Emission de nouvelles coupures de banque à valeur faciale adaptée : Jean Claude Masangu répond aux inquiétudes des milieux d’affaires

Aux nombreuses craintes émises par les banquiers et les opérateurs économiques et aux inquiétudes exprimées par la population, sur l’injection à partir du 2 juillet prochain, de nouvelles coupures à valeur faciale élevée, le gouverneur de la Banque centrale du Congo a adopté une pédagogie simple, celle de la sensibilisation directe avec des milieux bancaires et des affaires de la RDC, afin de les rassurer sur les dispositions pratiques prises par l’Institut d’émission visant à prévenir l’inflation et autres perturbations du marché financier congolais.
C’est dans ce cadre qu’il s’est entretenu hier matin au siège de la Trust Merchant Bank, avec les membres de l’Association congolaise des banques, autour de l’élargissement de l’éventail fiduciaire. A ce sujet, Jean Claude Masangu leur a rappelé l’historique de la structure fiduciaire du Franc congolais, de la justification du choix de la période actuelle pour sa réforme, des mesures d’encadrement des billets à valeur faciale élevée  et des avantages que les banquiers peuvent en attendre, aussi bien pour leurs établissements de crédit que pour leurs clients.
Lors du lancement du Franc congolais, le 30 juin 1998,  a rappelé Masangu Mulongo, l’éventail fiduciaire comptait onze dénominations, allant de 1 centime à 100 FC. Le gouverneur a indiqué que la valeur la plus élevée était celle du billet de 100 FC qui valait 72,46 dollars américains. Aujourd’hui, la plus grosse coupure est celle de 500 FC et ne représente plus qu’environ 0,60 dollar américain et celle de 100 FC de l’époque, à peine 12 cents. Ce qui à ses yeux, paraît ridicule.
 
Une telle évolution entraîne au plan économique, plusieurs conséquences néfastes, notamment la manipulation de grandes quantités de billets de banque impliquant une augmentation du coût des transactions financières. L’aggravation de la dollarisation de l’économie, la monnaie nationale étant insuffisante et encombrante. Et l’accroissement du coût de la fabrication, de l’importation et de la distribution des signes monétaires entraînant un impact négatif, non seulement sur la gestion des réserves de change, mais aussi sur le compte d’exploitation de la BCC.   
Sur base des explications reçues, le président de l’ACB s’est dit rassuré par les mesures prudentielles prises par le gouvernement et la BCC pour éviter une forte perturbation de l’économie.  Ces nouvelles coupures sont une bonne chose aussi bien pour les banquiers, les opérateurs économiques que pour les déposants. Car, elles faciliteront bien des transactions financières.
Le plus grand bénéfice attendu, a souligné Michel Losembe, est la dédollarisation de l’économie congolaise. La BCC semble outillée pour mener une lutte implacable contre ce phénomène qui a longtemps caractérisé notre économie.
 
Dans l’après-midi, Jean Claude Masangu a retrouvé ses partenaires de la FEC. Ancien membre de cette association patronale, il a évoqué quelques souvenirs quand il fut administrateur délégué de City Bank. Aujourd’hui, il est revenu à la FEC, dans son costume d’autorité monétaire, pour solliciter que les membres de cette fédération des entreprises puissent l’accompagner dans l’injection de nouvelles coupures de billets de banque. Le gouverneur de la BCC a balayé toutes les critiques sur une probable inflation. Si cela était possible à l’époque, c’est parce que le gouvernement avec des déficits budgétaires, recourait constamment au financement monétaire. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où la BCC jouit d’une autonomie. 
Après le mot d’introduction du président Albert Yuma, le gouverneur de la BCC a exposé les grandes lignes de sa démarche sur les émissions de nouvelles coupures, et a récolté un flot des questions auxquelles il a répondu en soutenant que les petites coupures ne disparaissent pas. Car, la BCC a prévu des émissions de leur placement sur les billets  déchiquetés. Aujourd’hui, toutes les précautions ont été prises et plusieurs services de l’Etat interviennent au comité de politique monétaire pour suggérer des orientations, ainsi que des recommandations pour éviter des dérapages éventuels.
JC Masangu a invité les opérateurs économiques à réserver un accueil chaleureux aux nouvelles coupures de banque.
 
                                                                        J.R.T. 

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