Enlèvement d’un bambin au jardin d’enfants du Mont Amba

300px-CUKBiamungu, inscrit en 4 ans G,  au plateau 2 au groupe scolaire du Mont Amba a été enlevé puis retrouvé le jeudi 17 octobre 2013 par un motocycliste. Alors que la fin des cours est habituellement prévue à 12 heures, les enfants ont été libérés  exceptionnellement à 10 heures.

 Pour éviter tout désagrément, un communiqué a été lancé aux parents le mercredi afin que chacun d’eux prenne ses dispositions. Mais contre toute attente, l’enfant Biamungu est resté avec quatre autres enfants au sein de l’école, dans l’attente d’un membre de sa famille devant le conduire à la maison. Et pendant ce temps, les monitrices chargées de la garde des enfants assuraient pleinement leur tâche. C’est sur ces entrefaits qu’elles ont vu un taxi- moto faire son entrée dans la cour de l’école. Stationnant, le taximan a nommément appelé l’enfant.

C’est ce qui a poussé les monitrices à le libérer. Quelques minutes plus tard, la mère du petit Biamungu s’est présentée à l’école pour récupérer son fils. C’est alors qu’elle a appris auprès des monitrices que l’enfant était parti avec un taxi-moto. Prise de panique,  la mère de l’enfant a saisi la garde universitaire afin d’exprimer son désagrément. Dans sa déposition devant l’officier de police judiciaire, la mère a soutenu n’avoir pas délégué un motocycliste pour récupérer l’enfant.

Seulement, elle a reconnu que son fils préfère emprunter la moto pour ses déplacements. Elle-même a déjà fait quelques courses à l’aide de la moto avec son fils.

 Alors que les dépositions devant l’officier de police judiciaire se poursuivaient, un coup de fils reçu par la mère du petit Biamungu a mis fin aux déclarations. Le petit a été retrouvé abandonné dans un quartier périphérique dénommé «Tchad». A en croire les propos du père de famille,  habiterait au n°30 de l’avenue Intendance, quartier Cogelos, dans la commune de Mont-Ngafula derrière le Campus de Kinshasa, adresse différente de celle donnée par la mère bien avant l’arrivée de son mari. Après avoir quitter le bureau de la police universitaire sur ordre de l’OPJ et promis de ramener l’enfant auprès des auxiliaires de la justice, la maman du petit n’est plus revenue, laissant à leur triste sort les monitrices ainsi que le père de l’enfant dans le bureau de la police.  Voilà qui a mis fin aux discussions et a permis aux monitrices de regagner en début de soirée leurs domiciles sans avoir connaissance des circonstances ayant occasionné non seulement la disparition de l’enfant mais son retour auprès de sa mère.

Yves Kadima

One Comment

  1. Cyprien Banyanga Byamungu says:

    Bonjour M. l’éditeur du Journal le Phare et cher confrère,

    C’est avec joie que j’écris ces mots à la suite de l’enlèvement de mon troisième fils, Béni Byamungu Imani, miraculeusement récupéré dans la brousse du quartier Tchad appelé « Ba mbila ». Je remercie Dieu car c’est grâces à nos prières, celles de mon épouse, de ma mère, de mon frère aîné et les miennes qui ont sauvé cet enfant. C’est l’union en famille qui a joué et Dieu a fait sa part.

    MA LECTURE DES FAITS:

    Je réagis ainsi à l’article publié dans le journal le Phare de ce 21 octobre 2013 au sujet de l’enlèvement/la disparition de mon fils.
    Dans cet article, l’auteur évoque « les parents de l’enfant Byamungu (et non Biamungu) », autrement dit ma femme et moi-même, faisant allusion à des supposées discordances entre nous et ce sans s’être donné la peine de nous avoir rencontré. Il semblerait que d’autres parents aient eu à souffrir de ce genre d’allégations, alors qu’ils étaient eux aussi victime du type d’incident que nous avons vécu avec notre enfant: en effet, en cinq mois trois enlèvements d’enfants ont eu lieu au CS Mont Amba, une situation particulièrement grave.

    La vérité c’est que ce confrère ne se penche pas sur le déroulé des faits: comment a-t-on fait pour récupérer l’enfant; qui est ce taxi-moto qui l’a pris à l’école pour ensuite l’abandonner dans la brousse seul et où une pauvre dame l’ a recueilli pour le confier à un autre taxi moto pour l’acheminer à l’école. Qui est donc cette dame qui a supplié le taxi-moto lui disant que les institutrices de l’école lui paieraient la course? Le journaliste ne nous dit pas comment l’enfant a réagi à 15h lorsqu’il est rentré à la maison. A-t-il mangé ou bu entre 10h30 et 15h00 ? A-t-il été maltraité dans la brousse? Pourtant il parait que ce confrère était présent sur les lieux. En vrai professionnel, il aurait dû prendre la peine de recueillir le point de vue des parents et de l’enfant. Pour ma part, après avoir fait examiner mon enfant par un médecin, je l’ai interrogé sur la façon dont s’étaient déroulé les faits. Il m’a expliqué n’avoir rien mangé ni bu, il n’a pas été frappé, rien n’a été pris de son cartable, ce qui me pousse davantage à m’interroger sur le mobile de cet enlèvement? J’espère que la police universitaire fera toute la lumière sur l’affaire, le plus rapidement possible.

