Enrôlement forcé des jeunes dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo par le M23

enfant_soldatDans le but de renforcer les effectifs du M23 qui ont sensiblement diminué depuis quelques temps à cause de nombreuses défections, un commando composé d’au moins 300 militaires de l’Armée régulière rwandaise a traversé les frontières de la RDC pour procéder au recrutement forcé des jeunes dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Selon la Société civile du Nord Kivu, ces militaires rwandais sont venus des localités de Kasasa et de Mbunzamanga, en territoire rwandais.

         Lorsque la nouvelle s’est répandue, les jeunes de ces deux territoires se sont enfuis dans la brousse environnante de peur d’être enrôlés de force ou pour ne pas être punis comme des informateurs de la Brigade Spéciale d’Intervention de la MONUSCO et des FARDC. La semaine dernière, des éléments du M23 ont pris en otage un groupe des jeunes pour les juger, car accusés d’être de mèche avec les forces régulières de la RDC en opération dans cette partie du CONGO.

         La conséquence directe de ces opérations d’enrôlement forcé est que les élèves finalistes des instituts secondaires de Kibwe, Kibumba et Kalangala ne se sont pas présentés hier aux épreuves de l’Examen d’Etat 2013, tout comme ceux d’autres classes qui craignent d’être enrôlés de force. Certains ont eu la chance de fuir nuitamment vers Goma et  Birundule près de Rutshuru Centre.

Une nouvelle rébellion contre le M23

         Des sources proches des correspondants de guerre opérant dans cette partie du territoire national font état de la naissance d’une nouvelle rébellion cette fois-ci contre le M23, composée des jeunes originaires des territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Elle se signale par de nombreuses embuscades tendues la nuit et parfois le jour aux éléments du M23 et leurs alliés provenant de l’armée régulière rwandaise. Elle a déjà fait plusieurs victimes dans les rangs de ce mouvement politico-militaire, notamment des blessés, des morts ainsi que des prisonniers, dont certains ont fait des aveux en indiquant être des militaires de l’armée régulière rwandaise envoyés en renfort au M23, décidé à défendre becs et ongles ses positions dans ces territoires, en vue de peser lourd dans les négociations politiques en cours à Kampala avec la délégation gouvernementale.

         Dans certains cercles politiques, l’on estime que ces négociations de Kampala ont ravivé les convoitises qui se signalent par la naissance de nouveaux mouvements politico-militaires désireux d’être présents à la mangeoire lors du partage du gâteau. Une confusion qui rappelle la triste période dite de la «congolisation » au lendemain de l’assassinat de Patrice Emery LUMUMBA où l’on a vu naître des mouvements rebelles aux dénominations aussi épiques, loufoques que variées dirigés par des individus analphabètes et ayant envoyé à la mort des centaines des milliers des jeunes paysans non armés mais ayant ingurgité une potion magique et portant des amulettes censées les immuniser et protéger contre les tirs des armes lourdes et automatiques ainsi que les grenades et mines souterraines.

Qui est derrière cette nouvelle rébellion ? Tout porte à croire que ses commanditaires doivent se recruter au sein des cercles sociopolitiques des originaires de ces deux territoires décidés à récolter des dividendes politiques à l’issue des négociations de Kampala. Selon d’autres sources, la main de Kigali ne serait pas étrangère à ce nouvel imbroglio pour perpétuer l’état de ni paix ni guerre dans cette partie du pays en faisant d’une pierre deux coups. Tout d’abord, le Rwanda tient à faire passer sa thèse selon laquelle il n’y aura pas de solution militaire avec le déploiement de cette Brigade Spéciale d’Intervention de l’ONU. Ensuite, les stratèges du Rwanda ont déjà embouché la trompette de la guerre préventive contre les FDLR dans l’espoir d’émouvoir la communauté internationale pour justifier leur refus d’ouvrir des négociations inter rwandaises.

 

 

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