Encore un coup bas contre l’UNC à Bukavu

 

L’on apprend que les cadres de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) suivent avec un grand intérêt les marches de soutien à la révision constitutionnelle que planifient, à travers le pays, les partis et associations affiliées à l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP). Par respect pour la démocratie et la diversité d’opinion, ils ne trouvent aucun mal à ce que le PPRD, par exemple, fasse battre le pavé à ses militants à Kinshasa, Mbandaka, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, et ailleurs. Ils n’ignorent pas les méthodes des organisateurs de telles marches, qui n’hésitent pas à menacer de représailles, en cas de refus de répondre à leurs injonctions, des vendeurs et vendeuses des marchés publics, des étudiants, des chargeurs des parkings, des porteurs des ports et aéroports, des exploitants des bars, des restaurants et des engins de transport en commun, etc. Ce qui inquiète et indigne le plus la hiérarchie de l’UNC, c’est ce qu’elle considère comme une grande escroquerie politique que vient de signer l’AMP dans la ville de Bukavu.

Tout a commencé vendredi dernier lorsque, pour des raisons connues de lui seul, le nouveau maire de la Ville de Bukavu a fait descendre deux drapeaux de l’UNC, à la hauteur de la brasserie Bralima. L’incident a été dénoncé par le parti de Kamerhe et par les médias locaux. Interrogé sur le sens de son geste, le maire répondra qu’il réagissait à une directive de la Haute Autorité des Médias parce qu’il apparaissait que l’UNC était déjà en campagne électorale alors que celle-ci n’a pas encore officiellement commencé. Problème : le maire a fait descendre uniquement les drapeaux de l’UNC, laissant flotter ceux des partis membres de l’AMP. Etait-ce une manière de faire comprendre à ce parti que seuls les membres de l’AMP avaient le droit d’exercer leurs activités, les autres devant attendre les trente jours précédant les élections pour se manifester?

Alors qu’on attendait encore la réponse à cette question, voilà qu’hier mardi, l’AMP organisait une marche de soutien à la révision constitutionnelle. Surprise : les drapeaux descendus vendredi réapparaissaient en pleine marche, brandis par des membres de la mouvance présidentielle! Colère et indignation dans les rangs de l’UNC qui exigent des explications sur ce comportement jugé indigne. Mais après réflexion, chacun a fini par comprendre l’objectif poursuivi. Il s’agit de faire croire à la population que Kamerhe n’aurait jamais rompu les amarres ni avec son ancien parti le PPRD, ni avec la famille politique du Chef de l’Etat, nous avons cité l’AMP.

De fausses informations en circulation font état de sa participation assidue aux réunions de la coalition au pouvoir, dans le dessein bien arrêté de semer le doute dans les esprits, de décourager les militants et les alliés de l’UNC au sein de l’opposition politique, en colant à Vital Kamerhe l’image d’une taupe ou, mieux, d’un infiltré. Objectif raté.

Jacques KIMPOZO

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