des projets qu’il entend réaliser, certainement au cours des 11 mois qui le séparent désormais de la fin de son mandat ! » Telle est la conclusion à laquelle a abouti  le Mouvement de Libération du Congo (MLC) qui a passé en revue, hier jeudi 9 décembre 2010 à l’Hôtel Sulutani de la Gombe, la situation générale du pays, en guise de réponse à l’état de la nation faite la veille par le Président de la République, Joseph Kabila. En clair, a tranché François Muamba Tshishimbi, Secrétaire général du MLC, le bilan 2010 de Joseph Kabila est encore plus décevant !  

            Et pour preuve ! Sur le plan politique, jusqu’à ce jour, les élections locales n’ont pas encore été organisées par le pouvoir qui est pourtant en place depuis 4 ans, empêchant de ce fait le citoyen congolais de participer pleinement à la vie politique de son pays. Occasion offerte au parti cher à Jean-Pierre Bemba de revenir avec force sur un certain nombre d’actes de parjure posés, selon lui, par le Chef de l’Etat.

 Il s’agit, entre autres, du dossier de la mise en place de nouvelles provinces, traité par le pouvoir en place comme une simple option que le législateur aurait laissé à l’appréciation de l’Exécutif, alors qu’il s’agit bien d’une matière constitutionnelle dont la mise en oeuvre est un impératif ; la non application de la disposition de la rétrocession de 40% des recettes à caractère national aux provinces ; la confiscation des pouvoirs dévolus au gouvernement car sous la houlette du Chef de l’Etat, des personnes agissent sans en avoir qualité, en lieu et place des Institutions qualifiées (gouvernement parallèle ou Réunion dite interinstitutionnelle) ; l’entrave du pouvoir au fonctionnement normal du Conseil Supérieur de la Magistrature (les cas des dossiers des Assemblées provinciales de l’Equateur et de Kinshasa, nomination et mise en retraite des magistrats etc.) ; l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir ( arrestations arbitraires frappant jusqu’aux élus) ; persistance de l’insécurité juridique à cause de l’absence des mesures d’accompagnement pour rendre effective l’adhésion de la RDC à l’Ohada) ; la non promulgation de la loi  portant fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ; les manoeuvres de blocage de la Commission nationale électorale indépendante( CENI) tendant à permettre à l’ancienne CEI de continuer à poser des actes devant faciliter certaines manipulations des urnes, lors des prochaines consultations électorales.  

Persistance de l’insécurité et de l’impunité 

             Accusant le pouvoir d’être incapable de mettre en place une armée, une police et des services de sécurité à même de restaurer la paix sur l’ensemble du territoire national, plus particulièrement à l’Est du pays, le MLC constate que toutes les opérations militaires menées avec un grand tapage médiatique ont été un échec. Ajoutant par ailleurs que les assassins de Botheti, Chebeya, Bazana, Franck Ngyke et son épouse, ainsi que Muamba Bapuwa ou plus récemment Armand Tungulu, courent toujours. 

Une mauvaise gouvernance caractérisée 

            Sur le plan économique, le premier parti de l’opposition relève qu’en dépit de l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative PPTE et de l’autosatisfaction du pouvoir en place, on note que la stabilité macroéconomique demeure précaire, du fait qu’elle ne repose que sur des mesures conjoncturelles, telle la rétention de certaines dépenses publiques. Les prévisions budgétaires ne sont pas respectées et souvent, elles sont exécutées en dehors de la Chaîne de la dépense pourtant instaurée pour en assurer la traçabilité et la transparence. Déplorant le fait que les secteurs porteurs de croissance tels que l’agriculture, l’énergie, les transports et les infrastructures ne constituent pas la priorité dans notre pays, le MLC dénonce la confusion avec les projets initiés par les partenaires traditionnels ( Banque Mondiale, BAD, Union Européenne).

            Somme toute, ce parti soutient qu’il aurait bien voulu reconnaître quelques mérites au pouvoir mais les coûts exorbitants de l’exécution des ouvrages le laissent perplexe. Par exemple, les 6 Km et demi du boulevard du 30 juin ont coûté la somme de 72 millions USD (soit 12 millions USD le km), alors que dans un pays nanti comme la France cela n’excède pas les 2,5 millions d’euros, soit 3,3 millions USD pour un km d’autoroute. 

2010, année du social : un slogan 

             Malgré des slogans de propagande du style « 2010 année du Social », le MLC souligne que, jusqu’à ce jour, aucune action d’envergure n’est engagée pour lutter contre la grande pauvreté. Cela est confirmé par le maintien de la RDC au bas du classement du tableau de l’indice sur le développement humain publié par le PNUD, qui positionne notre pays à la 172ème place sur 182 pays recensés.

            Face aux multiplications des promesses du pouvoir, il s’étonne que la majorité de nos populations n’a toujours pas accès aux soins de santé primaire, à l’eau potable, à l’électricité, à l’emploi, à l’éducation, à la rémunération et à un habitat décent.           

Les résolutions du MLC 

              Constatant que le Chef de l’Etat a délibérément choisi la violation systématique de la Constitution comme méthode de gouvernance, le MLC indique que dans le cadre d’un fonctionnement normal des institutions de tels actes l’exposent à des poursuites pénales devant les juridictions compétentes. Pour sa part,  déterminé à aller en compétition électorale en 2011, le MLC considère qu’on ne change pas la règle du jeu en cours d’une compétition.

            Concernant  la CENI, cette formation politique réaffirme sa confiance aux candidats membres du Bureau désignés par l’opposition et demande la mise en place immédiate de ce bureau.

Tshieke Bukasa

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