ESU : les scientifiques bloquent la 1ère session

Comme il fallait s’y attendre, c’est à travers une déclaration  rendue publique  lundi, 1 juillet en marge de la clôture de l’exposition  de l’Esurs tenue à l’Académie des beaux-arts que le Collectif des syndicats et associations des enseignants du corps scientifique a pris sa décision de déclencher une grève sèche sur toute l’étendue de la République.  Il s’agit notamment de toutes les universités et instituts supérieurs qui dépendent du ministère de l’Esurs.  Ainsi, tout en restant ouvert aux discussions avec l’Etat employeur au  travers le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, le collectif envisage de prendre toutes les dispositions utiles   pour  suivre l’exécution effective de ce débrayage dont la durée reste illimitée.

Parmi les motifs avancés  pour justifier la grève, le collectif évoque  la non prise en compte de la correction du dossier social ainsi que de son cahier de charge  concernant  la non prise en charge par le gouvernement ,   l’injustice salariale à l’Esurs; bien qu’ayant manifesté sa bonne foi à travers toutes les actions menées en direction de l’employeur : le ministre de tutelle, Bonaventure Chelo  ainsi que les garanties données en son temps par Matata Ponyo , le collectif regrette la non- exécution du compromis obtenu à cet effet ; la non mécanisation de   nouvelles unités, mais surtout l’indifférence voire l’immobilisme du gouvernement quant au préavis de grève  déjà déposé le 22 juin dernier.

Le grand risque de l’action des scientifiques aujourd’hui est  de voir les examens de la première session totalement  paralysés  à l’Esurs sur toute l’étendue de la Rd Congo.  Pour cause? La population estudiantine ayant considérablement augmenté partout et l’effectif de professeurs oscillant autour de mille quatre cents personnes, les Chefs des travaux, Assistants et chargés de pratiques professionnelles sont la véritable cheville ouvrière de cette grosse machine qu’est l’université. Malgré le principe selon lequel nul n’est irremplaçable, on voit mal comment les professeurs vont s’en sortir  avec des auditoires populeux de cinq cents ou même de mille étudiants dans certains établissements. C’est un casse-tête en perspective.

  C’est véritablement cette catégorie du personnel scientifique qui  assure à la fois la direction des travaux pratiques  et interrogations, la surveillance des examens et leur  correction,  les secrétariats des jurys, la lecture des mémoires et Tfc. Bref, si rien n’est fait à temps pour décanter cette situation qui s’annonce comme un bras de fer entre les scientifiques et l’Etat employeur, il y a fort à parier qu’il  y a péril en la demeure et l’année académique 2012-2013 risque des prolongations.

            Pour rappel, la grève déclenchée par le collectif des scientifiques fait suite à la marche du 10 avril dernier, marche au cours de laquelle il avait déposé au Premier ministre Matata Ponyo un mémo dans lequel le collectif exigeait  la correction de l’injustice salariale introduite par l’Etat-employeur  dans le traitement entre le  personnel académique et scientifique, pourtant  faisant partie du même corps. L’objectif   avoué de cette démarche est qu’à la longue un  assistant du premier mandat nouvellement  recruté puisse  toucher la moitié de ce que perçoit un professeur ordinaire.

VAN 

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