Ebola : l’Afrique centrale menacée

Mieux vaut prévenir que guérir. Ce vieil adage, combien interpellateur, est censé servir de leçon à la plupart des Etats, notamment africains, face à la propagation du virus hémorragique Ebola. Et la République Démocratique du Congo, qui en a déjà fait les frais dans le passé, devrait être dans le peloton de tête des pays devant prendre des précautions nécessaires ou mesures préventives qui s’imposent afin d’éviter d’accueillir de nouveau cette épidémie meurtrière sur son territoire.

            Parti de l’Afrique occidentale où il a fait plusieurs victimes (Liberia, Sierra Leone, Guinée, Nigeria), le virus hémorragique Ebola a tendance à progresser au-delà des frontières des Etats où il a été déclaré. Ce qui justifie des mesures de précaution que certains pays sont en train de prendre. C’est pourquoi quelques Etats de l’Afrique centrale, redoutant la contamination, ont décidé de fermer leurs frontières particulièrement avec les Etats où la maladie a été déclarée.

 

Parmi les pays qui ont pris des mesures préventives, il y a le Cameroun pour l’Afrique centrale, qui a décidé de fermer ses frontières avec son voisin, le Nigéria en vue de prévenir la contagion. Toutes les frontières (terrestres, maritimes, fluviales, aériennes) ont été ainsi fermées jusqu’à nouvel ordre. Cela non pas que les deux pays sont en conflit, ou encore parce que les intérêts économiques manquent. Tout simplement parce que la vie humaine vaut plus que toute autre richesse matérielle.

Plus loin de la zone à risque, un Etat de l’Afrique orientale en l’occurrence le Kenya, a pris des mesures que les business men peuvent qualifier de suicidaires pour les affaires. Le gouvernement a décidé, à travers sa compagnie aérienne, de suspendre les vols en provenance ou en direction de l’Afrique de l’Ouest jusqu’à ce que le virus d’Ebola soit maîtrisé.

Comme on peut le constater, au plan économique, il s’agit là d’une décision défavorable pour les affaires. Mais, la vie humaine n’ayant pas de prix, prime sur tout le reste.

On ne peut passer silence dans ce chapitre de précautions, le refus du gouvernement ghanéen d’accéder à la demande de l’équipe nationale de Sierra Léone de délocaliser son match contre la RDC de Freetown vers Accra, à cause d’Ebola.

 

RDC : c’est le moment d’agir

 

Jusque là, tout se passe comme si le danger existait pour les autres, et non pour les Congolais ou que ces derniers n’étaient pas exposés comme les autres peuples. Kinshasa, on ne sent pas que les autorités perçoivent ce danger comme une priorité qui nécessite des précautions particulières à prendre afin de prévenir  la maladie.

Pas de campagne d’éducation spécifique dans les médias. Des gargots mieux identifiés sous le vocable « Malewa » continuent à fonctionner comme par le passé. Des véhicules affectés au transport en commun font toujours le trop plein. On continue à se saluer par la main ou s’emnrasser…sans oublier ces mauvaises habitudes aux lieux mortuaires consistant à toucher le cadavres même si le défunt est connu des proches d’avoir souffert d’une maladie dangereuse.

Toutefois, a-t-on appris, il y a des thermomètres laser capables de détecter les moindres signes de maladie, installés aux principales entrées de la capitale, à savoir : aéroport de Ndjili et beachNgobila. Mais, il reste à savoir si ces appareils sont utilisés comme il se doit.

 

Corruption et trafic d’influence : un véritable fléau

 

Au-delà de tout ce que peut prendre comme précautions face à la maladie, l’autorité devra veiller à ce que ces mesures soient de stricte application. Que les agents sanitaires affectés aux postes d’entrée pour ce faire, ne puissent trahir le serment d’Hippocrate en se montrant complaisants face à certaines personnalités à cause de leur rang ou statut social pour ne pas les soumettre au même contrôle que le reste de mortels. Car, la contagion ne choisit point le rang social de quelqu’un. Un religieux espagnol vient de payer au plus fort de sa vie, malgré l’esprit de charité dont il avait fait montre envers  les patients quand il était en Guinée.

« Dura lex, sedlex », disent les latinistes. Dans l’intérêt de tous, il faudra faire régner la rigueur dans l’application des mesures préventives.

 

La porosité des frontières : un danger permanent !

 

En dehors de Kinshasa et quelques grandes villes du pays, le danger d’accueillir des « visiteurs » indésirables ou porteurs du virus continue à planer. Car, personne n’ignore dans quel état se trouvent les frontières nationales qui restent pour la plupart poreuses à cause des groupes armés qui y opèrent parfois avec le soutien des Etats voisins. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les frontières nationales posent un véritable problème de contrôle et surveillance efficients. Hormis l’activisme des groupes armés nationaux, il y a aussi cette instabilité dans laquelle certains pays se trouvent plongés. C’est le cas de la République Centrafricaine qui partage une longue frontière avec la Rdc et le Cameroun qui est également frontalier au Nigéria.

En cas de fuite des voyageurs ayant échappé au contrôle des services compétents, comme cela venait de s’opérer au Libéria avec l’attaque d’un centre d’isolement à Monrovia, les risques deviennent gros pour tout le monde.

Il faut rappeler ici des expulsés Rd Congolais du Congo Brazzaville qu’on a accueillis sans trop se soucier de leur état sanitaire. Or, des suspects pouvaient aussi se cacher derrière les refoulés. Idem du côté Nord à la frontière avec la RCA, à l’Est avec des nébuleux MaïMaï ou encore les fameux Bakata Katanga, les ADF/ NALU, etc.

Il est donc temps que les autorités congolaises prennent la mesure des risques sanitaires qu’encourt la population, afin d’envisager des mesures qui s’imposent.

Dom

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