Elections du 28 novembre 2011 : Serveur, le Conseil de Sécurité rappelle la CENI à l’ordre

Les échos des dérapages, mieux des violences qui émaillent ces dernières semaines la période préélectorale en République Démocratique du Congo, sont arrivés aux Nations Unies. C’est dans ce cadre que le lundi 17 octobre 2011, le Conseil de Sécurité, par la voix de sa présidente pour le mois en cours, la Nigeriane Joy Owugu, a fait savoir à l’opinion tant congolaise qu’internationale qu’il était fort préoccupé par les tensions préélectorales. Aussi en a-t-il appelé à la tenue d’élections crédibles et pacifiques dans notre pays.

« Les membres du Conseil de Sécurité ont réitéré leur appel à des élections crédibles et pacifiques, pour lesquelles le gouvernement de la République Démocratique du Congo porte les premières responsabilités », a-t-elle indiqué. Et de poursuivre : « Le Conseil de Sécurité estime que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) se doit d’avoir un dialogue régulier avec les candidats pour que les élections se déroulent dans le calme ».
Selon la même diplomate, les membres du Conseil de Sécurité « ont encouragé la CENI à cerner en particulier les questions techniques perçues comme la clé à la crédibilité du scrutin, incluant la fiabilité de la base des données électorales et la compilation des résultats des élections ».

Joy Ogwu a enfin indiqué que « le Conseil de Sécurité est préoccupé par les rapports selon lesquels des actes de violence liés aux élections se sont produits dans les rues de Kinshasa et il appelle toutes les parties congolaises à participer aux élections de manière constructive et pacifique ».
Aux yeux des observateurs, le processus électoral congolais, même s’il relève de la compétence exclusive de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), est suivi de fort près par la communauté internationale. On se souvient qu’il y a trois semaines, (26 – 27 septembre à Addis-Abeba), l’Union Africaine avait appelé la Majorité Présidentielle, l’Opposition Politique ainsi que la Société Civile à une conférence sur la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo. Cette démarche répondait à son souci de voir le peuple congolais connaître des élections transparentes et apaisées.

Le tout récent appel du Conseil de Sécurité s’inscrit dans la même logique de la recherche d’un atterrissage en douceur du processus électoral. Le message envoyé à Kinshasa se veut celui de la nécessité de la transparence réelle du fichier électoral. Les membres de cette institution insistent, comme par hasard, sur la fiabilité des données techniques, ce qui renvoie au contrôle permanent du fichier électoral par toutes les parties prenantes aux élections.
C’est le lieu d’en appeler à l’émergence d’un dialogue réellement constructif entre la CENI et ses partenaires politiques. Malheureusement, à une quarantaine de jours des scrutins présidentiel et législatifs nationaux, le «pouvoir organisateur des élections » et l’Opposition politique continuent d’entretenir un dialogue des sourds. Pire, face au mur d’incompréhension entre les deux parties, c’est une répression sanglante de la police qui répond désormais aux actions de rue que planifie cette famille politique.

La montée au créneau du Conseil de Sécurité va-t-il avoir un impact positif sur le refus systématique de la CENI d’ouvrir son serveur central à l’Opposition et modifier le comportement des forces de l’ordre vis-à-vis des manifestants pacifiques ? La question reste posée. Une chose est au moins certaine désormais : la communauté internationale tient à ce que la vote du souverain primaire congolais soit celui qu’il aura effectivement exprimé le 28 novembre 2011.

Kimp

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