Enième prolongation du mandat de la MONUSCO : à quand la véritable paix en RDC ?

Pour la énième fois en l’espace de quinze ans, le Conseil de Sécurité des Nations Unies vient de prolonger encore une fois et pour une année  le mandat de sa mission de paix en RDC. Et comme à l’accoutumée, il va s’agir d’une mission de stabilisation de la paix axée sur la protection des civils et la réforme du secteur de la sécurité. La MONUSCO sera aussi chargée de la lutte contre la mutinerie du mouvement le M23 et des futures élections provinciales et locales.
Quoi de neuf, s’est interrogé un observateur de la sous région des Grands lacs ? De prime abord, ce dernier semble toucher le nœud du problème en ce que tous les mandats confiés à ce corps se ressemblent et se confondent de par le flou qui entoure l’objectif le plus visible non jamais atteint, à savoir la paix totale sur toute l’étendue du territoire national. Au jour d’aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence que rien de palpable n’a été réalisé par cette mission. Que d’accusations de viols, de trafics illicites des ressources naturelles, d’armes et munitions de guerre. Cela a poussé d’aucuns à accuser la MONUSCO de jouer aux prolongations pour s’éterniser en RDC au rythme de « No war, no business ». 
 
A quand la paix ?
 
Jusques à quand les éléments de la MONUSCO vont-ils demeurer en RDC ? Une question qui circule sur toutes les lèvres dans la mesure où le paysage congolais ne s’accommode plus de cette présence qui semble s’éterniser sans résultats satisfaisants en termes de paix, de sécurité des personnes et leurs biens, de la sécurisation des frontières, surtout avec les deux Etats turbulents de l’Est, de l’amélioration du secteur de la sécurité tant civile que militaire. A quoi sert la MONUSCO dès lors que des éléments provenant des armées régulières de deux pays de l’Est, à savoir l’Ouganda et surtout le Rwanda entrent régulièrement sur le territoire national pour y perpétrer des viols, massacres, destructions méchantes et pillage des ressources naturelles sans être inquiétés le moins du monde par les membres du corps chargé du maintien de la paix par la Communauté Internationale?    
A ce jour, l’homme de la rue a difficile à se faire une idée exacte de cette mission onusienne en RDC. En effet, la paix semble s’éloigner davantage et chaque jour de l’horizon congolais. Sur le plan interne, que des violations des droits de l’homme en termes d’arrestations arbitraires, des viols massifs des femmes, des dénis de justice, des assassinats perpétrés par des hommes en armes et en tenues, des détournements des deniers publics, des impaiements des salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat et des enseignants, d’absence des soins de santé, de l’accroissement insupportable du chômage, etc.
A ce jour, l’homme de la rue a difficile à comprendre pourquoi un petit pays comme le Rwanda peut se permettre d’humilier tout un peuple de 70 millions d’âmes. En usant et abusant des prétextes pour maintenir une situation de ni paix ni guerre en RDC sans que la communauté internationale n’élève la moindre protestation ou ne saisisse les instances judiciaires internationales !
 
Situation pire qu’en 1960…..
 
Au lendemain de l’accession du pays à la souveraineté internationale, la RDC avait connu une situation plus dramatique que celle d’aujourd’hui. La classe politique était plus déchirée que celle d’aujourd’hui. La RDC avait connu trois sécessions, notamment celle du Sud Kasaï, du Katanga que certaines puissances dont particulièrement la Belgique reconnurent et enfin la République Populaire du Congo dirigée par le duo Christophe NGBENYE et Antoine GIZENGA qui fut reconnue par les Etats de l’Empire soviétique, la Chine Populaire et Cuba.
Les Nations Unies déployèrent une mission de paix qui, profitant de la mort dans un accident d’avion à Ndola en Zambie de son secrétaire général Dag Hammarkjöld, finit par recourir au Chapitre 7 pour en finir avec cette partition de fait du territoire national.   
La Belgique qui, pourtant avait été la première puissance occidentale à reconnaitre l’Etat sécessionniste du Katanga de Moïse TCHOMBE, prit le prétexte des tueries des sujets blancs attribuées aux éléments de cette rébellion pour faire parachuter des troupes sur Stanleyville. Une colonne motorisée commandée par le colonel belge flamand Van de Walle et composée des mercenaires belges et autres partit de la base militaire de Kamina jusqu’à Stanleyville mettant ainsi fin à cette aventure lancée par les compagnons de Patrice LUMUMBA lâchement assassiné le 17 janvier 1961 à Elisabethville par les agents belges et katangais.
 
Où est le chronogramme ?  
 
D’aucuns voudraient voir un chronogramme d’actions déjà menées et à mener par la mission onusienne. Au lieu d’arroser l’opinion avec de la littérature pleine des généralités du genre protection des civils, réforme du secteur de la sécurité, alors que les massacres, les viols, les destructions méchantes, les tueries, les déplacements forcés des populations ne se comptent plus et des massacres se commettent sous les yeux et la barbe des éléments de la MONUSCO.
C’est bien beau de condamner et de dénoncer les violences sexuelles et sexistes généralisées, le recrutement et l’emploi des enfants mineurs par les parties en conflit et particulièrement les mutins du CNDP et du M23. L’homme de la rue attend la saisine de la Cour Pénale Internationale comme cela a été fait pour Thomas LUBANGA aujourd’hui en voie d’être condamné à une peine de plus de 30 ans de prison ferme.
 
C’est bien beau de demander au Gouvernement avec l’appui de la MONUSCO de poursuivre son action contre les mutins. Cependant, au regard des rapports rendus publics par des ONG de défense des droits de l’homme de renommée internationale de la trempe de Human Right Watch, des experts de l’Onu et du gouvernement congolais détenant des preuves accablantes de l’implication des autorités officielles rwandaises dans la déstabilisation et la perturbation de la paix en RDC derrière ce mouvement fantoche du M23, l’homme de la rue voudrait voir la MONUSCO recourir au Chapitre 7 pour mettre un terme à cette supercherie de Kigali. Comme en 1961 après la mort de Dag Hammarskjöld à Ndola. Pourquoi cette résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies ne condamne pas de façon claire le Rwanda alors que ses propres experts viennent d’établir un rapport contenant des preuves accablantes de l’implication de ce pays dans la perturbation délibérée de la paix en RDC ? Voilà des éléments qui, aux yeux de l’homme de la rue, devraient donner plus de crédibilité à la MONUSCO. Ce, au moment où il est établi que des éléments de cette soit disant mutinerie se livrent depuis longtemps au trafic des armes et munitions de guerre avec les FDLR  en échange des matières précieuses.
 
F.M. 

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