Elections 2011 : les Occidentaux ont des doutes, ils veulent être rassurés

 

Après les ambassadeurs américain James Entwitsle mardi, belge Jean-Paul Charlier et français Jacquemot mercredi, c’était hier jeudi 20 janvier 2011 le tour des ambassadeurs Neil Wigan de Grande-Bretagne, Richard Zink de l’Union Européenne et Anatoly Klimenko de Russie de s’entretenir avec le Premier ministre congolais, Adolphe Muzito, au sujet des élections et de la coopération entre la RDC et les différents partenaires précités. S’agissant précisément du volet relatif à l’élection présidentielle, les diplomates occidentaux ont parlé d’une seule voix, en précisant que la révision constitutionnelle intervenue le 15 janvier au niveau du Parlement congolais ainsi que le choix du scrutin à un tour pour l’élection présidentielle de novembre 2011 relevaient de la « politique intérieure » ou encore de la « cuisine interne » des Congolais.

Les préoccupations majeures soulevées par les diplomates occidentaux, au nom de leurs Etats ou organisation, gravitaient autour de la transparence des élections, de la liberté d’expression et de mouvement pour tous les candidats, de la sécurité des candidats et des électeurs, et de l’appui financier ou logistique à l’organisation des élections.

«Mon pays n’a pas de commentaire à faire sur la révision constitutionnelle intervenue le 15 janvier 2011 et le mode du scrutin à tour unique pour l’élection présidentielle, étant donné que cela relève de la cuisine intérieure de la RD Congo », a déclaré l’ambassadeur Neil Wigan de Grande-Bretagne au sortir de son entrevue avec le Premier ministre congolais hier jeudi. Il a émis le souhait de voir Kinshasa organiser « un processus électoral libre et transparent ».

Dans la foulée, Richard Zink de l’Union Européenne s’est refusé à faire le moindre commentaire, précisant toutefois les centres d’intérêt de la communauté européenne, à savoir le calendrier des élections, le budget, la liberté de mouvement et la liberté d’expression pour les candidats en prévision des élections, la sécurité pour tous. A son tour, il en a appelé à l’organisation d’élections libres et transparentes, comme déjà souligné lors de précédentes réunions du « Comité de Pilotage ».

Le russe Anatoly Klimenko a eu ces mots après avoir discuté avec Adolphe Muzito hier : « il n’y a pas d’ingérence à faire par la Russie ». C’était pour confirmer que son pays considérait la dernière révision constitutionnelle comme « légale et constitutionnelle ».

Le belge Jean-Paul Charlier, considérant que « cette question fait partie de la politique intérieure », a fait savoir que pour la Belgique, ce qui importait le plus était que « les élections se déroulent dans la transparence. La liberté d’expression et la sécurité doivent être garanties à tous les candidats des partis politiques ».

L’ambassadeur Jacquemot, après avoir fait part de la position de son pays, qui se veut respectueux de la souveraineté de la RDC, a insisté sur le fait que trois éléments exigeaient un maximum de vigilance, à savoir « le calendrier électoral, la liberté d’action, de mouvement et d’expression comme garantis dans la Constitution de 2006, et enfin, la sécurité pendant la campagne électorale considérée comme le point le plus important du processus ».

Dans la rubrique des contributions financières, si certains diplomates se sont montrés réservés, d’autres par contre ont été précis dans les chiffres. C’était le cas de l’ambassadeur britannique Neil Wigan, qui a fait état d’une enveloppe de 30 millions de dollars américains à mettre dans la balance. Celui de l’Union Européenne, Richard Zink, a rappelé l’engagement de son institution à hauteur de 166 millions d’Euros, dont une partie a déjà été décaissée dans le cadre des opérations liées à la révision du fichier électoral.

L’attention particulière que les Occidentaux attachent au nouveau processus électoral congolais est perçue, par les observateurs, comme une interpellation des Congolais en général et de leur classe politique en particulier à ne pas se fourvoyer dans les travers électoraux et post-électoraux qui tirent par le bas la démocratie en Afrique. Il est à espérer que les discours de nos partenaires ne sont pas tombés dans des oreilles des sourds.

Jacques Kimpozo

 

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