Elections 2011 : le doute persiste

En dépit des appels rassurants de la CEI (Commission Electorale Indépendante), qui refuse manifestement de mourir, au sujet des avancées du processus de révision du fichier électoral, le bilan reste fort maigre : deux provinces seulement sur onze (Bas-Congo et Maniema) bouclées. A dix mois de la présidentielle, cela paraît fort inquiétant. Nos concitoyens ont d’autant raison de douter du respect du délai constitutionnel de la tenue des élections que le Bas-Congo et le Maniema représentent les entités les moins peuplées de la République.
S’il a fallu près de deux ans à la CEI pour toiletter le fichier électoral dans deux « provincettes » – qu’on nous passe l’expression- l’on peut désespérer de la prise en charge, cette année, de grosses pointures comme Kinshasa (plus de 10 millions d’habitants et vraisemblablement près de 5 millions d’électeurs), le Katanga (plus de 5 millions d’habitants), la Province Orientale (plus de 5 millions d’habitants), l’Equateur (plus de 5 millions d’habitants), le Kasaï Oriental, le Kasaï Occidental, le Bandundu, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

 L’on ne peut qu’être pessimiste au sujet de l’évolution du processus électoral de 2011, tant la Commission Electorale Indépendante (CEI) ne manifeste aucun empressement à rattraper le temps perdu. Quant à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), appelée à remplacer la CEI, elle se débat encore dans des querelles de mise en place de son Bureau et de finalisation de ses textes d’accompagnement, dont le Règlement d’ordre intérieur.
 Même si la CEI ou la CENI décidait de consacrer un mois à chaque province non encore « fichée », tout le monde sait qu’elle serait incapable de tenir parole. Chaque opération de révision du fichier est entrecoupée des « temps morts » injustifiés. Toute une année s’est en effet écoulée entre la fin des opérations d’enrôlement au Bas-Congo et celles qui viennent d’avoir lieu au Maniema. Encore que dans les deux provinces, des milliers de candidats au vote se plaignent de n’avoir pas été enrôlés, en raison de l’insuffisance et de l’éloignement des centres d’enregistrement d’une part, et d’autre part, à cause des pannes techniques qui surviennent régulièrement sur les kits électoraux.

Insécurité… la grande inconnue

 Une grande inconnue pèse sur le processus électoral au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, en Province Orientale, et même, à l’Equateur. Il s’agit de l’insécurité. Le commun des Congolais se demande si la CEI ou la CENI pourra déployer ses kits et agents électoraux dans des zones tenues par les rebelles rwandais des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda), les rebelles ougandais de la LRA (Armée de Libération du Seigneur), les envahisseurs soudanais Mbororo, la constellation des nébuleuses Mai-Mai, les Enyele, etc.
 Si les choses restent en l’état, il est sûr et certain que des millions de compatriotes de plusieurs territoires du Sud-Kivu, du Nord-Kivu, de la Province Orientale et de l’Equateur seraient exclus du fichier électoral et partant du vote, avec pour conséquence logique que les élections ne pourraient se tenir dans les sites contrôlés par les seigneurs de guerre.
 Les facteurs techniques, mêlés à l’insécurité, portent à penser que les élections annoncées pour cette année ne pourraient être organisées selon le calendrier, jusque-là contesté, publié en son temps par la CEI. La RDC s’achemine ainsi vers une « prolongation automatique » des mandats des animateurs actuels de ses institutions, avec le grand risque d’installer une crise de légitimité aux conséquences difficiles à prévoir.    Kimp

 

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