Elections provinciales et locales : les experts formels : la CENI doit être restructurée

Il se tient depuis hier mardi 12 juin 2012, à l’hôtel Sultani, dans la commune de la Gombe, un atelier technique sur « La réforme électorale en République démocratique du Congo et la tenue des élections provinciales et locales ». Co-organisé par des ONG membres de la plate-forme de la société civile « Agir pour les élections transparentes et apaisées » (AETA), le National Democratic Institute for International Affairs (NDI), le Centre Carter et l’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA) et bien d’autres partenaires de la société civile, cet atelier de trois jours réunit des experts en la matière des pays de la SADC et de NDI, de l’Afrique du Nord et de l’Ouest, de l’Europe, ainsi que des Etats-Unis. A ceux-ci se sont ajoutés ceux des organisations internationales dont Humanity United, la Fondation Konrad Adenauer, USAID, EURAC, 11.11.11, COSI, Diakonia, Christian Aid et IFES.

Les honorables députés et sénateurs, ainsi que les membres de la société civile congolaise ne sont pas en reste.  Ils ont effectué le déplacement de l’hôtel Sultani, en vue d’apporter leur pierre pour l’amélioration du système électoral congolais, dans le but de garantir de plus bel un processus électoral plus efficace, plus transparent et plus crédible, pour l’intérêt supérieur de notre pays. 

Dans leurs adresses respectives, les organisateurs de cet atelier ont souligné l’impérieuse nécessité de réformer la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). A cet effet, ils se sont fixé un certain nombre d’objectifs dont notamment faire l’analyse pertinente des réformes tant recommandées au regard des irrégularités des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011, dans la perspective des élections provinciales et locales planifiées pour 2013 ; analyser des modèles de Commissions électorales en Afrique et à travers le monde, afin de produire une stratégie et un plan d’action précis en vue d’une intégration effective des recommandations de l’atelier technique.

Jérôme Bonso de AETA est revenu sur les différents rappels à l’ordre de sa plate-forme tout au long de ce processus électoral. Le refus de prendre en compte ses multiples recommandations a conduit la CENI à la dérive. D’où l’impérieuse nécessité de sa restructuration en profondeur pour l’efficacité, la transparence, mieux la crédibilité du processus électoral.
Explicitant le bien fondé du présent atelier, le Directeur Adjoint de la Fondation l’Open Society Initiative for Southern Africa (OSISA), Hubert Tshiswaka Masoka, a indiqué que « des missions d’observations électorales nationales et internationales ont particulièrement remise en question la qualité du travail de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Par ailleurs, a-t-il poursuivi, les préoccupations généralisées quant à la crédibilité de la CENI et le manque de transparence dans sa gestion ont nettement contribué à effriter la confiance déjà entamée de la population au processus démocratique. Lors de l’atelier d’évaluation à mi-parcours du processus électoral 2011-2013, a-t-il rappelé, organisé par la CENI, des organisations de la société civile lui avaient formulé des recommandations notamment celles relatives à une restructuration en profondeur de la CENI. Ces organisation avaient, en outre, insisté sur la nécessité que la CENI retrouve sa nature d’institution citoyenne et d’appui à la démocratie. Par ailleurs, le besoin craint de la réforme de la CENI est d’une unanimité absolue qui se confirme des partis politiques de la majorité au pouvoir, de l’opposition, ainsi que des autres acteurs non étatiques». 

La journée de mardi 12 juin 2012  a été marquée par cinq exposés de haute facture, notamment : « Les élections en RDC : les leçons à tirer des précédents scrutins » par le professeur Léon de Saint Moulin et « Analyse de l’impact de la réforme sur la crédibilité du processus électoral » par le professeur Muaka. Dr Pascal Kambale de l’OSISA et Mr Elijha Rubvuta se sont apaisantis sur la Présentation générale sur les organes de gestion des élections en Afrique de l’Ouest, modèle du Sénégal, Nigeria, Bénin et Ghana (pour le premier) et modèle de la Zambie (pour le deuxième). Le dernier orateur du jour, Mr Makram Ouaiss/NDI, s’est planché sur « Les options pour l’organisation de Commissions électorales et réponses de certains pays africains face aux élections mauvaises ».

Pour la journée de ce mercredi 13 juin 2012, trois exposés sont au menu à savoir : « La problématique de la restructuration de la CENI : analyse comparée des propositions du Sénat, de la Loi organique actuelle et des propositions des rapports d’observation électorale et de la société civile » par l’honorable Ekombe, « La réflexion sur l’approche décentralisée de la gestion de la CENI et le processus de compilation des résultats », ainsi que « L’analyse des réformes législatives et structurelle nécessaires en vue d’accroître la crédibilité et l’efficacité de la CENI : propositions de la société civile » par Jérôme Bonso de AETA.

Michel  LUKA  

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