    Dans l’article dont nous parlons, le journaliste essaie de dédouaner l’école de toute responsabilité en osant déclarer des choses invraisemblables, telles que: « la mère de l’enfant a dit que l’enfant préfère emprunter la moto pour ses déplacements ». Rappelons que nous parlons d’un enfant de quatre ans… La vrai question est de savoir comment les monitrices de l’école peuvent laisser partir un enfant de 4 ans avec un inconnu (à moto, en voiture, à cheval, peu importe)? Mont Amba est encore à ce jour la seule école où vous pouvez retirer un enfant de l’école maternelle sans présenter un macaron. C’est seulement depuis ce matin, et suite à la mésaventure qu’a connu mon fils Béni, que les autorités de l’école ont demandé à chaque parent de payer 1200 FC pour la distribution de macarons. Nous pourrions par ailleurs nous demander si le coût des macarons ne devraient pas être inclu dans les frais scolaires, mais c’est là une autre question. Pour la sécurité des enfants, nous les paierons.

    DEGRADATION DES CONDITIONS D’ENSEIGNEMENT, CORRUPTION DU PERSONNEL DE L’ETABLISSEMENT, INSALUBRITE DES INFRASTRUCTURES:

    Cet incident ne peut que nous amener à mettre enfin sur la table la question de la déliquescence du Complexe scolaire Mont Amba, jadis école de grande renommée.
    Depuis que la gestion de ce complexe scolaire a été confiée à l’Unikin, la qualité s’est considérablement dégradée. C’est la seule école où les frais scolaires sont payés selon que vous êtes membre du personnel de l’Unikin ou non. Ainsi, les enfants, petits-enfants (étant donné que la plupart des professeurs d’université n’ont plus d’enfants en âge de scolarité), neveux, cousins des professeurs de l’Unikin paient l’équivalent de 75 USD contre 110 USD pour la catégorie « Personnel extérieur ». D’ailleurs pour arriver à ce montant de 75 dollars, le comité des parents, composé essentiellement du personnel non affilié à l’Unikin, a bataillé fort car avant nous payions le double des frais payés par le personnel de l’Unikin il y a deux ans.

    De plus, de cette disparité est d’autant moins justifiée que les enseignements sont les mêmes.
    Par ailleurs il y a, au Complexe Mont Amba, un gros problème de surpopulation dans les classes. Mes deux autres garçons étaient, l’année dernière, dans des classes de respectivement de 68 et 65 élèves. Lors de la proclamation de premier trimestre 2011, l’enseignant ne connaissait même pas les noms de la moitié des élèves de sa classe.
    Une année plus tôt, une vingtaine de professeurs avaient exigé de meilleures conditions de travail et le paiement à temps de leur prime mensuelle. La hiérarchie n’a pas trouvé mieux que de les mettre à la disposition du rectorat de l’Unikin, au grand dam des élèves qui se retrouvaient ainsi devant de nouveaux enseignants, non expérimentés et avec des méthodes indignes du Mont Amba.

    Il y a deux ans, voici ce que mon fils de 8 ans, alors en 2è primaire m’a dit un jour en rentrant de l’école du Mont Amba:  » J’ai partagé mon pain et mon sucré avec mon professeur parce qu’il a faim, vous les parents vous ne payez pas à temps et la caissière a disparu avec tout ce qu’il y avait dans la caisse. » Ce jour-là, les soupçons de corruption des enseignants de l’école de mes enfants se sont confirmés. Quelques mois plus tard, mon fils me demandait d’envoyer 50 dollars à son enseignant parce que ce dernier l’avait choisi –mon fils de 7 ans donc- comme garçon d’honneur à son mariage. J’ai immédiatement appelé l’enseignant concerné, lui expliquant gentiment qu’il était inacceptable de traiter des questions d’argent avec les enfants, surtout de cet âge et que cette pratique était assimilée à de la corruption.

    Enfin je pourrais également aborder les questions d’infrastructure. La salle de classe de ma fille, actuellement en 3ème scientifique D, se transforme en piscine dès qu’il pleut. La toiture est en plus en Eternit et contient de l’amiante, substance que l’on sait hautement cancérigène. Les enfants m’ont expliqué devoir se soulager en plein air, les toilettes étant très sales et grouillant d’asticots. Pendant les vacances et les weekends, la cour de l’école est transformée en lieu funéraire et je me souviens d’un enfant qui refusait de jouer dans une partie de la cour disant qu’il y avait vu un mort le weekend précédent.

    Je salue tout de même la révocation d’un professeur de français pour harcèlement sexuel envers les élèves après plusieurs plaintes de petites filles ainsi qu’une plainte de son épouse.

    Des réformes sont demandées pour sauver le Mont Amba. Les parents des élèves ont plusieurs fois demandé une réorganisation générale de l’établissement. Mais les autorités se cachent derrière l’excuse que Mont Amba est une école d’application de l’Unikin et ne peut être gérée par l’EPSP. Je fais le souhait de voir demain la gestion du Mont Amba confiée de nouveaux religieuses, elles qui n’ont pas démérité contrairement aux actuels gestionnaires. C’est également le vœu de la plupart du personnel administratif et enseignant, c’est également celui de beaucoup de parents d’élèves. Sauver le CSMA est notre devoir à tous!

    Cyprien Banyanga Byamungu
    (Mes ecrits n’engagent que leur auteur)

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