Echec de la traque de la LRA : réponse à la comédie d’Addis-Abeba

La belle promesse de l’Union Africaine de traquer les rebelles de la LRA (Lord Resistance Army/ Armée de Résistance du Seigneur) dans une très large zone comprenant l’Ouest de l’Ouganda, le Nord de la République Démocratique du Congo, le Sud du Sud-Soudan et de la République Centrafricaine est restée lettre morte. C’est le colonel ougandais Dick Olum, chargé de commander la force neutre africaine appelée à mettre Joseph Kony et ses combattants hors d’état de nuire, qui vient de faire l’aveu d’impuissance.

 Selon ce galonné, la matérialisation du projet butte contre le manque des troupes, des équipements et des fonds. En effet, jusqu’au mois de mars 2012, échéance arrêtée pour la mise en place de cette « armée africaine », les 5.000 hommes devant la composer ne sont toujours pas disponibles, les Etats contributeurs (RDC, RCA, Sud-Soudan et Ouganda) tardant à fournir leurs contingents militaires. Au plan financier, les mêmes Etats, de même que la Communauté Internationale, n’ont pas libéré les contributions promises.
 Bref, la force neutre africaine devant mettre fin aux activités de la LRA ressemble à un mort-né. Jusque-là, seuls l’Ouganda, avec 2.000 soldats, et le Sud-Soudan, avec 500 unités, essayent de faire quelque chose sur le terrain, avec des moyens du bord, sans grand résultat.


Des millions de Congolaises et Congolais, qui se posent mille et une questions sur la configuration et l’efficacité de la « Force internationale neutre » imaginée par le dernier Sommet Extraordinaire de l’Union Africaine, viennent de recevoir une cinglante réponse à leur préoccupation. L’incapacité de l’Union Africaine à monter une force armée pour combattre Joseph Kony et la LRA préfigure l’échec de celle destinée à faire la chasse au M 23, aux FDLR et autres « forces négatives » dans la partie Est de la République Démocratique du Congo.
 En effet, la mission à remplir par les deux forces neutres implique les mêmes exigences (troupes, armes, argent) impossibles à satisfaire dans le contexte actuel. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement réunis à Addis-Abeba dans le cadre du Sommet extraordinaire n’ignoraient certainement pas les difficultés de mise en place de la force africaine annoncée au niveau des frontières communes à l’Ouganda, à la RDC, au Sud-Soudan et à la République Centrafricaine.


 D’où, pour nombre d’observateurs, le projet de déploiement d’une force internationale neutre dans la partie frontalière à la RDC et au Rwanda ressemble à une comédie de mauvais goût. Tous les paramètres du moment indiquent que cette armée-là risque de ne jamais voir le jour, à l’image de celle qui devait effacer Joseph Kony et la LRA de la carte sous-régionale de l’Afrique Centrale et des Grands Lacs.
 L’opinion congolaise ne cesse de se demander pourquoi la délégation de la RDC dans la capitale éthiopienne avait souscrit à un projet n’ayant aucune chance de faisabilité. Les prétendues missions de pacification de l’Union Africaine ayant déjà montré leurs limites face aux groupes terroristes qui ont pris en otage le Nord du Mali ainsi que des pans des territoires de l’Ouganda, de la RDC, du Sud-Soudan et la RCA, il serait utopique de croire à un miracle dans la partie Est du territoire congolais.


    Kimp 

Leave a Reply